Feria II 26 Octobris 2026, Hebdomada XXX per annum,
Celebrátio litúrgica (Ordo)
De EaActive(Anglia) St CHAD and St CEDD, bishops
   In secundo nocturno, anno II
   Deuxième nocturne, année II
   Lectio
   Lecture
   Ex Tractátibus sancti Augustíni epíscopi in Ioánnem (Tract. 26, 4-5: CCL 36, 261-262)
   Traité de saint Augustin sur l'Évangile de Jean
   Nemo venit ad me, nisi quem Pater attráxerit. Noli te cogitáre invítum trahi; tráhitur ánimus et amóre. Nec timére debémus ne ab homínibus qui verba perpéndunt, et a rebus máxime divínis intellegéndis longe remóti sunt, in hoc Scripturárum sanctárum evangélico verbo fórsitan reprehendámur, et dicátur nobis: "Quómodo voluntáte credo, si trahor?" Ego dico: "Parum est voluntáte, étiam voluptáte tráheris." Quid est trahi voluptáte? Delectáre in Dómino et dabit tibi petitiónes cordis tui. Est quædam volúptas cordis, cui panis dulcis est ille cæléstis.
   Personne ne vient à moi, si mon Père ne l'attire. Ne t'imagine pas que tu es attiré malgré toi: c'est par l'amour que l'âme est attirée. Et nous ne devons pas craindre les hommes qui soupèsent les mots mais qui sont très éloignés des choses, surtout des choses divines; ne craignons pas qu'ils nous objectent cette parole évangélique des saintes Écritures et nous disent: " Comment puis-je croire de façon volontaire, si je suis attiré? " Moi, je dis: " C'est un peu par la volonté, mais c'est aussi par le plaisir que tu es attiré. " Etre attiré par le plaisir, qu'est-ce que c'est? Mets ta joie dans le Seigneur, il comblera les désirs de ton cœur. Il y a un certain plaisir du cœur, lorsqu'il trouve délicieux le pain céleste.
   Porro si poétæ dícere lícuit: "Trahit sua quemque volúptas", non necéssitas, sed volúptas, non obligátio, sed delectátio, quanto fórtius nos dícere debémus trahi hóminem ad Christum, qui delectátur veritáte, delectátur beatitúdine, delectátur iustítia, delectátur sempitérna vita, quod totum Christus est? An vero habent córporis sensus voluptátes suas, et ánimus deséritur a voluptátibus suis? Si ánimus non habet voluptátes suas, unde dícitur: Fílii autem hóminum sub tégmine alárum tuárum sperábunt, inebriabúntur ab ubertáte domus tuæ et torrénte voluptátis tuæ potábis eos, quóniam apud te est fons vitæ, et in lúmine tuo vidébimus lumen?
   Si le poète a pu dire: " Chacun est attiré par son plaisir ", non pas la nécessité mais le plaisir, non pas l'obligation mais la délectation, à combien plus forte raison nous-mêmes devons-nous dire que l'homme est attiré vers le Christ: l'homme qui prend sa joie dans la vérité, sa joie dans la béatitude, sa joie dans la justice, sa joie dans la vie éternelle. Or, le Christ est tout cela! Si les sens du corps ont leurs plaisirs, est-ce que l'âme ignore les plaisirs? Si l'âme n'a pas ses plaisirs à elle, pourquoi est-il écrit: Les fils des hommes s'abriteront à l'ombre de tes ailes, ils seront enivrés aux festins de ta maison, tu les abreuveras du torrent de tes plaisirs, car en toi est la source de la vie, et dans ta lumière nous verrons la lumière?
   Da amántem et sentit quod dico. Da desiderántem, da esuriéntem, da in ista solitúdine peregrinántem atque sitiéntem, et fontem ætérnæ pátriæ suspirántem, da talem, et scit quid dicam. Si autem frígido loquor, nescit quid loquor. Ramum víridem osténdis ovi, et trahis illam. Nuces púero demonstrántur, et tráhitur: et quo currit, tráhitur, amándo tráhitur. Trahit sua quemque volúptas, non trahit revelátus Christus a Patre? Quid enim fórtius desíderat ánima quam veritátem? Quo ávidas fauces habére debet, unde optáre ut sanum sit intus palátum vera iudicándi, nisi ut mandúcet et bibat sapiéntiam, iustítiam, veritátem, æternitátem?
   Donne-moi quelqu'un qui aime, et il comprend ce que je dis. Donne-moi quelqu'un qui désire, qui a faim, donne-moi un homme qui voyage dans ce désert, qui a soif, qui soupire après la source de l'éternelle patrie, donne-moi un tel homme, et il comprend ce que je dis. Si je parle à un homme insensible, il ne sait pas de quoi je parle. Montre un rameau vert à une brebis et tu l'attires; présente des noix à un enfant, et il est attiré. Et il court là où il est attiré, il est attiré parce qu'il aime. Chacun est attiré par son plaisir. Et le Christ, révélé par le Père, n'attire pas? Qu'est-ce que l'âme désire plus fortement que la vérité? C'est pourquoi elle doit avoir une bouche avide et désirer que son palais intérieur soit parfaitement sain, uniquement pour discerner ce qui est vrai, parce qu'elle veut manger et boire la sagesse, la justice, la vérité, l'éternité.
   r. Læténtur cæli et exúltet terra, iubiláte, montes, laudem; quia Dóminus noster véniet, * Et páuperum suórum miserébitur. v. Oriétur in diébus eius iustítia et abundántia pacis. * Et. v. Glória Patri. * Et.
   r. Joie au ciel! Exulte la terre! Montagnes, faites jaillir la louange: voici notre Seigneur qui vient! * Il aura pitié de ses pauvres. v. En ces jours-là, fleurira la justice, naîtra une grande paix. * Il aura pitié. v. Gloire au Père. * Il aura pitié.


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