In secundo nocturno, anno II
Deuxième nocturne, année II
Lectio
Lecture
Ex Tractátu sancti Irenæi epíscopi Advérsus hæreses (Lib. 3, 19-20: SC 211, 374-382)
Traité de saint Irénée contre les hérésies
Propter hoc Verbum Dei homo et qui Fílius Dei est Fílius hóminis factus est, ut homo, commíxtus Verbo Dei et adoptiónem percípiens, fiat fílius Dei. Non poterámus áliter percípere incorruptélam et immortalitátem nisi aduníti fuissémus incorruptélæ et immortalitáti. Quemádmodum autem adunári possémus incorruptélæ et immortalitáti nisi prius incorruptéla et immortálitas facta fuísset id quod et nos, ut absorberétur quod erat corruptíbile ab incorruptéla et quod erat mortále ab immortalitáte, uti filiórum adoptiónem perciperémus? Hic ígitur Fílius Dei Dóminus noster Verbum exsístens Patris, et Fílius hóminis, quóniam ex María, quæ ex homínibus habébat genus, quæ et ipsa erat homo, hábuit secúndum hóminem generatiónem, factus est Fílius hóminis.
Telle est la raison pour laquelle le Verbe s'est fait homme, et le Fils de Dieu, Fils de l'homme: pour que l'homme, en se mélangeant au Verbe et en recevant l'adoption filiale, devienne fils de Dieu. Nous ne pouvions, en effet, avoir part à l'incorruptibilité et à l'immortalité que si nous étions unis à l'incorruptibilité et à l'immortalité. Mais comment aurions-nous pu être unis à l'incorruptibilité et à l'immortalité, si l'incorruptibilité et l'immortalité ne s'étaient préalablement faites cela même que nous sommes, afin que ce qui était corruptible fût absorbé par l'incorruptibilité et ce qui était mortel par l'immortalité, afin que nous recevions l'adoption filiale? C'est donc bien ce Fils de Dieu, notre Seigneur, qui, tout en étant le Verbe du Père, était aussi Fils de l'homme: car de Marie, issue de créatures humaines et créature humaine elle-même, il avait reçu une naissance humaine et était ainsi devenu Fils de l'homme.
Propter hoc et ipse Dóminus dedit nobis signum in profúndum, in altitúdinem sursum, quod non postulávit homo, quia nec sperávit vírginem prægnántem fíeri posse quæ erat virgo et párere fílium et hunc partum Deum esse nobíscum, et descéndere in ea quæ sunt deórsum terræ, quæréntem ovem quæ períerat (quod quidem erat próprium ipsíus plasma) et ascéndere in altitúdinem, offeréntem et commendántem Patri eum hóminem qui fúerat invéntus, primítias resurrectiónis hóminis in semetípso fáciens, ut, quemádmodum caput resurréxit a mórtuis, sic et réliquum corpus (omnis hóminis qui invenítur in vita, impléto témpore condemnatiónis eius quæ erat propter inobœdiéntiam) resúrgat, per compágines et coniunctiónes coaléscens et confirmátum augménto Dei, unoquóque membrórum habénte própriam et aptam in córpore positiónem.
C'est pourquoi aussi le Seigneur lui-même nous a donné un signe dans la profondeur et dans la hauteur, sans que l'homme l'eût demandé: car jamais celui-ci ne se fût attendu à ce qu'une vierge pût, tout en étant vierge, concevoir et mettre au monde un fils, à ce que le fruit de cet enfantement fût Dieu avec nous, à ce qu'il descendît dans les profondeurs de la terre pour y chercher la brebis perdue, c'est-à-dire son propre ouvrage par lui modelé, et à ce qu'il remontât ensuite dans les hauteurs pour offrir et remettre à son Père l'homme ainsi retrouvé, effectuant en lui-même les prémices de la résurrection de l'homme. Car, comme la tête est ressuscitée des morts, ainsi le reste du corps, c'est-à-dire tout homme qui sera trouvé dans la vie, ressuscitera à son tour, une fois révolu le temps de sa condamnation due à la désobéissance; alors ce corps ne fera plus qu'un, grâce aux articulations et aux ligaments, et il atteindra sa pleine vigueur par la croissance qui lui viendra de Dieu, chacun de ses membres occupant, dans le corps, la place qui lui sera propre et qui lui conviendra.
Multæ enim mansiónes apud Patrem, quóniam et multa membra in córpore. Magnánimis ígitur fuit Deus, deficiénte hómine, eam quæ per Verbum esset victóriam reddéndam ei prævidens. Cum enim perficiebátur virtus in infirmitáte, benignitátem Dei et magnificentíssimam ostendébat virtútem.
Car il y aura beaucoup de demeures auprès du Père, parce qu'il y aura beaucoup de membres dans le corps. Dieu a donc usé de longanimité devant l'apostasie de l'homme, parce qu'il voyait d'avance la victoire qu'il lui donnerait un jour par l'entremise du Verbe: car, tandis que la puissance s'est déployée dans la faiblesse, le Verbe a fait apparaître la bonté de Dieu et sa magnifique puissance.
r. Expurgáte vetus ferméntum, ut sitis nova conspársio; étenim Pascha nostrum immolátus est Christus: * Itaque epulémur in Dómino, allelúia. v. Non in ferménto malítiæ et nequítiæ, sed in ázymis sinceritátis et veritátis. * Itaque epulémur. v. Glória Patri. * Itaque epulémur.
r. Purifiez-vous donc des vieux ferments, et sous serez une pâte nouvelle; puisque le Christ, notre Pâque, a été immolé, * Célébrons la Fête dans le Seigneur, alléluia! v. Non pas avec de vieux ferments: la perversité et le vice; mais avec du pain non fermenté: la droiture et la vérité. * Célébrons. v. Gloire au Père. * Célébrons.