Le monde attend que l'Eglise redevienne une société de louange

   Léctio sancti Evangélii secúndum Lucam (21,1-4)
   
   In illo tempore: Respíciens Iesus vidit eos, qui mittébant múnera sua in gazophylácium, dívites. Vidit autem quandam víduam paupérculam mitténtem illuc minúta duo et dixit: “Vere dico vobis: Vídua hæc pauper plus quam omnes misit. Nam omnes hi ex abundántia sua misérunt in múnera; hæc autem ex inópia sua omnem victum suum, quem habébat, misit.”
   En ce temps là : Jésus, regardant, vit les riches qui mettaient leurs offrandes dans le tronc. Il vit aussi une pauvre veuve, qui y mit deux petites pièces de monnaie. Et Il dit : En vérité, je vous le dis, cette pauvre veuve a mis plus que tous les autres. Car tous ceux-là ont donné de leur superflu, pour faire des offrandes à Dieu ; mais celle-ci a donné de son indigence, tout ce qu’elle avait pour vivre.
   Commentarium evangelii
   Commentaire de l'évangile
Par dom Paul Delatte OSB, 3ème abbé de Solesmes (1848-1937)
Le Seigneur est passé du parvis des gentils dans celui des femmes. C'est sur ce parvis que s'ouvraient les salles du trésor ; c'est là qu'on avait disposé un certain nombre de troncs destinés aux offrandes. Assis à quelque distance, le Sauveur regardait la foule de ceux qui apportaient au trésor ; beaucoup de riches y versaient, sans doute avec fracas, de fortes sommes. Et voici qu'une veuve pauvre jeta dans le tronc deux lepta, pièces de menue monnaie : ensemble, cela faisait un quadrant, moins d'un centime. Et groupant ses disciples autour de lui, le Seigneur leur dit : « En vérité, je vous le déclare, la pauvre veuve que voici a jeté dans le tronc plus que tous les autres. Car tous ont donné de leur surabondance, de leur superflu ; tandis que cette femme a pris sur son indigence, elle a donné tout ce qu'elle possédait. » Est-il besoin de relever ce qu'il y a de considérable dans cet enseignement de Notre Seigneur ? Devant Dieu, qui n'a nul besoin de nos richesses, rien n'est petit, à proprement parler, rien n'est grand : tout est à proportion du cœur qui donne, du cœur qui aime. Les offrandes tapageuses de tous les pharisiens réunis sont moins agréables à Dieu que l'humble aumône d'une femme indigente.
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