In secundo nocturno, anno II
Deuxième nocturne, année II
Ex Homilíis Eusébii Gallicáni mónachi (Hom. 17, 4.5: CCL 101, 200.201-202)
Homélie d'Eusèbe le Gallican
Lectio I
Lecture I
Panem cæli dedit eis, panem angelórum manducávit homo. Et quis panis angelórum est nisi Christus qui eos cibo suæ caritátis et lúmine suæ claritátis exsátiat? De quo pane, vetus narrat história: Nec qui plus collégerat hábuit ámplius, nec qui minus paráverat répperit minus, eo quod eucharístiæ sacra percéptio non in quantitáte, sed in virtúte consístat; quod corpus, sacerdóte dispensánte, tantum est in exíguo, quantum esse constat in toto; quod cum Ecclésia fidélium sumit: sicut plenum in univérsis, ita íntegrum esse probátur in síngulis; de quo sensu, apostólica senténtia deriváta est dicens: Qui multa habet non abundábit, et qui módicum non minorábit.
Il leur a donné le pain du ciel; l'homme a mangé le pain des anges. Et quel est donc ce pain des anges, sinon le Christ qui rassasie les anges, leur donnant sa charité en nourriture et sa gloire pour lumière? Sur le pain du ciel, l'histoire antique raconte: Celui qui en avait recueilli davantage n'en eut pas davantage, et celui qui en avait préparé moins n'en retrouva pas moins. Ceci annonçait que la réception sacrée de l'eucharistie ne consiste pas dans la quantité, mais dans la vertu de ce pain. Quand le prêtre distribue le corps du Christ, il donne dans une parcelle autant que dans la totalité; et quand l'assemblée des fidèles le reçoit, de même que le Christ est tout entier en tous, il est inentamé en chacun. L'Apôtre commente: Qui a beaucoup n'aura pas trop, et qui a peu ne sera pas lésé.
r. Factus est sermo Dómini ad Abraham, dicens: Noli timére, Abraham, * Ego protéctor tuus sum, et merces tua magna nimis. v. Ego enim sum Dóminus Deus tuus, qui edúxi te de Ur Chaldæórum. * Ego protéctor tuus.
r. Le Seigneur adressa la parole à Abraham en ces termes: Ne crains pas, Abraham, * Je suis moi-même, pour toi, un bouclier, un surabondant et merveilleux salaire! v. C'est moi le Seigneur ton Dieu, qui t'ai fait sortir d'Our en Chaldée. * Je suis.
Lectio II
Lecture II
Sacraménti huius formam, étiam in Iudæórum páginis invenímus expréssam. Nam de Melchísedech in Génesi légimus: Et Melchísedech rex Salem protulit panem et vinum, et benedíxit Abrahæ; fuit autem sacérdos Dei summi. Ecclésiæ glória prædicátur. Hic ergo Melchísedech, cuius genealógia vel orígo notítiam illíus témporis látuit, oblatióne panis et vini, hoc Christi sacrifícium præsignávit, de quo Prophéta pronúntiat: Tu es sacérdos in ætérnum secúndum órdinem Melchísedech.
Dans les pages mêmes des livres juifs, nous trouvons exprimée la forme de ce sacrement. Car nous lisons dans la Genèse à propos de Melchisédech: Et Melchisédech, roi de Salem, offrit du pain et du vin, et bénit Abraham; or il était prêtre du Dieu très-haut. C'est la gloire de l'Église qui est annoncée. Ce Melchisédech, dont ce temps-là ne connut pas la généalogie ni l'origine, préfigura par l'offrande du pain et du vin ce sacrifice du Christ, dont le Prophète annonce: Tu es prêtre pour l'éternité selon l'ordre de Melchisédech.
r. Vocávit ángelus Dómini Abraham de cælo, dicens: Benedícam tibi * Et multiplicábo te sicut stellas cæli. v. Et benedicéntur in te omnes tribus terræ, quia obœdísti voci meæ. * Et multiplicábo.
r. L'Ange du Seigneur appela Abraham du haut du ciel et dit: Je te comblerai de bénédictions, * Je rendrai ta descendance aussi nombreuse que les étoiles du firmament. v. Puisque tu m'as obéi, toutes les nations de la terre s'adresseront l'une à l'autre la bénédiction par ton nom. * Je rendrai.
Lectio III
Lecture III
Nam et Móyses de eo mystério loquens, vinum et sánguinem sub una appellatióne signíficat, in benedictióne patriárchæ domínicam passiónem multo ante demónstrans, ita ínquiens: Lavábit in vino stolam suam et in sánguine uvæ pállium suum. Advérte quam evidénter constet vini creatúram Christi sánguine nuncupándam.
Et Moïse, parlant de ce mystère, se réfère au pain et au vin, désignant longtemps à l'avance la passion du Seigneur dans la bénédiction du patriarche: Il lavera dans le vin sa robe, dans le sang de la grappe son manteau. Remarque avec quelle évidence le vin désigne ici le sang du Christ.
r. Dum staret Abraham ad ílicem Mambre, vidit tres púeros: * Tres vidit et unum adorávit. v. Dómine, si invéni grátiam in óculis tuis, transíte et requiéscite in loco isto. * Tres vidit. v. Glória Patri. * Tres vidit.
r. Comme Abraham se tenait près du chêne de Mambré, il vit trois jeunes gens: * Il en vit trois et se prosterna devant l'Unique. v. Seigneur, si j'ai pu trouver grâce à tes yeux, reposez-vous ici, en passant. * Il en vit trois. v. Gloire au Père. * Il en vit trois.