CHAPITRE V. DE L’ASSISTANCE A LA SAINTE MESSE AU TEMPS DE NOËL.
Le nombre et l’importance des fêtes qui se succèdent dans une partie considérable du Temps de Noël, amènent fréquemment les fidèles au pied de l’autel pour y assister au saint sacrifice de la Messe. Ils doivent s’empresser avec d’autant plus d’ardeur de prendre part à la célébration de ce divin mystère, que l’Agneau qui s’immole est celui même que nous avons demandé avec tant d’instances durant l’Avent, lorsque nous disions avec Isaïe : Envoyez, Seigneur, l’Agneau qui doit dominer sur la terre [ISAI. XVI, i.].
Il est donc venu, ce tendre Agneau ; le petit Enfant nous est né [Ibid. IX, 6.], et déjà nous le voyons sur l’autel de son sacrifice. Le Christ, dès son entrée dans le monde, dit l’Apôtre, s’adresse à son Père et lui dit : Les holocaustes ne vous ont point été agréables, mais vous m’avez donné un corps : c’est pourquoi me voici ; je viens faire votre volonté [Heb. X, 5.]. Il est vrai que le sacrifice de la Croix, dont celui de la Messe n’est que la continuation, a été le sacrifice de Jésus-Christ parvenu à l’âge parfait ; mais dans ces jours où nous avons tant à apprendre du mystère d’un Dieu enfant, nous entrerons tout à fait dans l’esprit de l’Église, si, en assistant à la sainte Messe, nous ne considérons pas seulement la Victime sanglante du Calvaire, mais aussi le doux Agneau de Bethléem. Et d’ailleurs, du sein de la crèche, Jésus ne s’offre-t-il pas déjà pour nous à son Père aussi bien que du haut de la croix ? Nous lisons même dans les Actes des Saints que, plus d’une fois, ce divin Médiateur ayant voulu manifester sa présence réelle dans l’hostie sacrée, pour récompenser la foi et l’amour de ses serviteurs, daigna apparaître sous la forme d’un tendre enfant.
L’iconographie liturgique des Grecs a adopté, pour représenter le mystère de l’Eucharistie, le symbole d’un enfant couché sur une patène ; et nos Missels Romains-Français, jusque vers la fin du XVI° siècle, sont souvent ornés d’une grande vignette sur laquelle le Prêtre est représenté en chasuble, à l’autel, et tenant entre les mains le corps du Sauveur qui apparaît aussi sous la forme d’un enfant.
Les fidèles se présenteront donc à l’Église dans les sentiments qui animèrent les bergers et les Mages lorsqu’ils se rendirent à Bethléem, la Maison du Pain. Eux aussi, ils viendront en hâte [LUC. II, 16.], du milieu de la nuit de ce siècle, vers cette lumière qui luit au milieu des ténèbres [JOHAN. I, 5.], Ils approcheront de l’autel comme de la crèche, et, dans la joie de ce mystère, ils feront hommage de leurs cœurs au nouveau-né. Ensuite, s’unissant à Marie et à la sainte Église, ils offriront l’Agneau de Dieu au Père céleste, et s’offriront eux-mêmes avec lui, dans l’humilité et la simplicité de l’enfance.
Nous allons maintenant essayer de réduire à la pratique ces sentiments dans une explication des mystères de la sainte Messe, nous efforçant d’initier les fidèles à ces divins secrets, non par une stérile et téméraire traduction des formules sacrées, mais au moyen d’actes destinés à mettre les assistants en rapport suffisant avec les actions et les sentiments de l’Église et du Prêtre.
Dans une partie notable du Temps de Noël, la Messe est célébrée en mémoire des grands mystères qui se sont accomplis à cette époque de l’Année liturgique ; on trouvera ci-après, en détail, les prières que l’Église emploie en ces jours solennels. Dans le reste de la quarantaine, le saint Sacrifice est offert en l’honneur des Saints, à moins qu’il ne se rencontre un dimanche qui ne soit pas déjà occupé par une fête Double. Il faut toutefois excepter les dimanches de Septuagésime et de Sexagésime, lorsqu’ils tombent au Temps de Noël ; leur prérogative est de ne céder la place qu’au Patron du lieu, au Titulaire ou à la Dédicace de l’Église.
A toutes les Messes des dimanches et à celles des fêtes du degré simples et semi-double, le Prêtre fait mémoire de la sainte Vierge comme Mère de Dieu, par trois Oraisons que nous aurons soin d’indiquer en leur lieu. Nous avons parlé ailleurs des couleurs dont l’Église use en ce saint temps.
Le Dimanche, si la Messe à laquelle on assiste est paroissiale, deux rites solennels, l’Aspersion de l’Eau bénite, et en beaucoup d’églises la Procession, devront d’abord intéresser la piété.
Pendant l’Aspersion, on s’unira aux intentions de la sainte Église dans ce rite antique, et on demandera la pureté de cœur nécessaire pour mériter d’être admis dans cette heureuse étable où le Verbe fait chair a apparu aux hommes.
ANTIENNE DE L’ASPERSION.
Aspérges me, Dómine, hyssópo, et mundábor : lava bis me, et super nivem dealbábor.
Vous m’arroserez, Seigneur, avec l’hysope, et je serai purifié ; vous me laverez, et je deviendrai plus blanc que la neige.
Ps. Miserére mei, Deus, secúndum magnam misericórdiam tuam. Glória Patri. Aspérges me.
Ps. O Dieu, ayez pitié de moi, selon votre grande miséricorde. Gloire au Père. Nous m’arroserez.
v. Osténde nobis, Dómine, misericórdiam tuam ;
v. Montrez-nous , Seigneur, votre miséricorde ;
r. Et Salutáre tuum da nobis.
r. Et donnez-nous le Salut que vous nous avez préparé.
v. Dómine, exáudi oratiónem meam ;
v. Seigneur, exaucez ma prière ;
r. Et clamor meus ad te véniat.
r. Et que mon cri monte jusqu’à vous.
v. Dóminus vobíscum ;
v. Le Seigneur soit avec vous ;
r. Et cum spíritu tuo.
r. Et avec votre esprit.
ORAISON.
Exáudi nos, Dómine sancte, Pater omnípotens, retérne Deus : et míttere dignéris sanctum Angelum tuum de cœlis, qui custódiat. fóveat, prótegat, vísitet, atque deféndat omnes habitántes in hoc habitáculo. Per Christum Dóminum nostrum. Amen.
Exaucez-nous, Seigneur saint,Père tout-puissant, Dieu éternel, et daignez envoyer du ciel votre saint Ange qui garde, protège, visite et défende tous ceux qui sont rassemblés en ce lieu. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.
La Procession qui précède la Messe rappellera le voyage des bergers et des Mages vers Bethléem, lesquels, après avoir marché en diligence, trouvèrent, au terme du voyage, Marie, Joseph et l’Enfant couché dans la crèche.
Enfin, le moment du Sacrifice est arrivé. Le Prêtre est au pied de l’autel, Dieu est attentif, les Anges adorent, toute l’Église est unie au Prêtre qui n’a qu’un même sacerdoce, une même action avec Jésus-Christ le souverain Prêtre. Faisons le signe de la Croix.
L’ORDINAIRE DE LA MESSE.
In nómine Patris, et Fílii. et Spíritus Sancti. Amen.
Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.
v. Introíbo ad altáre Dei,
r. Ad Deum qui lætíficat juventútem meam.
Je m’unis, ô mon Dieu, a votre sainte Église qui tressaille dans l’espoir de contempler bientôt au sein des splendeurs de sa résurrection Jésus-Christ votre Fils, l’Autel véritable.
Júdica me, Deus, et discérne causam meam de gente non sancta : ab hómine iníquo et dolóso érue me.
Comme elle, je vous supplie de me défendre contre la malice des ennemis de mon salut.
Quia tu es, Deus, fortitúdo mea : quare me reppulísti ? et quare tristis incédo, dum afflígit me inimícus ?
C’est en vous que j’ai mis mon espérance ; et cependant je me sens triste et inquiet, à cause des embûches qui me sont tendues.
Emítte lucem tuam et veritátem tuam ; ipsa me deduxérunt et adduxérunt in montem sanctum tuum, et in tabernácula tua.
Faites-moi donc voir, lorsque mon cœur en sera digne, celui qui est la Lumière et la Vérité : c’est lui qui nous ouvrira l’accès à votre sainte montagne, à votre céleste tabernacle.
Et introíbo ad altáre Dei : ad Deum qui lætíficat juventútem meam.
Je vais donc m’approcher de l’autel de Dieu, et sentir la présence de Celui qui veut rajeunir mon âme.
Confitébor tibi in cíthara, Deus, Deus meus : quare tristis es, ánima mea : et quare contúrbas me ?
Il est le médiateur, l’Autel vivant ; je m’approcherai de lui, et je serai dans la joie. Quand je l’aurai vu, je chanterai avec allégresse. O mon âme ! ne t’attriste donc plus, ne sois plus troublée.
Spera in Deo, quóniam adhuc confitébor illi : salutáre vultus mei, et Deus meus.
