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 v. Deus, ✠ in adiutórium meum inténde.
 v. Dieu, viens à mon aide.
 r. Dómine, ad adiuvándum me festína.
 r. Seigneur, vite à mon secours.
 Glória Patri, et Fílio, et Spirítui Sancto. Sicut erat in princípio, et nunc et semper, et in sǽcula sæculórum. Amen.
 Gloire au Père, et au Fils et au Saint-Esprit, comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
 Allelúia.
 Alléluia.
Hymnus
Hymne
Rex glorióse mártyrum, coróna confiténtium, qui respuéntes térrea perdúcis ad cæléstia,
Roi glorieux des martyrs, couronne des confesseurs, Toi qui, rejetant les choses terrestres, conduis aux célestes,
Aurem benígnam prótinus appóne nostris vócibus; tropæa sacra pángimus, ignósce quod delíquimus.
Prête aussitôt une oreille bienveillante à nos voix ; Nous chantons les trophées sacrés, pardonne nos fautes.
Tu vincis in martyribus parcéndo confessóribus; tu vince nostra crímina donándo indulgéntiam.
Tu triomphes dans les martyrs en épargnant les confesseurs ; Triomphe de nos crimes en nous accordant Ton indulgence.
Præsta, Pater piíssime, Patríque compar Unice, cum Spíritu Paráclito regnans per omne sǽculum. Amen.
Accorde-nous cela, Père très pieux, Et Toi, Fils unique égal au Père, Avec l'Esprit Paraclet, Régnant dans tous les siècles. Amen
 Ant. 1. Inclína ad me, Dómine, aurem tuam, ut éruas me.
 Ant. 1. Incline vers moi, Seigneur, Ton oreille, et délivre-moi.
Psalmus 30 (31), 2-17. 20-25
Psaume 30
Afflicti supplicatio cum fiducia
Supplicaton de l'affligé avec confiance
Pater, in manus tuas commendo spiritum meum (Lc 23, 46).
Père, entre Tes mains Je remets Mon esprit (Lc 23,46)
I
I
 In te, Dómine, sperávi, non confúndar in ætérnum; * in iustítia tua líbera me.
 J'ai espéré en Toi, Seigneur; que je ne sois jamais confondu; dans Ta justice délivre-moi.
 Inclína ad me aurem tuam, * accélera, ut éruas me.
 Incline vers moi Ton oreille; hâte-Toi de me délivrer. Sois-moi un Dieu protecteur et une maison de refuge, * afin que Tu me sauves.
 Esto mihi in rupem præsídii et in domum munítam, * ut salvum me fácias.
 Car Tu es ma force et mon refuge, et à cause de Ton Nom, Tu me conduiras et me nourriras.
 Quóniam fortitúdo mea et refúgium meum es tu * et propter nomen tuum dedúces me et pasces me.
 Tu me tireras de ce piège qu'ils ont caché contre moi, car Tu es mon protecteur.
 Edúces me de láqueo, quem abscondérunt mihi, * quóniam tu es fortitúdo mea.
 Je remets mon âme entre Tes mains; Tu m'as racheté, Seigneur, Dieu de vérité.
 In manus tuas comméndo spíritum meum; * redemísti me, Dómine, Deus veritátis.
 Tu haïs ceux qui s'attachent sans aucun fruit à des choses vaines.
 Odísti observántes vanitátes supervácuas, * ego autem in Dómino sperávi.
 Pour moi, j'ai mis mon espérance dans le Seigneur. Je tressaillirai de joie et d'allégresse dans Ta miséricorde.
 Exsultábo et lætábor in misericórdia tua, * quóniam respexísti humilitátem meam;
 Car Tu as regardé mon état humilié; Tu as sauvé mon âme des angoisses.
 agnovísti necessitátes ánimæ meæ, nec conclusísti me in mánibus inimíci; * statuísti in loco spatióso pedes meos.
 Et Tu ne m'as pas livré aux mains de l'ennemi; Tu as mis mes pieds au large.
 Glória Patri, et Fílio, * et Spirítui Sancto.
 Gloire au Père, et au Fils, et au Saint Esprit.
 Sicut erat in princípio, et nunc et semper, * et in sǽcula sæculórum. Amen.
 Comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
 Ant. Inclína ad me, Dómine, aurem tuam, ut éruas me.
 Ant. Incline vers moi, Seigneur, Ton oreille, et délivre-moi.
 Ant. 2. Illúmina fáciem tuam super servum tuum, Dómine.
 Ant. 2. Illumine, Seigneur, Ton visage sur Ton serviteur.
II
II
 Miserére mei, Dómine, quóniam tríbulor; conturbátus est in mæróre óculus meus, * ánima mea et venter meus.
 Aie pitié de moi, Seigneur, car je suis très affligé; mon oeil, mon âme et mes entrailles sont troublés par la colère.
 Quóniam defécit in dolóre vita mea * et anni mei in gemítibus;
 Car ma vie se consume dans la douleur, et mes années dans les gémissements.
 infirmáta est in paupertáte virtus mea, * et ossa mea contabuérunt.
 Ma force s'est affaiblie par la pauvreté, et mes os sont ébranlés.
 Apud omnes inimícos meos factus sum oppróbrium et vicínis meis valde et timor notis meis: * qui vidébant me foras, fugiébant a me.
 Plus que tous mes ennemis, je suis devenu un objet d'opprobre, surtout à mes voisins, et l'effroi de ceux qui me connaissent.
 Oblivióni a corde datus sum tamquam mórtuus; * factus sum tamquam vas pérditum.
 Ceux qui me voyaient dehors fuyaient loin de moi. J'ai été oublié des coeurs, comme un mort.
 Quóniam audívi vituperatiónem multórum: * horror in circúitu;
 J'ai été comme un vase brisé; car j'ai entendu les propos injurieux de ceux qui demeurent alentour.
 in eo dum convenírent simul advérsum me, * auférre ánimam meam consiliáti sunt.
 Quand ils se réunissaient ensemble contre moi, ils ont tenu conseil pour m'ôter la vie.
 Ego autem in te sperávi, Dómine; dixi: «Deus meus es tu, * in mánibus tuis sortes meæ».
 Mais j'ai espéré en Toi, Seigneur. J'ai dit: Tu es mon Dieu;
 Eripe me de manu inimicórum meórum * et a persequéntibus me;
 mes destinées sont entre Tes mains. Arrache-moi de la main de mes ennemis et de mes persécuteurs.
 illústra fáciem tuam super servum tuum, * salvum me fac in misericórdia tua.
 Fais luire Ton visage sur Ton serviteur; sauve-moi par Ta miséricorde.
 [Dómine, non confúndar, quóniam invocávi te; * erubéscant ímpii et obmutéscant in inférno.
 [Seigneur, que je ne sois pas confondu, car je T'ai invoqué. Que les impies rougissent, et qu'ils soient conduits dans l'enfer; que les lèvres trompeuses deviennent muettes,
 Muta fiant lábia dolósa, † quæ loquúntur advérsus iústum protérva * in supérbia et in abusióne.]
 elles qui profèrent l'iniquité contre le juste, avec orgueil et insolence.]
 Glória Patri, et Fílio, * et Spirítui Sancto.
 Gloire au Père, et au Fils, et au Saint Esprit.
 Sicut erat in princípio, et nunc et semper, * et in sǽcula sæculórum. Amen.
 Comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
 Ant. Illúmina fáciem tuam super servum tuum, Dómine.
 Ant. Illumine, Seigneur, Ton visage sur Ton serviteur.
 Ant. 3. Benedíctus Dóminus, quóniam mirificávit misericórdiam suam mihi.
 Ant. 3. Béni soit le Seigneur, car Il a signalé envers moi Sa miséricorde.
III
III
 Quam magna multitúdo dulcédinis tuæ, Dómine, * quam abscondísti timéntibus te.
 Qu'elle est grande, Seigneur, l'abondance de Ta douceur, que Tu as mise en réserve pour ceux qui Te craignent!
 Perfecísti eis, qui sperant in te, * in conspéctu filiórum hóminum.
 Tu l'exerces envers ceux qui espèrent en Toi, à la vue des enfants des hommes.
 Abscóndes eos in abscóndito faciéi tuæ * a conturbatióne hóminum;
 Tu les cacheras dans le secret de Ta face, à l'abri du tumulte des hommes.
 próteges eos in tabernáculo * a contradictióne linguárum.
