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Livre : Lorenzo Scupoli, le combat spirituel
QUE LA NÉCESSITÉ OÙ NOUS SOMMES DE NOUS EXERCER SANS CESSE À LA PRATIQUE DES VERTUS NOUS OBLIGE À PROFITER, POUR LES ACQUÉRIR, DE TOUTES LES OCCASIONS QUI SE PRÉSENTENT
QUE LA NÉCESSITÉ OÙ NOUS SOMMES DE NOUS EXERCER SANS CESSE À LA PRATIQUE DES VERTUS NOUS OBLIGE À PROFITER, POUR LES ACQUÉRIR, DE TOUTES LES OCCASIONS QUI SE PRÉSENTENT
Nous avons vu assez clairement que, dans le chemin qui conduit à la perfection, il faut marcher en avant, sans s’arrêter jamais. Pour cela, tenons-nous bien sur nos gardes et veillons attentivement à ne laisser échapper aucune occasion d’acquérir les vertus.
C’est donc mal entendre ses intérêts que de fuir les contrariétés qui pourraient nous servir à cet égard. Pour nous en tenir à notre premier exemple, voulez-vous acquérir l’habitude de la patience ? N’évitez point les personnes, les actions et les pensées qui vous portent à l’impatience. Ne cessez point vos relations parce qu’elles vous sont à charge. Et, dans les conversations et les rapports que vous entretiendrez avec les personnes qui vous ennuient, tenez votre volonté toujours prête à souffrir les contrariétés et les dégoûts qui vous arriveront, sinon vous n’acquerrez jamais l’habitude de la patience. De même, si un travail vous déplaît, soit par lui-même, soit à cause de la personne qui vous l’a imposé, soit parce qu’il vous détourne d’une occupation plus conforme à vos goûts, ne laissez pas de l’entreprendre et de le continuer, malgré le trouble qu’il vous cause et le repos que vous trouveriez en l’abandonnant. Sans cela vous n’apprendriez jamais à souffrir, et le repos que vous goûteriez ne serait pas un repos véritable, attendu qu’il ne procéderait pas d’un esprit libre de passions et orné de vertus.
J’en dis autant des pensées ennuyeuses qui tourmentent et troublent parfois votre âme. Ce n’est pas un avantage pour vous d’en être entièrement délivré, puisque la souffrance qu’elles vous causent vous accoutume à supporter patiemment toute sorte de contrariétés. Vous enseigner le contraire, ce serait plutôt vous apprendre à fuir la peine que vous éprouvez, qu’à acquérir la vertu que vous désirez. Il est bien vrai qu’en de semblables occasions, il faut, surtout si on n’est pas suffisamment aguerri, savoir temporiser et user de beaucoup de prudence et d’adresse, affronter l’ennemi ou l’éviter selon qu’on se sent plus ou moins de vertu et de vigueur d’esprit. Mais, d’un autre côté, on doit bien se garder de lâcher pied tout à fait et de reculer au point d’abandonner toutes les occasions de souffrir, parce que si pour le moment on échappe au danger de tomber, on court grand risque de succomber plus tard aux assauts de l’impatience faute de s’être suffisamment aguerri et fortifié d’avance par la pratique de la vertu contraire. Inutile de faire remarquer que ces avis ne concernent pas le vice impur. La manière de combattre ce vice vous a été indiquée dans un des chapitres précédents.