Espère en lui ; bientôt il se montrera à toi, vainqueur de cette mort qu’il aura subie en ta place ; et tu ressusciteras avec lui.
Glória Patri, et Fílio. et Spirítui Sancto.
Gloire au Père, au Fils, et au Saint-Esprit ;
Sicut erat in princípio, et nunc, et semper, et in sǽcula sæculórum. Amen.
Comme il était au commencement, et maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.
v. Introíbo ad altáre Dei,
r. Ad Deum qui lætíficat juventútem meam.
v. Adjutórium nostrum in nómine Dómini,
r. Qui fecit cœlum et terram.
Cette confiance est en moi, non à cause de mes mérites, mais par le secours tout-puissant de mon Créateur.
Cette pensée qu'il va paraître devant le Seigneur fait naître dans l’âme du Prêtre un vif sentiment de componction. Il ne veut pas aller plus loin sans confesser publiquement qu’il est pécheur et indigne d’une telle grâce. Écoutez avec respect cette confession de l’homme de Dieu, et demandez sincèrement au Seigneur qu’il daigne lui faire miséricorde ; car le Prêtre est votre père ; il est responsable de votre salut, pour lequel il expose le sien tous les jours.
Faites ensuite votre confession, avec le ministre, disant à votre tour avec contrition :
Confíteor Deo omnipoténti, beátæ Mária ; semper Virgíni, beáto Micháeli Archángelo , beáto Johánni Baptísta ; sanctis Apóstolis Petro et Paulo, ómnibus Sanctis, et tibi, Pater, quia peccávi nimis, cogitatióne, verbo et ópere : mea culpa, mea culpa, mea máxima culpa. Ideo precor beátam Máriam semper Vírginem, beátum Micháelem Archángelum, beátum Johánnem Baptístam, sanctos Apóstolos Petrum et Paulum, omnes Sanctos, et te, Pater, oráre pro me ad Dóminum Deum nostrum.
Je confesse à Dieu tout-puissant, à la bienheureuse Marie toujours Vierge, à saint Michel Archange, à saint Jean-Baptiste, aux Apôtres saint Pierre et saint Paul, à tous les Saints, et a vous, mon Père, que j’ai beaucoup péché en pensées, en paroles et en œuvres, par ma faute, par ma faute, par ma très grande faute. C’est pourquoi je supplie la bienheureuse Marie toujours Vierge, saint Michel Archange, saint Jean-Baptiste, les Apôtres saint Pierre et saint Paul, tous les Saints, et vous, mon Père, de prier pour moi le Seigneur notre Dieu.
Recevez avec reconnaissance le souhait paternel du Prêtre qui vous dit :
v. Misereátur vestri omnípotens Deus, et dimíssis peccátis vestris, perdúcat vos ad vitam ætérnam.
v. Que le Dieu tout-puissant ait pitié de vous, qu’il vous remette vos péchés, et vous conduise à la vie éternelle.
r. Amen.
r. Amen.
v. Indulgéntiam, absolutiónem, et remissiónem peccatórum nostrórum, tríbuat nobis omnípotens et miséricors Dóminus.
v. Que le Seigneur tout-puissant et miséricordieux nous accorde l’indulgence, l’absolution et la rémission de nos péchés.
r. Amen.
r. Amen.
Relevez maintenant la tête, et appelez le secours divin pour vous approcher de Jésus-Christ.
v. Deus, tu convérsus vivificábis nos ;
v. O Dieu, d’un seul regard vous nous donnerez la vie ;
r. Et plebs tua lætábitur in te.
r. Et votre peuple se réjouira en vous.
v. Osténde nobis, Dómine, misericórdiam tuam ;
v. Montrez-nous, Seigneur, votre miséricorde ;
r. Et Salutáre tuum da nobis.
r. Et donnez-nous de connaître et d’aimer le Sauveur que vous nous avez envoyé.
v. Dómine, exáudi oratiónem meam ;
v. Seigneur, exaucez ma prière ;
r. Et clamor meus ad te véniat.
r. Et que mon cri parvienne jusqu’à vous.
Le Prêtre vous salue, en vous quittant, pour monter a l’autel.
v. Dóminus vobíscum ;
v. Le Seigneur soit avec vous ;
Répondez-lui avec révérence :
r. Et cum spíritu tuo.
r. Et avec votre esprit.
Il monte les degrés et arrive au Saint des Saints, Demandez pour lui et pour vous la délivrance des péchés.
OREMUS.
PRIONS.
Aufer a nobis, quǽsumus Dómine, iniquitátes nostras ; ut ad Sancta Sanctórum puris mereámur méntibus introíre. Per Christum Dóminum nostrum. Amen.
Faites disparaître de nos cœurs, ô mon Dieu ! toutes les taches qui les rendent indignes de vous être présentés ; nous vous le demandons par votre divin Fils, notre Seigneur.
Quand le Prêtre baise l’autel par respect pour les os des Martyrs qu’il couvre, on dira :
Orámus te, Dómine, per mérita Sanctórum tuórum quorum relíquiæ hic sunt, et ómnium Sanctórum, ut indulgére dignéris ómnia peccáta mea. Amen.
Généreux soldats de Jésus-Christ, qui avez mêlé votre sang au sien, faites instance pour que nos péchés soient remis, afin que nous puissions, comme vous, approcher de Dieu.
Si la Messe est solennelle, le Prêtre encense l’autel avec pompe. Cette fumée qui s’exhale de toutes les parties de l’autel signifie la prière de l’Église qui s’adresse à Jésus-Christ, et que ce divin Médiateur fait ensuite monter, avec la sienne propre, vers le trône de la majesté de son Père.
Le Prêtre dit ensuite l’Introït. Cette Antienne solennelle est un chant d’ouverture dans lequel l’Église laisse s’échapper tout d’abord les sentiments qui l’animent.
Il est suivi de neuf cris plus expressifs encore, car ils demandent miséricorde. En les proférant, l’Église s’unit aux neuf chœurs des Anges réunis autour de l’Autel du ciel, qui est le même que celui de la terre.
Au Père qui a daigné envoyer son Fils :
Kyrie, eleison. Kyrie, eleison. Kyrie, eleison.
Seigneur, ayez pitié ! Seigneur, ayez pitié ! Seigneur, ayez pitié !
Au Fils qui est descendu:
Christe, eleison. Christe, eleison. Christe, eleison.
Christ, ayez pitié ! Christ, ayez pitié ! Christ, ayez pitié !
Au Saint-Esprit , dont l'opération accomplit le mystère:
Kyrie, eleison. Kyrie, eleison. Kvrie, eleison.
Seigneur, ayez pitié ! Seigneur, ayez pitié ! Seigneur, ayez pitié !
Puis, mêlant sa voix à celle de la milice céleste, le Prêtre entonne le sublime Cantique de Bethléhem qui annonce à Dieu la gloire , et à l'homme la paix. Instruite des divins secrets, l’Église continue de son propre fonds l'hymne des Anges. Elle célèbre avec enthousiasme l'Agneau divin qui efface les péchés du monde, et pour racheter les abaissements de la crèche, elle le proclame seul Saint, seul Seigneur, seul Très-Haut. Entrez dans ces sentiments d'adoration profonde, de confiance et de tendresse envers le céleste Agneau.
L’HYMNE ANGÉLIQUE.
Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et, sur la terre, paix aux hommes de bonne volonté.
Gloria in excelsis Deo, et in terra pax hominibus bona ; voluntatis.
Qui tollis peccata mundi, suscipe deprecationem nostram.
Laudamus te : benedicimus te : adoramus te : glorificamus te : gratias agimus tibi propter magnam gloriam tuam.
Domine Deus, Rex coelestis, Deus Pater omnipotens.
Nous vous louons, nous vous bénissons, nous vous adorons, nous vous glorifions ; nous vous rendons grâces, à cause de votre grande gloire.
Domine, Fili unigenite, Jesu Christe.
Seigneur Dieu, Roi céleste. Dieu Père tout-puissant !
Domine Deus, Agnus Dei, Filius Patris.
Seigneur Jésus-Christ, Fils unique !
Qui tollis peccata mundi, miserere nobis.
Seigneur Dieu, Agneau de Dieu, Fils du Père !
Qui sedes ad dexteram Patris, miserere nobis.
Vous qui ôtez les péchés du monde, ayez pitié de nous.
Quoniam tu solus Sanctus, tu solus Dominus, tu solus Altissimus, Jesu Christe, cum Sancto Spiritu, in gloria Dei Patris. Amen.
Vous qui ôtez les péchés du monde, recevez notre humble prière.
Vous qui êtes assis à la droite du Père, ayez pitié de nous.
Car vous êtes le seul Saint, vous êtes le seul Seigneur, vous êtes le seul Très-Haut, ô Jésus-Christ ! avec le Saint-Esprit, dans la gloire de Dieu le Père. Amen.
