In secundo nocturno, anno II
Deuxième nocturne, année II
Ex Sermónibus sancti Augustíni epíscopi (Sermo Mai 14, 1: PLS 2, 449-450)
Sermon de saint Augustin
Lectio I
Lecture I
Exhortatiónibus divinárum lectiónum et aliméntis verbi Dei bene pasci cotídie corda caritátis vestræ non ignorámus; propter desidérium tamen quo accéndimur in ínvicem, caritátis loquéndum est áliquid caritáti vestræ. Quid áliud, quam de ipsa caritáte? Ipsa est enim de qua quisque si loqui volúerit, non sibi éligit lectiónem quæ recitétur, ut de caritáte sit occásio sermocinándi: omnis enim página, quæcúmque aperítur, hanc sonat.
Vos cœurs, nous ne l'ignorons pas, sont chaque jour bien nourris par les exhortations des divines lectures et l'aliment de la parole de Dieu; à cause du désir dont nous nous embrasons mutuellement, il me faut cependant dire une parole de charité à votre charité. Et de quoi traiter sinon de la charité? Qui veut parler d'elle, n'a pas, en effet, à choisir comme lecture un texte qui lui soit occasion de prêcher sur la charité: toute page que l'on ouvre la célèbre.
r. Paradísi portas apéruit nobis ieiúnii tempus. Suscipiámus illud orántes et deprecántes, * Ut in die resurrectiónis cum Dómino gloriémur. v. Ecce nunc tempus * acceptábile, ecce nunc dies salútis; némini dantes ullam offensiónem. * Ut in die.
r. Les portes du paradis nous ont été ouvertes par un temps de jeûne. Accueillons donc ce temps, dans la prière et la supplication, * Afin qu'au jour de la résurrection, nous soyons glorifiés avec le Seigneur. v. C'est maintenant le moment favorable, c'est maintenant le jour du salut; ne donnons à personne occasion de scandale, * Afin.
Lectio II
Lecture II
In hanc rem ipse Dóminus testis est, et ex Evangélio commonémur, quia cum ab illo quæsítum esset, quæ máxima præcépta essent in lege, respóndit: Díliges Dóminum Deum tuum ex toto corde tuo et ex tota ánima tua et ex tota mente tua; et díliges próximum tuum tamquam te ipsum. Et ne áliud quæreres in páginis sanctis, subiúnxit et ait: In his duóbus præcéptis tota lex pendet et prophétæ. Si tota lex et prophétæ in his duóbus præcéptis pendent, quanto magis Evangélium? Cáritas enim ínnovat hóminem, nam sicut cupíditas facit hóminem véterem, sic cáritas novum. Inde íngemens in conflictatióne cupiditátis ait: Inveterávi in ómnibus inimícis meis.
Sur ce point, le témoin, c'est le Seigneur, et son Évangile nous en avertit, puisqu'à la question posée: Quels sont, dans la loi, les plus grands préceptes? il répondit: Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit, et ton prochain comme toi-même. Et de peur que tu ne cherches autre chose dans les pages sacrées, il ajouta: De ces deux préceptes dépendent toute la loi et les prophètes. Si toute la loi et les prophètes dépendent de ces deux préceptes, combien plus l'Évangile? La charité, en effet, renouvelle l'homme; de même que la convoitise rend l'homme vieux, ainsi la charité fait l'homme nouveau. De là vient que celui qui gémit dans le combat des passions, dit: Parmi tous mes ennemis, je suis devenu vieux.
r. In ieiúnio et fletu orábant sacerdótes, dicéntes: * Parce, Dómine, parce pópulo tuo, et ne des hereditátem tuam in perditiónem. v. Inter vestíbulum et altáre plorábant sacerdótes, dicéntes: * Parce.
r. Les prêtres du Seigneur suppliaient dans le jeûne et les larmes: * Pitié, Seigneur, épargne ton peuple, ne livre pas ton héritage à la ruine! v. Entre le portail et l'autel, les prêtres se lamentaient, disant: * Pitié.
Lectio III
Lecture III
Caritátem autem ad novum hóminem pertinére, ipse Dóminus hoc modo signíficat: Mandátum novum do vobis, ut vos ínvicem diligátis. Si ergo lex et prophétæ ex caritáte pendent, cum in lege et prophétis testaméntum vetus commendátum videátur, quanto magis Evangélium, quod testaméntum novum apertíssime dícitur, non pértinet nisi ad caritátem, quando et mandátum suum Dóminus non dixit, nisi ut vos ínvicem diligátis? Et novum dixit ipsum mandátum, et ad innovatiónem nostram venit, et novos hómines nos fecit, et novam hereditátem eamdémque ætérnam promísit.
Que la charité concerne l'homme nouveau, le Seigneur lui-même le signifie en ces mots: Je vous donne un commandement nouveau: aimez-vous les uns les autres. Si donc la loi et les prophètes dépendent de la charité alors que c'est l'Ancien Testament qui semble proclamé, combien plus l'Évangile, désigné de toute évidence comme Nouveau Testament, n'a-t-il trait qu'à la charité, le Seigneur n'ayant donné comme sien d'autre commandement que celui-ci: Aimez-vous les uns les autres? Il a appelé nouveau ce commandement, il est venu pour nous renouveler, faire de nous des hommes nouveaux et nous promettre l'héritage nouveau et éternel.
r. Emendémus in mélius quæ ignoránter peccávimus, ne súbito præoccupáti die mortis, quærámus spátium pæniténtiæ, et inveníre non possímus. * Atténde, Dómine, et miserére, quia peccávimus tibi. v. Peccávimus cum pátribus nostris, iniúste égimus, iniquitátem fécimus. * Atténde. æ Glória Patri. * Atténde.
r. Réparons par une meilleure conduite les péchés de notre aveuglement, de peur que, surpris tout-à-coup par la mort, nous cherchions en vain le temps de faire pénitence. * Vois, Seigneur, prends-nous en pitié: nous avons péché contre toi! v. Avec nos pères, nous avons péché, nous avons failli, renié. * Vois. v. Gloire au Père. * Vois.