 Tu les protégeras dans Ton tabernacle * contre les langues qui les attaquent.
 Benedíctus Dóminus, * quóniam mirificávit misericórdiam suam mihi in civitáte muníta.
 Béni soit le Seigneur, car Il a signalé envers moi Sa miséricorde dans une ville fortifiée.
 Ego autem dixi in trepidatióne mea: * «Præcísus sum a conspéctu oculórum tuórum».
 Pour moi j'ai dit dans le transport de mon esprit: J'ai été rejeté de devant Tes yeux.
 Verúmtamen exaudísti vocem oratiónis meæ, * dum clamárem ad te.
 C'est pour cela que Tu as exaucé la voix de ma prière, lorsque je criais vers Toi.
 Dilígite Dóminum, omnes sancti eius: fidéles consérvat Dóminus * et retríbuit abundánter faciéntibus supérbiam.
 Aimez le Seigneur, vous tous Ses saints; car le Seigneur recherchera la vérité, et Il châtiera largement ceux qui se livrent à l'orgueil.
 Viríliter ágite, et confortétur cor vestrum, * omnes, qui sperátis in Dómino.
 Agissez avec courage, et que votre coeur s'affermisse, vous tous qui espérez au Seigneur.
 Glória Patri, et Fílio, * et Spirítui Sancto.
 Gloire au Père, et au Fils, et au Saint Esprit.
 Sicut erat in princípio, et nunc et semper, * et in sǽcula sæculórum. Amen.
 Comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
 Ant. Benedíctus Dóminus, quóniam mirificávit misericórdiam suam mihi.
 Ant. Béni soit le Seigneur, car Il a signalé envers moi Sa miséricorde.
In primo nocturno, anno II
Premier nocturne, année II
De libro Iudith 5, 1-3a. 5a. 6-15. 17-21
Du livre de Judith
 Renuntiátum est Holoférni príncipi milítiæ virtútis Assýriæ quóniam fílii Israel præparáverant se ad pugnam et tránsitus montánæ conclúserant et muris cínxerant omnem vérticem montis excélsi et posúerant in campis offendícula. Et irátus est iracúndia valde et convocávit omnes príncipes Moab et duces Ammon et omnes magistrátus maritímæ et dixit eis: "Renuntiáte mihi, fílii Chánaan: Quis est iste pópulus qui sedet in montánis?"
 On annonça à Holopherne, général en chef de l'armée assyrienne, que les Israélites se préparaient au combat: ils avaient, disait-on, fermé les passes de la montagne, fortifié les hautes cimes et, dans les plaines, disposé des obstacles. Il entra alors dans une très violente colère, convoqua tous les princes de Moab, tous les généraux d'Ammon, tous les satrapes du littoral. " Hommes de Canaan, leur dit-il, renseignez-moi: quel est ce peuple qui demeure dans la région montagneuse? "
 Et dixit ad eum Achior dux filiórum Ammon: "Pópulus hic est ex progénie Chaldæórum et inhabitavérunt primum in Mesopotámia, quóniam noluérunt sequi deos patrum suórum qui fuérunt in terra Chaldæórum præclári. Et declinavérunt de via paréntum suórum et adoravérunt Deum cæli, Deum quem cognovérunt; et eiecérunt eos a fácie deórum suórum et fugérunt in Mesopotámiam et inhabitavérunt ibi dies multos. Et dixit Deus eórum, ut éxirent de peregrinatióne ipsórum et irent in terram Chánaan. Et inhabitavérunt ibi et repléti sunt auro et argénto et pecóribus multis valde. Et descendérunt in Ægýptum - cooperúerat enim fames fáciem terræ Chánaan - et commoráti sunt ibi, úsquedum enutríti sunt et facti sunt ibi in multitúdinem magnam, nec erat númerus géneris eórum. Et insurrexérunt super eos Ægýptii et circumvenérunt eos in luto et látere, humiliavérunt eos et posuérunt eos in servos. Et clamavérunt ad Deum suum, et percússit totam terram Ægýpti plagis, in quibus non erat medícina, et eiecérunt eos Ægýptii a fácie sua. Et exsiccávit Deus Rubrum mare ante eos et edúxit eos in viam Sínai et Cadesbárne. Et eiecérunt omnes inhabitántes in éremo et habitavérunt in terra Amorræórum et omnes Hesebonítas exstirpavérunt in virtúte sua. Et transeúntes Iordánem possedérunt totam montánam."