Le Prêtre salue encore le peuple, comme pour s’assurer de sa persévérance dans l’attention religieuse que réclame l’Action sublime qui se prépare. Les paroles de ce salut ont une beauté particulière au temps de Noël : Le Seigneur soit avec nous ! Isaïe l'avait prédit, et l'Ange du Seigneur le confirme à saint Joseph : Il sera appelé Emmanuel, c'est-à-dire Dieu avec nous.
Vient ensuite la Collecte ou Oraison, dans laquelle l’Église expose à Dieu, d’une manière expresse, ses intentions particulières dans la Messe qui se célèbre. On pourra s’unir à cette prière en récitant avec le Prêtre les Oraisons qui se trouvent ci-après, au Propre du Temps, ou au Propre des Saints, et surtout en répondant Amen avec le ministre qui sert la Messe.
On lira ensuite l’Épître, qui est, pour l’ordinaire, un fragment des Lettres des Apôtres, ou quelquefois un passage des livres de l’Ancien Testament. En faisant cette lecture, on remerciera Celui qui, non content de nous avoir entretenus maintes fois pas ses envoyés, a daigné enfin nous parle par ce Fils bien-aimé, en qui il a mis toutes ses complaisances. (Heb. 1,2).
Le Graduel est un intermède entre la lecture de l’Épître et celle de l’Évangile. Il remet sous nos veux les sentiments qui ont déjà été exprimés dans l’Introït. On doit le lire avec dévotion, pour s’en bien pénétrer, et s'élever plus avant dans les hauteurs du mystère.
Le cri de louange, le divin Alléluia ne tarde pas à se faire entendre : unissons-nous aux saints Anges qui, au moment de la naissance de l'Agneau, prêtent aux hommes le secours de leur musique céleste.
Un des princes de cette sainte milice, s'adressant aux bergers, leur dit : Voici que je vous évangélise une grand joie : c'est qu'il vous est né un Sauveur en Bethléhem. Les Apôtres sont venus ensuite, et ils ont évangélisé cette joie au monde entier ; et le livre qui contient le récit de la félicité des hommes s'appelle l’Évangile. Or, voici le moment où un passage de ce livre divin va être proclamé solennellement dans l'assemblée ; nous allons donc entendre le récit inspiré qui nous révèle Celui qui s'est fait petit pour converser avec les petits.
Si c’est une Messe solennelle que l’on célèbre, le Diacre se dispose à remplir son noble ministère qui consiste à annoncer la Bonne Nouvelle du salut. Il prie Dieu de purifier son cœur et ses lèvres ; puis il demande à genoux la bénédiction du Piètre, et l’ayant obtenue, il se rend au lieu d’où il doit chanter l’Évangile.
Pour préparation à le bien entendre, on peut dire en union avec le Prêtre et avec le Diacre :
Munda cor meum, ac lábia mea, omnípotens Deus, qui lábia Isaíæ Prophétæ cálculo mundásti igníto : ita me tua grata miseratióne dignáre mundáre, ut sanctum Evangélium tuum digne váleam nuntiáre. Per Christum Dóminum nostrum. Amen.
Seigneur, purifiez mes oreilles trop longtemps remplies des vaines paroles du siècle, afin que j’entende la Parole de la vie éternelle, et que je la conserve dans mon cœur ; par Jésus-Christ votre Fils notre Seigneur. Amen.
Dóminus sit in corde meo, et in lábiis meis : ut digne et competénter annúntiem Evangélium suum. In nómine Patris, et Fílii, et Spíritus Sancti. Amen.
Donnez à vos ministres la grâce d’être les fidèles interprètes de votre loi, afin que, pasteurs et troupeau, nous nous réunissions tous en vous à jamais.
On se tiendra debout, par respect, pendant la lecture de l’Évangile ; on fera sur soi le signe de la Croix, et on suivra toutes les paroles du Prêtre ou du Diacre. Que le cœur donc soit prêt, et qu’il se montre docile. L’Épouse du Cantique dit : Mon âme s’est fondue en moi comme la cire, pendant que le Bien-Aimé me parlait. Mais tous n’ont pas cet amour. Disons-lui du moins, avec l’humble soumission de Samuel : Parlez, Seigneur ; votre serviteur écoute.
Après l’Évangile, si le Prêtre récite le Symbole de la Foi, on le dira avec lui. La foi est le don suprême de Dieu : c’est par elle que nous percevons la lumière qui luit au milieu des ténèbres, et que les ténèbres de l’incrédulité n’ont point comprise. La foi nous montre Celui qu'il faut aimer : elle nous fait redevenir enfants, comme il convient d'être pour avoir accès au berceau de Celui que le grand Clément d'Alexandrie, dans son Hymne sublime, appelle le Roi des enfants, le Christ. Disons donc avec l’Église Catholique :
LE SYMBOLE DE NICÉE.
Credo in unum Deum, Patrem omnipoténtem, factórem cœli et terræ, visibílium ómnium et invisibílium.
Je crois en un seul Dieu, le Père tout-puissant. qui a fait le ciel et la terre, et toutes les choses visibles et invisibles.
Et in unum Dóminum Jesum Christum, Fílium Dei unigénitum. Et ex Patre natum ante ómnia sǽcula. Deum de Deo, lumen de lúmine, Deum verum de Deo vero. Génitum, non factum, consubstantiálem Patri : per quem ómnia facta sunt. Qui propter nos hómines et propter nostram salútem, descéndit de cœlis. Et incarnátus est de Spíritu Sancto ex Mária Vírgine : ET HOMO FACTUS EST. Crucifíxus étiam pro nobis sub Póntio Piláto, passus et sepúltus est. Et resurréxit tértia die, secúndum Scriptúras. Et ascéndit in cælum : sedet ad déxteram Patris. Et íterum ventúrus est cum glória judicáre vivos et mórtuos : cujus regni non erit finis.
Et en un seul Seigneur Jésus-Christ, Fils unique de Dieu ; qui est né du Père avant tous les siècles ; Dieu de Dieu, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu ; qui n’a pas été fait, mais engendré : consubstantiel au Père : par qui toutes choses ont été faites. Qui est descendu des cieux pour nous autres hommes et pour notre salut ; qui a pris chair de la Vierge Marie par l’opération du Saint-Esprit ; ET QUI S’EST FAIT HOMME. Qui a été aussi crucifié pour nous sous Ponce Pilate, qui a souffert, qui a été mis dans le sépulcre ; qui est ressuscité le troisième jour, selon les Écritures. Et qui est monté au ciel ; qui est assis à la droite du Père, et qui viendra encore avec gloire pour juger les vivants et les morts ; et dont le règne n’aura point de fin.
Et in Spíritum Sanctum, Dóminum et vivificántem : qui ex Patre Filióque procédit. Qui cum Patre et Fílio simul adorátur, et conglorificátur : qui locútus est per Prophétas. Et Unam, Sanctam, Cathólicam et Apostólicam Ecclésiam. Confíteor unum Baptísma in remissiónem peccatórum. Et exspécto resurrectiónem mortuórum, et vitam ventúri sǽculi Amen.
Et au Saint-Esprit, Seigneur et vivifiant, qui procède du Père et du Fils ; qui est adoré et glorifié conjointement avec le Père et le Fils ; qui a parlé par les Prophètes. Je crois l’Église qui est Une, Sainte, Catholique et Apostolique. Je confesse qu’il y a un Baptême pour la rémission des péchés, et j’attends la résurrection des morts et la vie du siècle à venir. Amen.
Le cœur du Prêtre et celui du peuple doivent maintenant être prêts : il est temps de préparer l’offrande elle-même. Nous entrons dans cette seconde partie de la sainte Messe qui est appelée Oblation, et qui fait suite à celle qu’on désigne sous le nom de Messe des Catéchumènes, parce qu’elle était autrefois la seule à laquelle les aspirants au Baptême eussent le droit de prendre part.
Voici donc que le pain et le vin vont être offerts à Dieu, comme les plus nobles éléments de la création matérielle, puisqu’ils sont destines à la nourriture de l’homme ; mais ce n’est là qu’une figure grossière de leur destination dans le Sacrifice chrétien.
Leur substance va bientôt s’évanouir ; il n’en demeurera plus que les apparences. Heureuses créatures qui cèdent la place au Créateur ! Nous aussi, nous sommes appelés à éprouver une ineffable transformation, lorsque, comme dit l’Apôtre, ce qui est mortel en nous sera absorbé par la vie [II Cor. V, 4]. En attendant, offrons-nous à Dieu, au moment où le pain et le vin lui vont être présentés ; et préparons-nous pour l’arrivée de celui qui, en prenant notre nature humaine, nous a rendus participants de la nature divine [II Petr. I, 4.].
Le Prêtre salue encore le peuple, pour l’avertir d’être de plus en plus attentif. Lisons avec lui l’Offertoire, et, quand il présente à Dieu l’Hostie, joignons-nous à lui et disons :
Súscipe, sancte Pater, omnípotens ætérne Deus , hanc immaculátam hóstiam, quam ego indígnus fámulus tuus óffero tibi Deo meo vivo et vero, pro innumerabílibus peccátis et offensiónibus et negligentiis meis , et pro ómnibus circumstántibus, sed et pro ómnibus fidélibus Christiánis vivis atque defúnctis : Ut mihi et illis profíciat ad salútem in vitam ætérnam. Amen.
