Le monde attend que l'Eglise redevienne une société de louange

   Léctio sancti Evangélii secúndum Matthǽum (11,25-30)
   
   In illo témpore: Respóndens Iésus dixit: “Confíteor tibi, Pater, Dómine cæli et terræ, quia abscondísti hæc a sapiéntibus et prudéntibus et revelásti ea párvulis. Ita, Pater, quóniam sic fuit plácitum ante te. Ómnia mihi trádita sunt a Patre meo; et nemo novit Fílium nisi Pater, neque Patrem quis novit nisi Fílius et cui volúerit Fílius reveláre. Veníte ad me, omnes, qui laborátis et oneráti estis, et ego refíciam vos. Tóllite íugum meum super vos et díscite a me, quia mitis sum et húmilis corde, et inveniétis réquiem animábus vestris. Íugum enim meum suáve, et onus meum leve est.”
   En ce temps-là : Jésus répondit en disant : Je Te rends grâce, Père, Seigneur du Ciel et de la terre, parce que Tu as caché ces choses aux sages et aux prudents, et parce que Tu les as révélées aux petits. Oui, Père, Je Te rends grâce parce qu'il T'a plu ainsi. Toutes choses M'ont été données par Mon Père. Et personne ne connaît le Fils, si ce n'est le Père; personne non plus ne connaît le Père, si ce n'est le Fils, et celui à qui le Fils aura voulu Le révéler. Venez à Moi, vous tous qui êtes fatigués et qui êtes chargés, et Je vous soulagerai. Prenez Mon joug sur vous, et recevez Mes leçons, parce que Je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos de vos âmes. Car Mon joug est doux, et Mon fardeau léger.
   Commentarium evangelii
   Commentaire de l'évangile
Par dom Paul Delatte OSB, 3ème abbé de Solesmes (1848-1937)

Nous assistons d'abord à la prière de Notre-Seigneur Jésus-Christ : il nous est doux de recueillir l'oraison du Fils de Dieu. Elle nous est comme un prélude du chapitre xvii de saint Jean. Le Seigneur, croyons-nous, songe à la diffusion de l'évangile par le monde ; il songe à la réunion finale de toute la famille humaine au sein de Dieu. Dans les semailles, il contemple la moisson entière. Sous une motion de l'Esprit-Saint, remarque saint Luc, il tressaille à la vue de l'épanouissement, dans l'éternité, de l'humble prédication d'aujourd'hui, et ce spectacle le console de l'ingratitude de Jérusalem et de la Galilée. Il s'adresse à son Père, il l'appelle de ce nom béni, et reconnaît sa souveraineté, l'absolue libéralité de ses dons : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je vous bénis d'avoir révélé aux petits ce que vous avez dérobé à la pensée des sages et des habiles ». De nouveau, nous voici en face de la Béatitude des pauvres et des petits : Beati pauperes spiritu. Le Seigneur, qui connaît bien son Père, découvre une sorte d'affinité avec le caractère de son Père dans la disposition providentielle qui a caché ces choses aux prudents de ce monde et les a révélées aux humbles.

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