 Achior, chef de tous les Ammonites, lui répondit: " Les gens de ce peuple sont des descendants des Chaldéens. Anciennement ils vinrent habiter en Mésopotamie parce qu'ils n'avaient pas voulu suivre les dieux de leurs pères établis en Chaldée. Ils s'écartèrent donc de la voie de leurs ancêtres et adorèrent le Dieu du ciel, Dieu qu'ils avaient reconnu. Bannis alors de la face de leurs dieux, ils s'enfuirent en Mésopotamie où ils habitèrent longtemps. Leur Dieu leur ayant signifié de sortir de leur résidence et de s'en aller au pays de Canaan, ils s'y installèrent et y furent surabondamment comblés d'or, d'argent et de nombreux troupeaux. Ils descendirent ensuite en Égypte, car une famine s'était abattue sur la terre de Canaan, et ils y demeurèrent tant qu'ils y trouvèrent de la nourriture. Là ils devinrent une grande multitude et une race innombrable. Mais le roi d'Égypte se dressa contre eux et se joua d'eux en les astreignant au travail des briques. On les humilia, on les assujettit à l'esclavage. Ils crièrent vers leur Dieu, qui frappa la terre d'Égypte tout entière de plaies sans remède. Les Égyptiens les chassèrent alors loin d'eux. Devant eux Dieu dessécha la mer Rouge et les conduisit par le chemin du Sinaï et de Cadès Barné. Après avoir repoussé tous les habitants du désert, ils s'établirent dans le pays des Amorites et, vigoureusement, exterminèrent tous les habitants d'Heshbôn. Puis, traversant le Jourdain, ils prirent possession de toute la montagne. "
 "Et, úsquedum non peccárent in conspéctu Dei sui, erant cum ipsis bona, quia Deus ódiens iniquitátem cum ipsis est. Sed, cum recessérunt a via quam disposúerat illis, extermináti sunt in bellis multis multum valde et cáptivi ducti sunt in terram non suam, et templum Dei eórum devénit ad solum, et civitátes eórum comprehénsæ sunt ab adversáriis. Et nunc reverténtes ad Deum suum ascendérunt a dispersióne, qua dispérsi fúerant, et possedérunt Ierúsalem, ubi sanctuárium eórum est, et inhabitavérunt in montána, quia erat desérta."
 " Tant qu'ils ne péchèrent pas en présence de leur Dieu, la prospérité fut avec eux, car ils ont un Dieu qui hait l'iniquité. Quand au contraire ils s'écartèrent de la voie qu'il leur avait assignée, une partie fut complètement détruite en de multiples guerres, l'autre fut conduite en captivité dans une terre étrangère. Le temple de leur Dieu fut rasé et leurs villes tombèrent au pouvoir de leurs adversaires. Alors ils se retournèrent de nouveau vers leur Dieu, remontèrent de leur dispersion, des lieux où ils avaient été disséminés, reprirent possession de Jérusalem où se trouve leur temple et repeuplèrent la montagne demeurée déserte. "
 "Nunc, dominátor dómine, síquidem est ignorántia in pópulo isto, et peccant in Deum suum, inspiciémus quóniam est in illis offendículum hoc et ascendémus et expugnábimus eos; si autem non est iníquitas in ipsa gente, tránseat dóminus meus, ne forte prótegat eos Dóminus eórum et Deus eórum, et érimus in impropérium coram omni terra."