Tout ce que nous avons, Seigneur, vient de vous et est à vous : il est donc juste que nous vous le rendions. Mais combien vous êtes admirable dans les inventions de votre puissante charité ! Ce pain que nous vous offrons va bientôt céder la place à votre sacré Corps ; recevez, dans une même oblation, nos cœurs qui voudraient vivre de vous, et non plus d’eux-mêmes.
Quand le Prêtre met dans le calice le vin, auquel il mêle ensuite un peu d’eau, afin de représenter l’union de la nature divine à la faible nature humaine de Jésus-Christ, pensez au divin mystère de l’Incarnation, principe de notre salut et de nos espérances, et dites :
Deus, qui humánæ substántiæ dignitátem mirabíliter condidísti, et mirabílius reformásti , da nobis per humus aquæ et vini mystérium, ejus divinitátis esse consórtes, qui humanitátis nostræ fíeri dignátus est párticeps , Jesus Christus, Fílius tuus, Dóminus noster ; qui tecum vivit et regnat in unitáte Spíritus Sancti Deus, per ómnia sǽcula sæculórum. Amen.
Seigneur, qui êtes la véritable Vigne, et dont le sang, comme un vin généreux, s’est épanché sous le pressoir de la Croix, vous daignez unir votre nature divine à notre faible humanité, figurée ici par cette goutte d’eau ; venez nous taire participants de votre divinité, en vous manifestant en nous par votre douce et puissante visite.
Le Prêtre offre ensuite le mélange de vin et d’eau, priant Dieu d’avoir pour agréable cette oblation dont la figure va bientôt se transformer en réalité ; pendant ce temps, dites en union avec lui :
Offérimus tibi , Dómine, cálicem salutáris, tuam deprecántes cleméntiam : ut in conspéctu divínæ Majestátis tuæ, pro nostra et tótius mundi salúte, cum odóre suavitátis ascéndat. Amen.
Agréez ces dons, souverain Créateur de toutes choses : qu’ils soient ainsi préparés pour la divine transformation qui. de cette simple offrande de créatures, va faire l’instrument du salut du monde.
Puis le Prêtre s’incline, après avoir élevé les dons ; humilions-nous avec lui et disons :
In spíritu humilitátis, et in ánimo contríto suscipiámur a te, Dómine : et sic fiat sacrifícium nostrum in conspéctu tuo hódie , ut pláceat tibi, Dómine Deus.
Si nous avons la hardiesse d’approcher de votre autel, Seigneur, ce n’est pas que nous puissions oublier ce que nous sommes. Faites-nous miséricorde, afin que nous puissions paraître en la présence de votre Fils, qui est notre Hostie salutaire.
Invoquons ensuite l’Esprit-Saint, dont l’opération va bientôt produire sur l’autel la présence du Fils de Dieu, comme elle la produisit au sein de la Vierge Marie, dans le divin mystère de l’Incarnation.
Veni, Sanctificátor omnípotens, ætérne Deus , et bénedic hoc sacrifícium tuo sancto Nómini præparátum.
Venez, Esprit divin, féconder cette offrande qui est sur l’autel, et produire en nous celui que nos cœurs attendent.
Si c’est une Messe solennelle, le Prêtre, avant de passer outre, prend pour la seconde fois l’encensoir. Il encense le pain et le vin qui viennent d’être offerts, et ensuite l’autel lui-même ; afin que la prière des fidèles, signifiée par la fumée de ce parfum, devienne de plus en plus ardente, à mesure que le moment solennel approche davantage. Saint Jean nous dit que l'encens qui brûle sur l'Autel du ciel est formé par les prières des Saints ; au temps de l'Avent, nous devons considérer, sous l'emblème de ce nuage odorant qui environne l'Autel de la terre, les soupirs des Patriarches et des Prophètes vers le Messie, et nous y joindre de toute l'ardeur de nos désirs.
Mais la pensée de son indignité se ranime plus forte au cœur du Prêtre. La confession publique qu’il a faite au pied de l’autel ne suffit plus à sa componction. A l’autel même, il donne, en présence du peuple, un témoignage solennel du pressant besoin qu’il éprouve de se purifier à l’approche de Dieu : il lave ses mains. Or, les mains signifient les œuvres ; et le Prêtre, s’il porte en lui-même, comme Prêtre, le caractère de Jésus-Christ, est un homme par les œuvres. Que les fidèles s’humilient en contemplant ainsi l’humilité de leur Père, et disent comme lui :
DU PSAUME XXV.
Lavabo inter innocentes manus meas : et circumdabo altare tuum , Domine.
Ut audiam vocem laudis : et enarrem universa mirabilia tua.
Domine, dilexi decorem domus tua : : et locum habitationis gloriae tuae.
Ne perdas cum impiis, Deus, animam meam : et cum viris sanguinum vitam meam.
In quorum manibus iniquitates sunt : dextera eorum repleta est muneribus.
Ego autem in innocentia mea ingressus sum : redime me, et miserere mei.
Pes meus stetit in directo : in ecclesiis benedicam te, Domine.
Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto ;
Sicut erat in principio, et nunc, et semper, et in sæcula sæculorum. Amen.
Je veux laver mes mains. Seigneur, et me rendre semblable à ceux qui sont dans l’innocence, pour être digne d’approcher de votre autel, d’entendre vos sacrés Cantiques, et de raconter vos merveilles. J’aime la beauté de votre Maison, le lieu dont vous allez faire l’habitation de votre gloire. Ne me laissez pas retourner, ô Dieu ! dans la compagnie de vos ennemis et des miens. Depuis que votre miséricorde m’en a retiré, je suis revenu à l’innocence, en rentrant en grâce avec vous ; mais ayez encore pitié de mes faiblesses, rachetez-moi encore, vous qui avez, par votre bonté, remis mes pas dans le sentier : ce dont je vous rends grâces au milieu de cette assemblée. Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit ; comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
Le Prêtre, rassuré par l’acte d’humilité qu’il vient d’accomplir, reparaît au milieu de l’autel et s’incline respectueusement. Il demande à Dieu de recevoir avec bonté le Sacrifice qui va lui être offert, et détaille les intentions de ce Sacrifice. Offrons avec lui.
Suscipe, sancta Trinitas, hanc oblationem, quam tibi offerimus ob memoriam Passionis , Resurrectionis, et Ascensionis Jesu Christi Domini nostri, et in honorem beatae Mariae semper Virginis, et beati Johannis Baptistae , et sanctorum Apostolorum Petri et Pauli, et istorum, et omnium Sanctorum : ut illis proficiat ad honorem , nobis autem ad salutem : et illi pro nobis intercedere dignentur in cœlis, quorum memoriam agimus in terris. Per eumdem Christum Dominum nostrum. Amen.
Trinité sainte, agréez ce Sacrifice ainsi préparé, qui va renouveler la mémoire de la Passion, de la Résurrection et de l’Ascension de Jésus-Christ, notre Seigneur. Souffrez que votre Église y joigne l’intention d’honorer la glorieuse Vierge qui nous a donné le divin fruit de ses entrailles, les saints Apôtres Pierre et Paul, les Martyrs dont les ossements attendent la résurrection sous cet autel, et les Saints dont aujourd’hui nous honorons la mémoire. Augmentez la gloire dont ils jouissent, et qu’ils daignent eux-mêmes intercéder pour notre salut.
Le Prêtre se retourne une dernière fois vers le peuple. Il sent le besoin de raviver encore l’ardeur des fidèles. La pensée de son indignité ne l’abandonne point. Il veut s’appuyer sur les prières de ses frères, avant d’entrer dans la nuée avec le Seigneur. Il dit donc :
Orate , Fratres : ut meum ac vestrum sacrificium acceptabile fiat apud Deum Patrem omnipotentem.
Priez, mes Frères, afin que mon Sacrifice, qui est aussi le vôtre, soit acceptable auprès de Dieu le Père tout-puissant.
Cela dit, il se retourne ; et les fidèles ne verront plus sa face, jusqu’à ce que le Seigneur lui-même soit descendu. Rassurez-le, en lui répondant par ce souhait :
Suscipiat Dominus sacrificium de manibus tuis, ad laudem et gloriam Nominis sui , ad utilitatem quoque nostram, totiusque Ecclesiae suae sanctae.
Que le Seigneur reçoive ce Sacrifice de vos mains, pour la louange et la gloire de son Nom, pour notre utilité et pour celle de toute sa sainte Église.
Le Prêtre récite les Oraisons secrètes, dans lesquelles il offre les vœux de toute l’Église pour l’acceptation du Sacrifice ; et bientôt il s’apprête à remplir l’un des plus grands devoirs de la Religion, l’Action de grâces. Jusqu’ici, il a adoré, il a demandé miséricorde ; il lui reste encore à rendre grâces pour les bienfaits octroyés par la munificence du Père, et dont le principal, en ces jours, est la faveur qu’il nous accorde de pouvoir satisfaire à sa justice par les expiations de ce saint temps ; le Prêtre, au nom de l’Église, va ouvrir la bouche et épancher la reconnaissance du monde entier. Afin donc de réveiller la piété des fidèles qui priaient en silence avec lui, il termine son Oraison à haute voix :
Per omnia sæcula sæculorum.
