In secundo nocturno, anno II
Deuxième nocturne, année II
Ex Libris sancti Augustíni epíscopi De Civitáte Dei (Lib. 11, 4: CCL 48, 323-324)
Livre de saint Augustin De la Cité de Dieu
Lectio I
Lecture I
Visibílium ómnium máximus est mundus; invisibílium ómnium máximus est Deus. Sed mundum esse conspícimus, Deum esse crédimus. Quod autem Deus mundum fécerit, nulli tútius crédimus, quam ipsi Deo. Ubi eum audívimus? Nusquam ínterim nos mélius quam in Scriptúris sanctis, ubi dixit prophéta eius: In princípio fecit Deus cælum et terram.
De tous les êtres visibles, le plus grand, c'est le monde; de tous les invisibles, c'est Dieu. Mais que le monde existe, nous le voyons; que Dieu existe, nous le croyons. Or, que Dieu ait fait le monde, nous n'avons pas de plus sûr garant pour le croire que Dieu lui-même. Où l'avons-nous entendu? Nulle part mieux, certes, que dans les saintes Écritures où son prophète a dit: Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre.
r. In sudóre vultus tui vescéris pane tuo, dixit Dóminus ad Adam; * Cum operátus fúeris terram, non dabit fructus suos, sed spinas et tríbulos germinábit tibi. v. Pro eo quod obœdísti voci uxóris tuæ plus quam me, maledícta terra in ópere tuo. * Cum.
r. Le Seigneur dit à l'homme: C'est à la sueur de ton visage que tu gagneras ton pain; * Lorsque tu devras cultiver le sol, il ne produira pas ses fruits, mais te donnera des épines et des chardons. v. Parce que tu as obéi aux suggestions de ta femme, plutôt qu'à moi, le sol est maudit à cause de toi. * Lorsque.
Lectio II
Lecture II
Numquídnam ibi fuit iste prophéta, quando fecit Deus cælum et terram? Non; sed ibi fuit Sapiéntia Dei, per quam facta sunt ómnia quæ in ánimas sanctas étiam se transfert, amícos Dei et prophétas constítuit, eísque ópera sua sine strépitu intus enárrat. Loquúntur eis quoque ángeli Dei qui semper vident fáciem Patris, voluntatémque eius quibus opórtet annúntiant. Ex his unus erat iste prophéta qui dixit et scripsit: In princípio fecit Deus cælum et terram. Qui tam idóneus testis est per quem Deo credéndum sit, ut eódem Spíritu Dei, quo hæc sibi reveláta cognóvit, étiam ipsam fidem nostram futúram tanto ante prædíxerit.
Ce prophète était-il donc là quand Dieu fit le ciel et la terre? Non, mais la Sagesse de Dieu par laquelle tout a été fait était présente, elle qui, de plus, se communique aux âmes saintes, en fait les amis et les prophètes de Dieu, et sans bruit leur raconte intérieurement ses œuvres. Les anges de Dieu leur parlent aussi, eux qui voient toujours la face du Père et annoncent sa volonté à qui ils le doivent. Il était l'un d'entre eux, ce prophète qui a dit et écrit: Au commencement, Dieu fit le ciel et la terre. Et ce témoin est si qualifié pour faire croire en Dieu que, par ce même Esprit de Dieu qui lui a révélé ces vérités, il est allé jusqu'à prédire, si longtemps à l'avance, notre foi à venir.
r. Plantáverat autem Dóminus Deus paradísum voluptátis, a princípio, * In quo pósuit hóminem quem formáverat. v. Plantáverat autem Dóminus Deus lignum pulchrum visu et ad vescéndum suáve, lignum étiam vitæ in médio paradísi, * In quo.
r. Le Seigneur Dieu avait planté, dès le commencement, un jardin de délices * Où il plaça l'homme qu'il avait modelé. v. Le Seigneur Dieu avait planté un arbre à l'aspect attirant et au fruit savoureux, l'arbre même de la vie au milieu du jardin * Où il plaça.
Lectio III
Lecture III
Sed quid plácuit ætérno Deo tunc fácere cælum et terram, quæ ántea non fecísset? Qui hoc dicunt, si mundum ætérnum sine ullo inítio, et ídeo nec a Deo factum vidéri volunt, nimis avérsi sunt a veritáte, et letáli morbo impietátis insániunt. Excéptis enim prophéticis vócibus, mundus ipse ordinatíssima sua mutabilitáte et mobilitáte et visibílium ómnium pulchérrima spécie quodámmodo tácitus et factum se esse, et nónnisi a Deo ineffabíliter atque invisibíliter magno et ineffabíliter atque invisibíliter pulchro fíeri se potuísse proclámat.
Mais pourquoi a-t-il plu au Dieu éternel de faire alors le ciel et la terre, qu'auparavant il n'avait pas faits? Si ceux qui parlent ainsi veulent prétendre que le monde est éternel, sans aucun commencement, et n'a donc pas été fait par Dieu, ils tournent complètement le dos à la vérité et sont en proie à la folie mortelle de l'impiété. Car, outre les voix prophétiques, le monde lui-même, par ses changements et ses révolutions si bien ordonnées comme par la splendeur de toutes les choses visibles, proclame silencieusement, pour ainsi dire, et qu'il a été fait, et qu'il n'a pu l'être que par un Dieu ineffablement et invisiblement grand, ineffablement et invisiblement beau.
r. Tulit ergo Dóminus hóminem et pósuit eum in paradísum voluptátis, * Ut operarétur et custodíret illum. v. Formávit ígitur Dóminus hóminem de limo terræ, et pósuit eum in paradísum, * Ut operarétur. v. Glória Patri. * Ut operarétur.
r. Le Seigneur prit l'homme et le conduisit dans le jardin de délices, * Pour qu'il le cultive et le garde. v. Alors, le Seigneur Dieu modela l'homme avec la glaise tirée du sol, et le conduisit dans le jardin, * Pour. v. Gloire au Père. * Pour.