In secundo nocturno, anno I
Deuxième nocturne, année I
Ex Epístulis sancti Athanásii epíscopi (Ep. ad Epictetum, 5-9: PG 26, 1058.1062-1066)
Lettre de saint Athanase
Lectio I
Lecture I
Verbum semen Abrahæ apprehéndit, ut ait Apóstolus, unde débuit per ómnia frátribus similári, et corpus assúmere nobis símile. Proptérea ígitur adest vere María, ut ab ea illud assúmat et tamquam próprium pro nobis illud ófferat. Partum mémorat Scriptúra et ait: Pannis eum invólvit: ac beáta prædicabántur úbera quibus ipse lactátus est, et quasi partu vulvam adaperiénte oblátum est sacrifícium. Et Gábriel quidem caute ac prudénter annuntiábat illi, dicéndo, non simplíciter, quod in te nascétur, ne extrínsecus corpus ipsi indúctum putarétur; sed ex te, ut, quod gignebátur, ortum ex illa duxísse crederétur.
Le Verbe a pris en charge la descendance d'Abraham, c'est pourquoi il devait se faire en tous points semblable à ses frères et prendre un corps pareil au nôtre. Aussi Marie est-elle vraiment nécessaire pour qu'il prenne ce corps en elle et l'offre en notre faveur comme étant le sien. L'Écriture rappelle son enfantement et dit: Elle emmaillota son fils; le sein qui l'allaita a été déclaré bienheureux, et l'on a considéré qu'il est né d'elle comme pour l'offrande d'un sacrifice. Gabriel le lui avait annoncé en termes soigneusement choisis. Il n'a pas dit, de façon banale: « Celui qui va naître en toi », pour ne pas faire croire que ce serait un corps extérieur introduit du dehors; il a dit: Celui qui va naître de toi, pour inviter à croire que celui qui allait naître sortirait d'elle.
r. Nésciens Mater virgo virum, péperit sine dolóre Salvatórem sæculórum, ipsum Regem angelórum, * Sola virgo lactábat úbere de cælo pleno. v. Beáta víscera Maríæ Vírginis, quæ portavérunt ætérni Patris Fílium. * Sola.
r. La Vierge Mère, sans connaître d'homme, a enfanté sans douleur; * Elle a nourri de son sein, empli de par le ciel, le Sauveur des siècles, le Roi des anges en personne. v. Heureuse la Vierge Marie, qui a porté dans ses entrailles le Fils du Père éternel. * Elle.
Lectio II
Lecture II
Ita autem se res habébat, ut nostra Verbum suscípiens, offerénsque in sacrifícium, pénitus assúmeret, ac deínceps suis nos índuens, Apóstolo hæc dicéndi occasiónem daret: Opórtet corruptíbile hoc indúere incorruptiónem, et mortále hoc indúere immortalitátem. Hæc autem non fictióne facta sunt, quemádmodum nonnúlli existimárunt, absit! sed, Salvatóre vere hómine facto, hinc totíus hóminis salus consecúta est. Verum nequáquam fictítia res est salus nostra, neque solíus córporis; sed vere totíus hóminis, ánimæ scílicet et córporis, salus in ipso Verbo facta est.
Tout cela s'est fait ainsi pour que le Verbe, en assumant notre nature et en l'offrant en sacrifice, la fasse totalement sienne. Il a voulu nous revêtir ensuite de sa propre nature, ce qui permet à saint Paul de dire: Il faut que cet être corruptible revête l'incorruptibilité, que cet être mortel revête l'immortalité. Cela ne s'est pas fait de façon fictive comme certains hérétiques l'ont encore imaginé: jamais de la vie! Le Sauveur est devenu vraiment homme, et le salut de l'homme tout entier est venu de là. Notre salut n'est pas une apparence, il n'est pas pour le corps seul, mais pour l'homme tout entier, âme et corps, et ce salut est venu du Verbe lui-même.
r. Beáta progénies unde Christus natus est! * O quam gloriósa est Virgo, quæ cæli Regem génuit! v. Felix namque es, sacra Virgo María, et omni laude digníssima. * O quam.
r. Bienheureux lignage d'où est né le Messie! * Qu'elle est glorieuse la Vierge qui a enfanté le Roi du ciel! v. Heureuse es-tu, sainte Vierge Marie, et très digne de toute louange! * Qu'elle.
Lectio III
Lecture III
Humánum ítaque natúra erat, quod ex María pródiit, secúndum divínas Scriptúras, verúmque erat Dómini corpus: verum, inquam, fuit, cum idem atque nostrum exstíterit. Soror étenim nostra est María, omnes quippe ex Adámo orti sumus. Quod enim a Ioánne dícitur: Verbum caro factum est, eádem est significatióne, ut ex símili loquéndi modo deprehéndere licet: apud Paulum quippe scriptum est: Christus factus est pro nobis maledíctum.
Ce qui est venu de Marie était donc humain par nature, selon les Écritures, et le corps du Seigneur était un vrai corps; oui, un vrai corps, puisqu'il était identique au nôtre, car Marie est notre sœur, puisque nous descendons tous d'Adam. Le mot de saint Jean: Le Verbe s'est fait chair ne signifie pas autre chose, ainsi qu'on peut le voir à des expressions analogues, par exemple chez saint Paul: Le Christ s'est fait malédiction pour nous.
r. Sancta et immaculáta virgínitas, quibus te láudibus réferam, néscio: * Quia quem cæli cápere non póterant, tuo grémio contulísti. v. Benedícta tu in muliéribus, et benedíctus fructus ventris tui. * Quia.
r. Ô virginité sainte et immaculée, je ne sais comment te louer: * Celui que les cieux ne sauraient contenir, tu l'as tenu enfermé dans ton sein! v. Tu es bénie entre les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. * Celui.
Lectio IV
Lecture IV
Nam humáno córpori, ex Verbi communióne et coniunctióne, ingens facta est accéssio: ex mortáli enim factum est immortále et, cum animále esset, factum est spiritále, cumque ex terra factum esset, cæléstes portas penetrávit. Porro Trínitas, étiam Verbo ex María corpus suménte, Trínitas semper est, neque accessiónem admíttens, neque diminutiónem; sed perfécta semper est, et in Trinitáte una Déitas agnóscitur, et sic unus Deus Verbi Pater in Ecclésia prædicátur.
Le corps humain a reçu un grand avantage de sa communion et de son unité avec le Verbe: de mortel il est devenu immortel, de purement humain il est devenu spirituel, et lui qui vient de la terre, il franchit les portes du ciel. Certes, même après que le Verbe a pris un corps en Marie, la Trinité demeure la Trinité, sans addition ni diminution. Elle est toujours parfaite: dans la Trinité on reconnaît l'unique divinité, et c'est ainsi que dans l'Église on proclame un seul Dieu, le Père du Verbe.
r. Beáta Dei Génetrix María, cuius víscera intácta pérmanent ; * Hódie génuit Salvatórem sæculi. v. Beáta, quæ crédidit: quóniam perfécta sunt ómnia, quæ dicta sunt ei a Dómino. * Hódie. v. Glória Patri. * Hódie.
r. Bienheureuse est Marie, la Mère de Dieu: son sein demeure inviolé; * Elle enfante aujourd'hui le Sauveur des mondes! v. Bienheureuse est celle qui a cru! Tout ce qui lui a été dit de la part du Seigneur s'est accompli. * Elle. v. Gloire au Père. * Elle.