Dans tous les siècles des siècles.
Réunissez-vous à lui, et répondez : Amen !
Il vous salue en disant :
Dominus vobiscum.
Le Seigneur soit avec vous.
Répondez-lui :
Et cum spiritu tuo.
Et avec votre esprit.
Puis il dit :
Sursum corda !
Les cœurs en haut !
Répondez avec vérité :
Habemus ad Dominum.
Nous les avons vers le Seigneur.
Puis il ajoute :
Gratias agamus Domino Deo nostro.
Rendons grâces au Seigneur notre Dieu.
Protestez du fond de votre âme :
Dignum et justum est.
C’est une chose digne et juste.
Alors, le Prêtre :
PREFACE.
Vere dignum et justum est, æquum et salutare , nos tibi semper et ubique gratias agere : Domine sancte, Pater omnipotens , æterne Deus ; Quia per incarnati Verbi mysterium nova mentis nostrae oculis lux tuae claritatis infulsit: ut, dum visibiliter Deum cognoscimus, per hunc invisibilium amorem rapiamur. Et ideo cum Angelis et Archangelis, cum Thronis et Dominationibus cumque omni militia caelestis exercitus hymnum gloriae tuae canimus, sine fine dicentes:
Oui, c’est une chose digne et juste, équitable et salutaire , de vous rendre grâces en tout temps et en tous lieux, Seigneur saint, Père tout-puissant , Dieu éternel ; de ce que , par le mystère de l'incarnation du Verbe, un nouveau rayon de votre splendeur est venu luire aux yeux de notre âme. O bienfait digne d'une éternelle reconnaissance ! Dieu se fait connaître à nous d'une manière visible, afin que, par cette vue nous soyons ravis en l'amour des beautés invisibles. Donc, avec les Anges et les Archanges, avec les trônes et les Dominations, avec l'armée entière des cieux, nous chantons l'hymne de votre gloire, disant, sans jamais cesser : Saint ! Saint ! Saint !
Cette Préface se dit le jour de Noël, pendant toute l'Octave, en la fête du Saint Nom de Jésus, et au jour de la Purification de la Sainte Vierge. On trouvera en leur lieu les Préfaces de l’Épiphanie, de la Sainte Trinité et des Apôtres.
Enfin, nous plaçons ici la Préface commune, que l'on emploie à toutes les Messes qui n'en ont pas de propre.
Vere dignum et iustum est, aéquum et salutáre, nos tibi semper et ubíque grátias ágere: Dómine, sancte Pater, omnípotens aetérne Deus: per Christum Dóminum nostrum. Per quem maiestátem tuam láudant Angeli, adórant Dominatiónes, trémunt Potestátes, Coéli coelorúmque Virtútes, ac beáta Séraphim, sócia exsultatióne concélebrant. Cum quibus et nostras voces ut admítti iúbeas, deprecámur, súpplici confessióne dicéntes.
Oui, c'est une chose digne et juste, équitable et salutaire, de vous rendre grâces en tout temps et en tous lieux, Seigneur saint, Père tout-puissant, Dieu éternel, par Jésus-Christ notre Seigneur. Par qui les Anges louent votre Majesté, les Dominations l'adorent, les Puissances la révèrent en tremblant, les Cieux et les Vertus des cieux, et les heureux Séraphins la célèbrent avec transport. Daignez permettre à nos voix de s'unir à leurs voix, afin que nous puissions tous dire dans une humble confession: Saint ! Saint ! Saint !
Unissez-vous au Prêtre, qui lui-même s’unit aux Esprits bienheureux, pour honorer la suprême Majesté, et dites aussi :
Sanctus, Sanctus,Sanctus Dominus Deus sabaoth !
Saint, Saint, Saint est le Seigneur, le Dieu des armées !
Pleni sunt cœli et terra gloria tua.
Les cieux et la terre sont remplis de sa gloire.
Hosanna in excelsis !
Hosannah au plus haut des cieux !
Benedictus qui venit in Nomine Domini.
Béni soit celui qui va venir au Nom du Seigneur qui l’envoie.
Hosanna in excelsis !
Hosannah soit à lui au plus haut des cieux !
Le Canon s’ouvre après ces paroles : prière mystérieuse, au milieu de laquelle le ciel s’abaisse, et Dieu descend. On n’entendra plus retentir la voix du Prêtre ; le silence se fait, même à l’autel. Ce fut aussi, dit le livre de la Sagesse, « au milieu du silence, et au sein des ombres d'une nuit mystérieuse, que le Verbe tout-puissant s'élança de sa royale demeure. » Qu’un respect profond apaise nos distractions, contienne toutes nos puissances ; suivons d’un œil respectueux les mouvements du Prêtre.
LE CANON DE LA MESSE.
Dans ce colloque mystérieux avec le grand Dieu du ciel et de la terre, la première prière du sacrificateur est pour l’Église catholique, sa Mère et la nôtre.
Te igitur , clementissime Pater, per Jesum Christum Filium tuum Dominum nostrum supplices rogamus ac petimus, uti accepta habeas,et benedicas haec dona, haec munera, haec sancta sacrificia illibata ; in primis quae tibi offerimus pro Ecclesia tua sancta catholica : quam pacificare, custodire, adunare, et regere digneris toto orbe terrarum, una cum famulo tuo Papa nostro N., et Antistite nostro N., et omnibus orthodoxis, atque catholicae et apostolica ; fidei cultoribus.
O Dieu ! qui vous manifestez au milieu de nous par le moyen des Mystères dont vous avez fait dépositaire notre Mère la sainte Église, nous vous supplions, au nom de ce divin Sacrifice, de détruire tous les obstacles qui s’opposent à son pèlerinage en ce monde. Donnez-lui la paix et l’unité ; conduisez vous-même notre Saint-Père le Pape, votre vicaire sur la terre : dirigez notre Évêque qui est pour nous le lien sacré de l’unité ; sauvez le prince qui nous gouverne, afin que nous menions une vie tranquille ; conservez tous les orthodoxes enfants de l’Église Catholique-Apostolique-Romaine.
Priez maintenant, avec le Prêtre, pour les personnes qui vous intéressent davantage :
Memento, Domine, famulorum famularumque tuarum N. et N., et omnium circumstantium, quorum tibi fides cognita est, et nota devotio : pro quibus tibi offerimus, vel qui tibi offerunt hoc sacrificium laudis, pro se suisque omnibus, pro redemptione animarum suarum, pro spe salutis et incolumitatis suae, tibique reddunt vota sua æterno Deo vivo et vero.
Permettez-moi, ô mon Dieu, de vous demander de répandre vos bénédictions spéciales sur vos serviteurs et vos servantes , pour lesquels vous savez que j’ai une obligation particulière de prier... Appliquez-leur les fruits de ce divin Sacrifice, qui vous est offert au nom de tous. Visitez-les par votre grâce ; pardonnez leurs péchés ; accordez-leur les biens de la vie présente et ceux de la vie éternelle.
Faisons mémoire des Saints, qui sont la partie déjà glorieuse du Corps de Jésus-Christ.
Communicantes, et memoriam venerantes, in primis gloriosæ, semper Virginis Mariæ, Genitricis Dei et Domini nostri Jesu Christi : sed et beatorum Apostolorum ac Martyrum tuorum Pétri et Pauli , Andriae, Jacobi, Johannis,Tomae, Jacobi, Philippi, Bartholomaei, Matthæi, Simonis et Thaddæi, Lini, Cleti, Clementis, Xysti, Cornelii, Cypriani, Laurentii, Chrysogoni, Joannis et Pauli, Cosmae et Damiani, et omnium Sanctorum tuorum : quorum meritis precibusque concedas , ut in omnibus protectionis tua ; muniamur auxilio. Per eumdem Christum Dominum nostrum. Amen.
Mais non seulement, ô mon Dieu , l’offrande de ce Sacrifice nous unit à nos frères qui sont encore dans cette vie voyagère de l’épreuve : il resserre aussi nos liens avec ceux qui déjà sont établis dans la gloire. Nous l’offrons donc pour honorer la mémoire de la glorieuse et toujours Vierge Marie, de laquelle est né notre Sauveur ; des Apôtres, des Martyrs, des Confesseurs, des Vierges, en un mot de tous les Justes, afin qu’ils nous aident par leur puissant secours à devenir dignes de vous contempler à jamais comme eux, dans le séjour de votre gloire.
Le Prêtre, qui jusque-là priait les mains étendues, les unit et les impose sur le pain et le vin. Il imite ainsi le geste du Pontife de l’ancienne loi sur la victime figurative, pour désigner ces dons d’une manière spéciale à l’œil de la Majesté divine, comme l’offrande matérielle qui atteste notre dépendance, et qui va bientôt faire place à l’Hostie vivante sur laquelle ont été placées toutes nos iniquités.
