Le monde attend que l'Eglise redevienne une société de louange

Conclúsio sancti Evangélii secúndum Lucam (24,46-53)
In illo tempore: Dixit Iesus discipulis suis: “Sic scriptum est, Christum pati et resúrgere a mórtuis die tértia, et prædicári in nómine eíus pæniténtiam in remissiónem peccatórum in omnes gentes, incipiéntibus ab Ierusálem. Vos estis testes horum. Et ecce ego mitto promíssum Patris mei in vos; vos autem sedéte in civitáte, quoadúsque induámini virtútem ex alto.” Edúxit autem eos foras usque in Bethániam et, elevátis mánibus suis, benedíxit eis. Et factum est, dum benedíceret illis, recéssit ab eis et ferebátur in cælum. Et ipsi adoravérunt eum et regréssi sunt in Ierusálem cum gáudio magno et erant semper in templo benedicéntes Deum.
En ce temps là : Jésus dit à Ses disciples : C'est ainsi qu'il est écrit, et c'est ainsi qu'il fallait que le Christ souffrît, et qu'Il ressuscitât d'entre les morts le troisième jour, et qu'on prêchât en Son nom la pénitence et la rémission des péchés dans toutes les nations, en commençant par Jérusalem. Or vous êtes témoins de ces choses. Et Moi, Je vais envoyer en vous le don promis par Mon Père ; mais demeurez dans la ville, jusqu'à ce que vous soyez revêtus de la force d'en haut. Puis Il les conduisit dehors, vers Béthanie; et ayant levé les mains, Il les bénit. Et il arriva, tandis qu'Il les bénissait, qu'Il Se sépara d'eux, et Il était enlevé au Ciel. Et eux, L'ayant adoré, revinrent à Jérusalem avec une grande joie ; et ils étaient sans cesse dans le temple, louant et bénissant Dieu.
Commentarium evangelii
Commentaire de l'évangile
Par dom Paul Delatte OSB, 3ème abbé de Solesmes (1848-1937)
Nous avons le droit de compléter le sobre récit des évangiles par celui des Actes, un peu plus développé. Au cours d'un dernier repas pris avec ses disciples, ou simplement d'une dernière réunion avec eux, le Seigneur leur prescrit de ne pas s'éloigner de Jérusalem, mais d'y attendre la réalisation de la promesse du Père, celle, disait-il, dont je vous ai parlé : « car Jean a baptisé par l'eau, mais vous, c'est du Saint-Esprit que vous serez baptisés dans quelques jours. » — « Seigneur, demandent les disciples rassemblés, sera-ce alors que vous rétablirez le royaume d'Israël ?» Ils n'ont pas encore bien compris, quelques-uns du moins, le caractère de la royauté messianique et demeurent attachés, semblet-il, à l'idée d'une restauration politique et nationale, d'un avènement terrestre et imminent du Fils de l'homme. Le Seigneur les détourne de cette conception chétive et de toute spéculation vaine sur le temps où s'accompliront les secrètes pensées de Dieu : il s'agit à l'heure présente d'un autre royaume à qui ils se doivent tout entiers. En vue de la fondation de ce royaume, ils recevront bientôt la puissance du Saint-Esprit qui viendra sur eux ; ils seront les témoins du Seigneur à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre.
Avec les apôtres et les disciples, le Seigneur se dirigea vers Béthanie et le sommet du mont des Oliviers (Act., i, 12). Là, il éleva les mains et les bénit ; et tandis qu'il les bénissait, il les quitta et fut élevé au ciel, en leur présence ; puis, bientôt, un nuage le déroba à leur vue. Leurs yeux le suivaient encore, alors qu'ils ne pouvaient plus l'apercevoir, et voici que deux hommes vêtus de blanc leur apparurent et dirent : « Hommes de Galilée, pourquoi demeurer là, les regards tendus vers le ciel ? Ce Jésus, qui du milieu de vous a été enlevé au ciel, en reviendra un jour, comme vous l'avez vu y monter. » C'est la foi et l'espérance de l'Église : Et iterum venturus est cum gloria, judicare vivos et mortuos, cujus regni non erit finis. — Veni, Domine Jesu !
Les disciples tombèrent à genoux et, après avoir adoré leur Maître, retournèrent à Jérusalem, en grande allégresse. Ils se réunissaient assidûment au temple, pour rendre grâces à Dieu.
Le Seigneur Jésus, nous dit saint Marc, est assis maintenant à la droite de Dieu. Quant aux apôtres, ils partirent et prêchèrent partout, le Seigneur opérant avec eux, et confirmant la parole sacrée par les miracles qui l'accompagnaient. — Amen.
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