 " Et maintenant, maître et seigneur, s'il y a dans ce peuple quelque égarement, s'ils ont péché contre leur Dieu, alors assurons-nous qu'il y a bien en eux cette cause de chute. Puis montons, attaquons-les. Mais s'il n'y a pas d'injustice dans leur nation, que Monseigneur s'abstienne, de peur que leur Seigneur et Dieu ne les protège. Nous serions alors la risée de toute la terre! "
 r. Tribulatiónes civitátum audívimus quas passæ sunt, et defécimus; timor et hebetúdo mentis cécidit super nos et super líberos nostros; ipsi montes nolunt recípere fugam nostram; * Dómine, miserére. v. Peccávimus cum pátribus nostris, iniúste égimus, iniquitátem fécimus. * Dómine. v. Glória Patri. * Dómine.
 r. Nous avons appris les terribles épreuves des cités, ce qu'elles viennent de souffrir, et nous sommes atterrés; la peur et la stupéfaction nous ont saisis, nous et nos enfants; les montagnes elles-mêmes ne sauraient abriter notre fuite! * Seigneur, pitié! v. Nous et nos pères, nous avons péché, nous avons mal agi, nous avons commis l'injustice. * Seigneur. v. Gloire au Père. * Seigneur.
In secundo nocturno, anno II
Deuxième nocturne, année II
Ex Sermónibus sancti Bernárdi abbátis (Sermo 102 de divérsis: EC 6, 369-370)
Sermon de saint Bernard
 Est ad Deum quidam redeúndi modus primi hóminis cásui oppósitus. Adam quippe in paradíso pósitus, primo pérdidit circumspectiónem Dei. Secúndo pérdidit iustítiam, quando uxóris voci plus quam divínæ obœdívit. Iustítia enim est virtus quæ sua cuíque reddit. Tértio amísit iudícium, cum, post peccátum corréctus, oblíque per mulíerem retórsit própriam culpam in auctórem, dicens: Múlier quam dedísti mihi sóciam, dedit mihi de ligno, et comédi.
 Pour revenir à Dieu, il est un cheminement qui se déroule à l'inverse de la chute de l'homme. En effet, alors qu'il était au paradis, Adam a commencé par perdre l'attention à Dieu. En second lieu, il a perdu la justice, quand il a obéi à la voix de son épouse plutôt qu'à la voix de Dieu. Car la justice est la vertu par laquelle on rend à chacun ce qui lui est dû. En troisième lieu, il a perdu le jugement lorsque, réprimandé après le péché, il a rejeté sa propre faute sur la femme, et indirectement, à travers celle-ci, sur le Créateur lui-même, en disant: La femme que tu m'as donnée pour compagne, c'est elle qui m'a donné du fruit de l'arbre, et j'en ai mangé.
 Eísdem ergo virtútum grádibus redeúdum est hómini in exsílio pósito, quibus privátus expélli méruit de paradíso. Primum ítaque faciéndum est iudícium, deínde exercénda iustítia, tandem circumspéctio adhibénda. Et iudícium quidem nobis, ut nosípsos iudicémus et accusémus, iustítiam próximo, circumspectiónem debémus Deo. Hanc redeúndi viam osténdit nobis Michæas prophéta, dicens: Indicábo tibi, o homo, quid sit bonum et quid Deus requírat a te: útique fácere iudícium, et dilígere misericórdiam, et ambuláre sollícite cum Deo tuo. Hanc salútis viam testátur Apóstolus Christum docuísse, dicens: Appáruit grátia Dei Salvatóris nostri ómnibus homínibus, erúdiens nos ut abnegántes impietátem et sæculária desidéria, sóbrie, et iuste, et pie vivámus in hoc sæculo. Sóbrie scílicet quantum ad nos, iuste ad próximum, pie ad Deum.
 Pour revenir à Dieu, du lieu de son exil, l'homme doit donc remonter par les mêmes degrés de ces vertus, dont l'absence lui valut d'être chassé du paradis. Ainsi lui faut-il d'abord exercer le jugement, ensuite pratiquer la justice, enfin se livrer à l'attention. Et le jugement, sans aucun doute, c'est d'abord envers nous que nous devons l'exercer, afin de nous juger et de nous accuser nous-mêmes; la justice, nous devons la pratiquer envers le prochain; et l'attention, nous la devons à Dieu. Ce chemin de retour, le prophète Michée nous le décrit en ces termes: Je te ferai savoir, homme, ce qui est bien, ce que le Seigneur attend de toi: rien d'autre que pratiquer la justice, aimer la miséricorde, et marcher attentivement avec ton Dieu. Et ce chemin de salut, l'Apôtre affirme qu'il nous est enseigné par le Christ: La grâce de Dieu, dit-il, s'est manifestée pour le salut de tous les hommes. C'est elle qui nous apprend à rejeter l'impiété et les convoitises de ce monde, pour vivre, en ce monde, dans la sobriété, la justice et la piété. Dans la sobriété, en ce qui nous regarde; dans la justice, à l'égard du prochain; dans la piété, à l'égard de Dieu.