Hanc igitur oblationem servitutis nostrae, sed et cunctae familiae tuae, quaesumus Domine, ut placatus accipias ; diesque nostros in tua pace disponas, atque ab alterna damnatione nos eripi , et in electorum tuorum jubeas grege numerari. Per Christum Dominum nostrum. Amen.
Daignez recevoir, ô Dieu ! cette offrande que toute votre famille vous présente, comme l’hommage de son heureuse servitude. En échange, donnez-nous la paix, sauvez-nous de votre colère, mettez-nous au nombre de vos élus ; par Jésus-Christ notre Seigneur qui va paraître.
Quam oblationem tu Deus in omnibus, quaesumus, benedictam, adscriptam, ratam, rationabilem, acceptabilemque facere digneris ; ut nobis Corpus et Sanguis fiat dilectissimi Filii tui Domini nostri Jesu Christi.
Car il est temps que ce pain devienne son Corps sacré qui est notre nourriture, et que ce vin se transforme en son Sang qui est notre breuvage ; ne tardez donc plus à nous introduire en la présence de ce divin Fils notre Sauveur.
Ici le Prêtre cesse d’agir en homme ; il n’est plus simplement le député de l’Église. Sa parole devient celle de Jésus-Christ ; elle en a la puissance et l’efficacité. Prosternez-vous, car Dieu lui-même va descendre sur l’autel.
Qui pridie quam pateretur, accepit panem in sanctas ac venerabiles manus suas ; et elevatis oculis in cœlum, ad te Deum Pat rem suum omnipotentem, tibi gratias agens, benedixit, fregit, deditque discipulis suis, dicens : Accipite, et manducate ex hoc omnes : HOC EST ENIM CORPUS MEUM.
Que ferai-je en ce moment, ô Dieu du ciel et de la terre ! Sauveur ! Messie tant désiré ! si ce n’est de vous adorer en silence comme mon souverain Maître, de vous offrir mon cœur, comme à son Roi plein de douceur ? Venez donc, Seigneur Jésus ! Venez !
L’Agneau divin est maintenant au milieu de nous. Gloire et amour soient à lui ! Mais il ne vient que pour être immolé ; c’est pourquoi le Prêtre, ministre des volontés du Très-Haut, prononce tout aussitôt sur le calice ces paroles sacrées qui opèrent la mort mystique par la séparation du Corps et du Sang de la victime. La substance du pain et du vin s’est évanouie, les espèces seules sont restées comme un voile sur le Corps et le Sang du Rédempteur, afin que la terreur ne nous éloigne pas d’un mystère qui ne s’accomplit que pour rassurer nos cœurs. Unissons-nous aux Anges qui contemplent en tremblant cette divine merveille.
Simili modo postquam coenatum est, accipiens et hunc praeclarum Calicem in sanctas ac venerabiles manus suas : item tibi gratias agens, benedixit, deditque discipulis suis, dicens : Accipite et bibite ex eo omnes. HIC EST ENIM CALIX SANGUINIS MEI, NOVI ET AETERNI TESTAMENTI : MYSTERIUM FIDEI : QUI PRO VOBIS ET PRO MULTIS EFFUNDETUR IN REMISSIONEM PECCATORUM. Haec quotiescumque feceritis, in mei memoriam facietis.
Sang divin, prix de mon salut, je vous adore. Lavez mes iniquités, et rendez-moi plus blanc que la neige. Agneau sans cesse immolé, et cependant toujours vivant, vous venez effacer les péchés du monde ; venez aussi régner en moi par votre force et par votre douceur.
Le Prêtre est maintenant face à face avec Dieu ; il élève de nouveau ses bras, et représente au Père céleste que l’Oblation qui est devant lui n’est plus une offrande matérielle, mais le Corps et le Sang, la personne tout entière de son divin Fils.
Unde et memores, Domine, nos servi tui, sed et plebs tua sancta, ejusdem Christi Filii tui Domini nostri tam beatae Passionis, nec non et ab inferis Resurrectionis, sed et in cœlos gloriosae Ascensionis : offerimus praeclarae majestati tuae de tuis donis ac datis Hostiam puram, Hostiam sanctam, Hostiam immaculatam : Panem sanctum vitae aeternae, et Calicem salutis perpetuae.
La voici donc, ô Père saint ! l’Hostie si longtemps attendue. Voici ce Fils éternel qui a souffert, qui est ressuscité glorieux, qui est monté triomphant au ciel. Il est votre Fils ; mais il est aussi notre Hostie, Hostie pure et sans tache, notre Pain et notre Breuvage d’immortalité.
Supra quae propitio ac sereno vultu respicere digneris, et accepta habere, sicuti accepta habere dignatus es munera pueri tui justi Abel, et sacrificium Patriarchae nostri Abrahae, et quod tibi obtulit summus Sacerdos tuus Melchisedech, sanctum sacrificium, immaculatam hostiam.
Vous avez agréé autrefois le sacrifice des tendres agneaux que vous offrait Abel ; le sacrifice qu’Abraham vous fit de son fils Isaac, immolé sans perdre la vie ; enfin le sacrifice mystérieux du pain et du vin que vous présenta Melchisédech. Recevez ici l’Agneau par excellence, la victime toujours vivante, le Corps de votre Fils qui est le Pain de vie, son Sang qui est à la fois un breuvage pour nous et une libation à votre gloire.
Le Prêtre s’incline vers l’autel, et le baise comme le trône d’amour sur lequel réside le Sauveur des hommes. Saluez-le comme la crèche en laquelle est couché, enveloppé des langes eucharistiques, le Verbe qui a dit aux hommes : Je suis le Pain de vie.
Supplices te rogamus, omnipotens Deus : jube hæc perferri per manus sancti Angeli tui in sublime Altare tuum, in conspectu divinæ Majestatis tuae : ut quotquot ex hac altaris participatione, sacrosanctum Filii tui Corpus et Sanguinem sumpserimus, omni benedictione cœlesti et gratia repleamur. Per eumdem Christum Dominum nostrum. Amen.
Mais , ô Dieu tout-puissant, ces dons sacrés ne reposent pas seulement sur cet autel terrestre ; ils sont aussi sur l’Autel sublime du ciel, devant le trône de votre divine Majesté ; et ces deux autels ne sont qu’un même autel, sur lequel s’accomplit le grand mystère de votre gloire et de notre salut : daignez nous rendre participants du Corps et du Sang de l’auguste Victime, de laquelle émanent toute grâce et toute bénédiction.
Mais le moment est favorable aussi pour implorer un soulagement à l’Église souffrante. Demandons que le Libérateur, qui est descendu, daigne visiter les sombres demeures du Purgatoire par un rayon de sa lumière consolatrice ; et que, découlant de cet autel, le sang de l’Agneau, comme une miséricordieuse rosée, rafraîchisse ces âmes haletantes. Prions particulièrement pour celles qui nous sont chères.
Memento etiam, Domine, famulorum famularumque tuarum N. et N. qui nos praecesserunt cum signo fidei, et dormiunt in somno pacis. Ipsis, Domine, et omnibus in Christo quiescentibus, locum refrigerii, lucis et pacis, ut indulgeas, deprecamur. Per eumdem Christum Dominum nostrum. Amen.
N’excluez personne de votre visite, ô Jésus ! Votre aspect réjouit la cité sainte avec ses élus ; nos veux encore mortels vous contemplent, quoique sous un voile ; ne vous cachez plus à ceux de nos frères qui sont dans le lieu des expiations. Soyez-leur un rafraîchissement dans leurs flammes, une lumière dans leurs ténèbres, une paix dans leurs douloureux transports.
Ce devoir de charité étant rempli, prions pour nous-mêmes pécheurs, qui profitons si peu de la visite que le Sauveur daigne nous faire, et frappons notre poitrine avec le Prêtre :
Nobis quoque peccatoribus famulis tuis, de multitudine miserationum tuarum sperantibus, partem aliquam et societatem donare digneris cum tuis sanctis Apostolis et Martyribus ; cum Iohanne, Stephano, Mathia, Barnaba, Ignatio, Alexandro, Marcellino, Petro, Felicitate, Perpetua, Agatha, Lucia, Agnete, Caecilia, Anastasia et omnibus Sanctis tuis ; intra quorum nos consortium, non aestimator meriti, sed veniae, quaesumus, largitor admitte : per Christum Dominum nostrum. Per quem haec omnia, Domine, semper bona creas, sanctificas, vivificas, benedicis et praestas nobis : per ipsum, et cum ipso, et in ipso, est tibi Deo Patri omnipotenti, in unitate Spiritus Sancti, omnis honor et gloria.
Nous sommes pécheurs, ô Père saint ! et cependant nous attendons de votre infinie miséricorde une part dans votre royaume, par le mérite de ce Sacrifice que nous vous offrons, et non à cause de nos œuvres, qui ne sont dignes que de votre colère. Mais souvenez-vous de vos saints Apôtres, de vos saints Martyrs, de vos saintes Vierges, de tous les Bienheureux, et donnez-nous, par leur intercession, la grâce et la gloire éternelle que nous vous demandons au nom de Jésus-Christ notre Seigneur, votre Fils. C’est par lui que vous répandez sur nous vos bienfaits de vie et de sanctification ; par lui encore, avec lui et en lui, dans l’unité du Saint-Esprit, soit à vous honneur et gloire à jamais.
