In secundo nocturno, anno II
Deuxième nocturne, année II
Lectio
Lecture
Ex Lítteris encýclicis Redemptóris Mater Ioánnis Pauli papæ secúndi (Nn. 51-52: AAS 1987, 430. 431. 432)
Encyclique Redemptoris Mater de Jean Paul II
"Tu quæ genuísti, natúra miránte, tuum sanctum Genitórem!" "Natúra mirante!" Hæc antiphónæ verba illum stupórem fídei signíficant, qui mystério divínæ maternitátis Maríæ sociátur. Ei sociátur, quodámmodo, quasi in corde totíus creatúræ et próxime in corde totíus pópuli Dei, in corde Ecclésiæ. Quam longe - mirabíliter quidem - Deus, Cónditor ac Dóminus rerum ómnium, est progréssus hómini se ipsum revelándo! Quam dilúcide superávit univérsa spátia infiníti illíus interválli, quo Creátor a creatúra separátur! In huius mystérii penetrálibus, in hoc fídei stupóre María est constitúta. "Alma Redemptóris Mater" prima hoc est expérta: "Tu quæ genuísti, natúra miránte, tuum sanctum Genitórem!"
"Tu as enfanté, à l'émerveillement de la nature, celui qui t'a créée! " "À l'émerveillement de la nature!" Ces paroles de l'antienne expriment l'émerveillement de la foi qui accompagne le mystère de la maternité divine de Marie. Il l'accompagne, en un sens, au cœur de toute la création et, directement, au cœur de tout le peuple de Dieu, au cœur de l'Église. Quelle profondeur admirable Dieu n'a-t-il pas atteinte, lui le Créateur et Seigneur de toutes choses, dans la révélation de lui-même qu'il a faite à l'homme! De quelle manière indubitable n'a-t-il pas comblé tous les espaces de la distance infinie qui sépare le Créateur de la créature! Au centre de ce mystère, au plus vif de cet émerveillement de la foi, il y a Marie. "Sainte Mère du Rédempteur", elle a été la première à en faire l'expérience: " Tu as enfanté, à l'émerveillement de la nature, celui qui t'a créée! "
Verbis huius antíphonæ litúrgicæ étiam véritas de magna mutatióne declarátur, ad quam homo mystério Incarnatiónis indúcitur. Est mutátio, quæ pértinet ad totam eius históriam, inítio sumpto, quod in prióribus capítibus libri Génesis pátefit, usque ad términum éxtremum, in prospéctu finis mundi, cuius neque diem neque horam Christus nobis revelávit. Est discrímen indésinens et perénne inter lapsum et surrectiónem, inter hóminem peccáti et hóminem iustítiæ. Litúrgia, præsértim témpore Advéntus, in huius mutatiónis seu discríminis moménto difficíllimo pónitur, cuíus véluti indésinens "hódie" et "nunc" attíngit dum exclámat: "Succúrre cadénti, súrgere qui curat, pópulo!"
Dans les paroles de cette antienne liturgique est exprimée aussi la vérité du grand retournement qui est déterminé pour l'homme par le mystère de l'Incarnation. C'est un retournement qui affecte toute son histoire, depuis le commencement qui nous est révélé par les premiers chapitres de la Genèse jusqu'à son terme ultime, dans la perspective de la fin du monde dont Jésus ne nous a révélé ni le jour ni l'heure. C'est un revirement incessant, continuel, entre la chute et le relèvement, entre l'homme dans le péché et l'homme dans la grâce et la justice. La liturgie, surtout pendant l'Avent, se place au point névralgique de ce retournement et en touche l'incessant "aujourd'hui" et "maintenant", alors qu'elle nous fait dire: " Viens au secours du peuple qui tombe, et qui cherche à se relever! "
Hæc verba ad unumquémque pértinent hóminem, ad communitátes, ad natiónes et pópulos, ad generatiónes atque ætátes humánæ históriæ, ad témpora nostra, ad hos annos millénnii, quod vergit ad finem: "Succúrre", prorsus "succúrre cadénti, súrgere qui curat, pópulo!" Hæc invocátio ad Maríam almam Redemptóris Matrem dirígitur, est invocátio, quæ ad Christum dirígitur, qui per Maríam in históriam géneris hóminum est ingréssus. Síngulis annis hæc antiphóna adhibétur dum témporis punctum commemorátur, quo præcípua hæc mutátio histórica évenit, quæ quodámmodo invertibíliter pérdurat: est mutátio inter lapsum et surrectiónem. Est étiam perpétua provocátio tótius consciéntiæ históricæ hóminis; est provocátio quæ íncitat ut via terátur non cadéndi modis semper vetéribus sempérque novis, et via surgéndi si quis cecíderit.
Ces paroles concernent chaque homme, les communautés, les nations et les peuples, les générations et les époques de l'histoire humaine, notre époque, ces années du millénaire qui touche à sa fin: " Viens au secours, " oui, " viens au secours du peuple qui tombe et qui cherche à se relever! " Telle est la prière adressée à Marie, sainte Mère du Rédempteur, la prière adressée au Christ qui, par Marie, est entré dans l'histoire de l'humanité. D'année en année, l'antienne monte vers Marie, évoquant le moment où s'est accompli ce retournement historique essentiel, qui persiste de façon irréversible: le retournement entre la chute et le relèvement. C'est aussi un défi incessant (pour les consciences humaines, un défi pour) toute la conscience historique de l'homme: le défi qui consiste à marcher sans tomber, sur les routes toujours anciennes et toujours nouvelles, et à se relever si l'on est tombé.
r. Habe fidúciam in Dómino ex toto corde tuo, et ne innitáris prudéntiæ tuæ. * In ómnibus viis tuis cógita illum, et ipse díriget gressus tuos. v. Fili mi, ne obliviscáris legem meam, et præcépta mea custódiat cor tuum. * In. v. Gloria Patri. * In.
r. Fie-toi au Seigneur de toute ton âme, ne t'appuie pas sur ton propre discernement. * Dans toutes tes voies garde ton cœur en sa présence, et lui-même guidera tes pas. v. Mon fils, n'oublie pas mon enseignement, que ton cœur observe mes préceptes. * Dans. v. Gloire au Père. * Dans.