 In multis áliis Scriptúræ sacræ locis, si hic ordo viæ et institútio vitæ quærátur, potest inveníri, ut illud: Beátus vir qui in sapiéntia morábitur, et qui in iustítia meditábitur, et in sensu cogitábit circumspectiónem Dei. Morátur quippe in sapiéntia, et sápiens est qui semetípsum hic semper diiúdicat, ut ætérnum Dei iudícium evádat. Si enim, ait Apóstolus, nosmetípsos diudicarémus, non útique iudicarémur. Sápiens est, non secúndum sapiéntiam huius sæculi, sed secúndum illam quæ trahítur de occúltis, per quam útique miro Dei ópere ágitur, ut elécti quique tunsiónibus et pressúris hic attríti, in ædifício veri Salomónis sine sónitu mállei póstmodum construántur.
 Dans beaucoup d'autres passages de l'Écriture on peut trouver, si on les cherche, ce même itinéraire et cette même conduite de la vie, comme par exemple: Heureux l'homme qui demeure dans la sagesse, qui médite sur la justice, et qui engage son intelligence dans l'attention à Dieu. Certes il demeure dans la sagesse, et il se montre sage, celui qui ne cesse ici-bas de se juger lui-même, de manière à échapper au jugement éternel de Dieu. En effet, dit l'Apôtre, si nous nous jugions nous-mêmes, nous ne serions pas jugés. Cet homme est sage, non de la sagesse de ce monde, mais de celle qu'on tire des réalités cachées; sagesse qui, sûrement par une admirable disposition de Dieu, fait que les élus, chacun pour sa part, broyés ici-bas sous les coups et le poids des épreuves, pourront ensuite être maçonnés dans le temple du vrai Salomon, sans qu'on entende un seul coup de marteau.
 r. Dominátor, Dómine cælórum et terræ, Creátor aquárum, Rex univérsæ creatúræ, * Exáudi oratiónem servórum tuórum. v. Tu, Dómine, cui humílium semper et mansuetórum plácuit deprecátio, * Exáudi. v. Glória Patri. * Exáudi.
 r. Seigneur, Maître du ciel et de la terre, Créateur des eaux, Roi de toute la création, * Entends les prières de tes serviteurs! v. Toi, Seigneur, qui as toujours aimé l'imploration des hommes doux et humbles de cœur, * Entends. v. Gloire au Père. * Entends.
Postea dicitur immediate et sine orémus oratio propria, cum conclusione longiore.
Après cela on dit immédiatement et sans "Prions" l'oraison propre, avec la conclusion longue.
 Dóminus vobíscum.
 Le Seigneur soit avec vous.
 r. Et cum spíritu tuo.
 r. Et avec votre esprit.
 Benedícat vos omnípotens Deus, Pater, ✠ et Fílius, et Spíritus Sanctus.
 Que Dieu tout puissant vous bénisse, le Père, ✠ et le Fils et le Saint-Esprit.
 r. Amen.
 r. Amen.
Vel alia formula benedictionis, sicut in Missa.
Ou une autre formule de bénédiction, comme à la Messe.
Et si fit dimissio, sequitur invitatio:
Et si on fait un renvoi, on ajoute l'invitation :
Absente sacerdote vel diacono, et in recitatione a solo, sic concluditur:
En l'absence d'un diacre ou d'un prêtre, et dans la récitation seul, on conclut ainsi :
  Dóminus nos benedícat, et ab omni malo deféndat, et ad vitam perdúcat ætérnam. r. Amen.
  Que le Seigneur nous bénisse, qu'Il nous défende de tout mal, et qu'Il nous fasse parvenir à la vie éternelle. r. Amen.
Les traductions proposées ici ont pour seul but une meilleure compréhension du texte latin. Elles ne doivent pas être utilisées à la place des traductions officielles dans la liturgie en langue vernaculaire, qui sont © AELF.