En disant ces dernières paroles, le Prêtre a pris l’Hostie sainte qui reposait sur l’autel ; il l’a placée au-dessus de la coupe, réunissant ainsi le Corps et le Sang de la divine victime, afin de montrer qu’elle est maintenant immortelle ; puis, élevant à la fois le Calice et l’Hostie, il a présenté à Dieu le plus noble et le plus complet hommage que puisse recevoir la Majesté infinie.
Cet acte sublime et mystérieux met fin au Canon ; le silence des Mystères est suspendu. Le Prêtre a terminé ses longues supplications ; il sollicite pour ses prières l’acquiescement du peuple fidèle, en prononçant à haute voix les dernières paroles :
Per omnia sæcula sæculorum.
Dans tous les siècles des siècles.
Répondez avec foi et dans un sentiment d’union avec la sainte Église :
Amen.
Amen ! je crois le mystère qui s’est opéré, je m’unis à l’offrande qui a été faite et aux demandes de l’Église.
Il est temps de répéter la prière que le Sauveur lui-même nous a apprise. Qu’elle s’élève jusqu’au ciel avec le Sacrifice du Corps et du Sang de Jésus-Christ. Pourrait-elle n’être pas agréée, en ce moment où celui-là même qui nous l’a donnée est entre nos mains, pendant que nous la proférons ? Cette prière étant le bien commun de tous les enfants de Dieu, le Prêtre la récite à haute voix, afin que tous puissent s’y unir. Prions, dit-il.
Oremus. Praeceptis salutaribus moniti, et divina institutione formati, audemus dicere :
Instruits par un précepte salutaire, et suivant fidèlement la forme de l’instruction divine qui nous a été donnée, nous osons dire :
L’ORAISON DOMINICALE.
Pater noster, qui es in cœlis : Sanctificetur Nomen tuum : Adveniat regnum tuum : Fiat voluntas tua sicut in cœlo et in terra. Panem nostrum quotidianum da nobis hodie : Et dimitte nobis debita nostra, sicut et nos dimittimus debitoribus nostris : Et ne nos inducas in tentationem.
Notre Père qui êtes aux cieux, que votre Nom soit sanctifié ; que votre règne arrive ; que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donnez-nous aujourd’hui notre Pain quotidien ; et pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. Et ne nous laissez pas succomber à la tentation.
Répondons avec l’accent de notre misère :
Sed libera nos a malo.
Mais délivrez-nous du mal.
Le Prêtre retombe dans le silence des Mystères. Sa prière insiste sur cette dernière demande : Délivrez-nous du mal ; et certes avec raison ; car le mal nous déborde ; et c’est pour l’expier et le détruire que nous a été envoyé l’Agneau.
Libera nos, quaesumus Domine, ab omnibus malis, praeteritis, praesentibus et futuris : et intercedente beata et gloriosa semper Virgine Dei Genitrice Maria , cum beatis Apostolis tuis Petro et Paulo, atque Andrea, et omnibus Sanctis , da propitius pacem in diebus nostris : ut ope misericordiae tuae adjuti, et a peccato simus semper liberi, et ab omni perturbatione securi. Per eumdem Dominum nostrum Jesum Christum Filium tuum , qui tecum vivit et regnat in unitate Spiritus Sancti Deus.
Trois sortes de maux nous désolent, Seigneur : les maux passés, c’est-à-dire les péchés dont notre âme porte les cicatrices, et qui ont fortifié ses mauvais penchants ; les maux présents, c’est-à-dire les taches actuellement empreintes sur cette pauvre âme, sa faiblesse et les tentations qui l’assiègent ; enfin les maux à venir, c’est-à-dire les châtiments de votre justice. En présence de l’Hostie du salut, nous vous prions, Seigneur, de nous délivrer de tous ces maux, et d’agréer en notre faveur l’entremise de Marie, Mère de Dieu, et de vos saints Apôtres Pierre, Paul et André. Affranchissez-nous, délivrez-nous, donnez-nous la paix. Par Jésus-Christ votre Fils, qui vit et règne avec vous.
Le Prêtre, qui vient de demander à Dieu la Paix, et qui l’a obtenue, s’empresse de l’annoncer ; il conclut l’Oraison à haute voix :
Per omnia sæcula sæculorum. r. Amen.
Dans tous les siècles des siècles. r. Amen.
Puis il dit :
Pax Domini sit semper vobiscum.
Que la paix du Seigneur soit toujours avec vous !
Répondez à ce souhait paternel :
Et cum spiritu tuo.
Et avec votre esprit.
Le Mystère touche à sa fin ; Dieu va s’unir à l’homme, et l’homme va s’unir à Dieu parla Communion ; mais auparavant un rite imposant et sublime doit s’accomplir dans le silence de l’autel. Jusqu’ici le Prêtre a annoncé l’immolation du Seigneur ; il est temps qu’il annonce sa Résurrection. Il divise donc l’Hostie sainte avec révérence, et l’ayant séparée en trois parts, il met une de ces parts dans le Calice, réunissant ainsi le Corps et le Sang de l’immortelle Victime. Adorez et dites :
Haec commixtio et consecratio Corporis et Sanguinis Domini nostri Jesu Christi, fiat accipientibus nobis in vitam aeternam. Amen.
Gloire à vous, Sauveur du monde, qui avez souffert que. dans votre Passion, votre précieux Sang fût séparé de votre sacré Corps, et qui les avez réunis ensuite par votre vertu !
Priez maintenant l’Agneau divin , toujours vivant, que saint Jean a vu sur l'autel du ciel, debout, quoique immolé, et dites à ce souverain Roi :
Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, miserere nobis.
Agneau de Dieu, qui ôtez les péchés du monde, ayez pitié de nous.
Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, miserere nobis.
Agneau de Dieu, qui ôtez les péchés du monde, ayez pitié de nous.
Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, dona nobis pacem.
Agneau de Dieu, qui ôtez les péchés du monde, donnez-nous la Paix.
La Paix est le grand objet de la venue du Sauveur en ce monde : il est le Prince de la Paix : le divin Sacrement de l’Eucharistie doit donc être le Mystère de la Paix, le lien de l’Unité catholique ; puisque, comme parle l’Apôtre, nous ne sommes tous qu’un seul Pain et un seul Corps, nous tous qui participons au même Pain. C’est pourquoi le Prêtre, au moment de communier à l’Hostie sainte, demande la conservation de la paix fraternelle, principalement dans cette portion de la sainte Église qui est là réunie autour de l’autel. Implorez-la avec lui.
Domine Jesu Christe, qui dixisti Apostolis tuis : Pacem relinquo vobis, pacem meam do vobis : ne respicias peccata mea, sed fidem Ecclesiae tuae : eamque secundum voluntatem tuam pacificare et coadunare digneris. Qui vivis et regnas Deus, per omnia sæcula sæculorum. Amen.
Seigneur Jésus-Christ, qui avez dit à vos Apôtres : « Je vous laisse ma paix, je vous donne ma paix », ne regardez pas mes péchés, mais la foi de cette assemblée qui est à vous, et daignez la pacifier et la réunir selon votre sainte volonté. Vous qui étant Dieu, vivez et régnez dans tous les siècles de siècles. Amen.
Après cette Oraison, le Prêtre, en signe de Paix, si la Messe est solennelle, donne le baiser fraternel au Diacre qui le donne lui-même au Sous-Diacre, lequel va le porter au Chœur. Pendant ce temps, ranimez en vous les sentiments de la charité chrétienne, et pardonnez à vos ennemis, si vous en avez. Dites ensuite avec le Prêtre :
Domine Jesu Christe, Fili Dei vivi, qui ex voluntate Patris, cooperante Spiritu Sancto, per mortem tuam mundum vivificasti : libera me per hoc sacrosanctum Corpus, et Sanguinem tuum, ab omnibus iniquitatibus meis, et universis malis, et fac me tuis semper inhaerere mandatis, et a te nunquam separari permittas. Qui cum eodem Deo Patre et Spiritu Sancto vivis et régnas Deus in sæcula sæculorum, Amen.
Seigneur Jésus-Christ, Fils du Dieu vivant, qui, par la volonté du Père et la coopération du Saint-Esprit, avez donné par votre mort la vie au monde ; délivrez-moi par ce saint et sacré Corps, et par votre Sang, de tous mes péchés et de toutes sortes de maux. Faites que je m’attache toujours inviolablement à votre loi, et ne permettez pas que je me sépare jamais de vous.
Si vous devez communier à cette Messe, dites la troisième Oraison qui suit ; autrement, préparez-vous à faire la Communion spirituelle.
Perceptio Corporis tui, Domine Jesu Christe, quod ego indignus sumere præsumo, non mihi proveniat in judicium et condemnationem ; sed pro tua pietate prosit mihi ad testamentum mentis et corporis, et ad medelam percipiendam. Qui vivis et regnas cum Deo Patre, in unitate Spiritus Sancti Deus, per omnia sæcula sæculorum. Amen.
