Léctio sancti Evangélii secúndum Lucam (13,31-35)
In ipsa hora accessérunt quidam pharisæórum dicéntes illi: “Exi et vade hinc, quia Heródes vult te occídere.” Et ait illis: “Ite, dícite vulpi illi: ‘Ecce eício dæmónia et sanitátes perfício hódie et cras et tértia consúmmor. Verúmtamen opórtet me hódie et cras et sequénti ambuláre, quia non capit prophétam períre extra Ierusálem.’ Ierusálem, Ierusálem, quæ occídis prophétas et lápidas eos, qui missi sunt ad te, quótiens vólui congregáre fílios tuos, quemádmodum avis nidum suum sub pinnis, et noluístis. Ecce relínquitur vobis domus vestra. Dico autem vobis: Non vidébitis me, donec véniat cum dicétis: ‘Benedíctus, qui venit in nómine Dómini.’”
En cette même heure, quelques-uns des pharisiens s'approchèrent, et Lui dirent: Va-T'en, et pars d'ici, car Hérode veut Te tuer. Il leur dit: Allez, et dites à ce renard: Voici que Je chasse les démons, et que J'opère des guérisons aujourd'hui et demain, et le troisième jour tout sera consommé pour Moi. Cependant il faut que Je marche aujourd'hui, et demain, et le jour suivant, car il ne convient pas qu'un prophète périsse hors de Jérusalem. Jérusalem, Jérusalem, qui tues les prophètes, et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-Je voulu rassembler tes enfants, comme un oiseau rassemble sa couvée sous ses ailes, et tu n'as pas voulu! Voici que votre maison vous sera laissée déserte. Je vous le dis, vous ne Me verrez plus, jusqu'à ce que vienne le moment où vous direz: Béni soit Celui qui vient au nom du Seigneur!
Commentarium evangelii
Commentaire de l'évangile
Par dom Paul Delatte OSB, 3ème abbé de Solesmes (1848-1937)
Aussi l'ingratitude de la ville aimée arrache-t-elle au Seigneur un gémissement et une adjuration suprême. Nous retrouverons des paroles toutes semblables chez saint Matthieu, mais après le dimanche des Rameaux, et comme conclusion d'un grand discours contre les pharisiens et les scribes (xxiii, 37-39). Il est difficile de déterminer si elles ont été prononcées deux fois ; et, dans l'hpothèse contraire, si saint Matthieu, plutôt que saint Luc, les a rapportées à leur vraie place historique. — Jérusalem, Jérusalem ! qui mets à mort les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois n'aije pas voulu rassembler et grouper autour de moi tes enfants, comme la poule rassemble sa couvée sous ses ailes : et tes enfants n'y ont pas consenti ! Voici donc le châtiment réservé aux enfants de Jérusalem : leur maison deviendra une solitude. Le Seigneur abandonne la nation à elle-même et à son sens réprouvé ; il n'y demeurera plus et cessera d'en être le protecteur (Jér., xii, 7 ; xxii, 5). Le Fils de Dieu va s'éloigner, — pour un temps, du moins : « Je vous le déclare, vous ne me verrez plus jusqu'à ce que vienne l'heure où vous direz : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! » (Ps. cxvii, 26). Il ne s'agit ici, très probablement, ni du second avènement, ni de l'ovation momentanée des Rameaux (Lc,xix, 37-38), mais de la conversion du peuple juif (Rom., xi) : ce jour-là seulement, Israël en tant que nation « verra », reconnaîtra Jésus comme Messie et Sauveur.