Seigneur Jésus-Christ , faites que la réception de votre Corps, que je me propose de prendre, tout indigne que j’en suis, ne tourne pas à mon jugement et à ma condamnation ; mais que, par votre bonté, il me serve de défense pour mon âme et pour mon corps, et qu’il me soit un remède salutaire.
Quand le Prêtre prend l’Hostie et se dispose à s’en communier, dites :
Panem coelestem accipiam, et Nomen Domini invocabo.
Venez, Seigneur Jésus !
Quand il frappe sa poitrine et confesse son indignité, répétez avec lui, trois fois, dans les sentiments du Centurion de l’Évangile :
Domine, non sum dignus ut intres sub tectum meum : sed tantum die verbo, et sanabitur anima mea.
Seigneur, je ne suis pas digne que vous entriez en moi, mais dites seulement une parole, et mon âme sera guérie.
Au moment où il consomme la sainte Hostie, si vous devez vous-même communier, adorez profondément votre Dieu qui s’apprête à descendre en vous, et dites encore avec l’Épouse : Venez, Seigneur Jésus ! (Apoc. XXII, 20.)
Si vous ne devez pas communier sacramentellement, communiez en ce moment spirituellement, et adorant Jésus-Christ qui visite votre âme par sa grâce, dites :
Corpus Domini nostri Jesu Christi custodiat animam meam in vitam aeternam. Amen.
Je me donne à vous, ô mon Sauveur, pour être votre demeure : faites en moi selon votre bon plaisir.
Puis le Prêtre prend le Calice avec action de grâces, disant :
Quid retribuam Domino pro omnibus quae retribuit mihi ? Calicem salutaris accipiam, et Nomen Domini invocabo. Laudans invocabo Dominum, et ab inimicis meis salvus ero.
Que pourrai-je rendre à Dieu pour tous les biens qu’il m’a faits ? Je prendrai le Calice du salut, j’invoquerai le Nom du Seigneur, et je serai délivré de mes ennemis.
Si vous devez communier, dans le moment où le Prêtre prend le Calice pour s’abreuver du Sang divin, adorez encore le Dieu qui s’approche de vous, et dites toujours : Venez, Seigneur Jésus !
Si, au contraire, vous faites seulement la Communion spirituelle, adorez de nouveau Jésus-Christ, et dites :
Sanguis Domini nostri Jesu Christi custodiat animam meam in vitam aeternam. Amen.
Je m’unis à vous, ô mon Sauveur ! unissez-vous à moi ; que nous ne nous séparions jamais !
C’est à ce moment, si vous devez communier, que le Prêtre vous donnera le Corps de Jésus-Christ. Les sentiments que l’on doit apporter à la Sainte Communion, au Temps du Carême, sont développés ci-après, Chapitre VI.
La Communion étant faite, pendant que le Prêtre purifie le Calice pour la première fois, dites :
Quod ore sumpsimus, Domine, pura mente capiamus : et de munere temporali fiat nobis remedium sempiternum.
Vous m’avez visité dans le temps , ô mon Dieu ! Faites que je garde les fruits de cette visite pour l’éternité.
Pendant que le Prêtre purifie le Calice pour la seconde fois, dites :
Corpus tuum, Domine, quod sumpsi, et Sanguis quem potavi, adhaereat visceribus meis : et praesta ut in me non remaneat scelerum macula, quem pura et sancta refecerunt Sacramenta. Qui vivis et regnas in sæcula sæculorum. Amen.
Béni soyez-vous, ô mon Sauveur, qui m’avez initié au sacré mystère de votre Corps et de votre Sang. Que mon cœur et mes sens conservent, par votre grâce, la pureté que vous leur avez donnée, et que votre sainte présence demeure toujours en moi. Amen.
Le Prêtre ayant lu l’Antienne dite Communion, qui est le commencement de l’Action de Grâces pour le nouveau bienfait que Dieu vient de nous accorder en renouvelant en nous sa présence, se retourne enfin vers le peuple et le salue ; après quoi il récite les Oraisons appelées Postcommunion, qui sont le complément de l’Action de Grâces. Joignez-vous encore à lui, remerciant Dieu pour le bien inénarrable dont il vous a comblé, et demandez avec ardeur l'Avènement du Messie, qui vient accomplir les augustes mystères dont le renouvellement sur l'autel est le principal soutien de la vie chrétienne.
Les Oraisons terminées, le Prêtre se tourne de nouveau vers le peuple, et lui envoie le salut, pour se féliciter avec lui de l’insigne faveur que Dieu vient d’accorder à l’assistance ; il dit :
Dominus vobiscum.
Le Seigneur soit avec vous.
Répondez-lui :
Et cum spiritu tuo.
Et avec votre esprit.
Le Diacre ensuite, ou le Prêtre lui-même, si la Messe n’est pas solennelle, dit ces paroles :
Benedicamus Domino.
Bénissons le Seigneur.
Si la Messe n’est pas du Dimanche, ou d’une Férié du Carême, il dit à l’ordinaire :
Ite, Missa est.
Retirez-vous : la Messe est finie.
Remerciez Dieu de la grâce qu’il vient de vous faire, en répondant :
Deo gratias.
Grâces soient rendues à Dieu.
Le Prêtre prie une dernière fois avant de vous bénir ; priez avec lui :
Placeat tibi , sancta Trinitas, obsequium servitutis meae et praesta ut sacrificium, quod oculis tuae Majestatis indignus obtuli, tibi sit acceptabile, mihique, et omnibus, pro quibus illud obtuli, sit, te miserante, propitiabile. Per Christum Dominum nostrum. Amen.
Grâces vous soient rendues, adorable Trinité, pour la miséricorde dont vous avez daigné user envers moi, en me permettant d’assister à ce divin Sacrifice ; pardonnez la négligence et la froideur avec lesquelles j’ai reçu un si grand bienfait, et daignez ratifier la bénédiction que votre ministre va répandre sur moi en votre saint Nom.
Le Prêtre étend ses mains et bénit, en disant :
Benedicat vos omnipotens Deus, Pater, et Filius, et Spiritus Sanctus. Amen.
Que le Dieu tout-puissant, vous bénisse : le Père, le Fils et le Saint-Esprit ! Amen.
Il lit enfin la Leçon de l’Évangile selon saint Jean, qui annonce l’éternité du Verbe et la miséricorde qui l’a porté à prendre notre chair et à habiter en nous, afin de nous arracher à nos ténèbres et de nous rendre Enfants de Dieu.
v. Dominus vobiscum ;
v. Le Seigneur soit avec vous ;
r. Et cum spiritu tuo.
r. Et avec votre esprit.
LE DERNIER EVANGILE
Initium sancti Evangelii secundum Johannem. Cap. I.
Le commencement du saint Évangile selon saint Jean. Chap. I.
In principio erat Verbum, et Verbum erat apud Deum, et Deus erat Verbum. Hoc erat in principio apud Deum. Omnia per ipsum facta sunt ; et sine ipso factum est nihil. Quod factum est, in ipso vita erat, et vita erat lux hominum : et lux in tenebris lucet, et tenebrae eam non comprehenderunt. Fuit homo missus a Deo, cui nomen erat Johannes. Hic venit in testimonium, ut testimonium perhiberet de lumine, ut omnes crederent per illum. Non erat ille lux, sed ut testimonium perhiberet de lumine. Erat lux vera, quæ illuminat omnem hominem venientem in hunc mundum. In mundo erat, et mundus per ipsum factus est, et mundus eum non cognovit. In propria venit, et sui eum non receperunt. Quotquot autem receperunt eum, dedit eis potestatem filios Dei fieri, his qui credunt in Nomine ejus : qui non ex sanguinibus, neque ex voluntate carnis, neque ex voluntate viri, sed ex Deo nati sunt. ET VERBUM CARO FACTUM EST, et habitavit in nobis : et vidimus gloriam ejus, gloriam quasi Unigeniti a Patre, plenum gratia et veritatis.
Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était dans le principe avec Dieu. Toutes choses ont été faites par lui : et rien n’a été fait sans lui. Ce qui a été fait était vie en lui, et la vie était la lumière des hommes : et la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point comprise. Il y eut un homme envoyé de Dieu qui s’appelait Jean. Il vint pour servir de témoin, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui. Il n’était pas la lumière, mais il était venu pour rendre témoignage à celui qui était la lumière. Celui-là était la vraie lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde. Il était dans le monde, et le monde a été fait par lui, et le monde ne l’a point connu. Il est venu chez soi, et les siens ne l’ont point reçu. Mais il a donné à tous ceux qui l’ont reçu le pouvoir d’être faits enfants de Dieu, à ceux qui croient en son Nom, qui ne sont point nés du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu même. ET LE VERBE S’EST FAIT CHAIR, et il a habité en nous, et nous avons vu sa gloire, sa gloire comme du Fils unique du Père, étant plein de grâce et de vérité.