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Livre : Lorenzo Scupoli, le combat spirituel
QUE NOUS NE DEVONS PAS SOUHAITER D’ÊTRE DÉLIVRÉS DES AFFLICTIONS QUE NOUS ENDURONS PATIEMMENT ; ET DE LA MANIÈRE DE RÉGLER TOUS NOS DÉSIRS
QUE NOUS NE DEVONS PAS SOUHAITER D’ÊTRE DÉLIVRÉS DES AFFLICTIONS QUE NOUS ENDURONS PATIEMMENT ; ET DE LA MANIÈRE DE RÉGLER TOUS NOS DÉSIRS
Lorsque vous vous trouvez dans une peine quelconque et que vous la supportez patiemment, gardez-vous bien de vous laisser entraîner par le démon ou l’amour-propre au désir d’en être délivré, car ce désir vous causerait deux grands maux.
Le premier, c’est qu’alors même qu’il ne vous ravirait pas immédiatement la vertu de patience, il vous disposerait peu à peu au vice contraire.
Le second, c’est que votre patience deviendrait imparfaite et que vous ne recevriez qu’une récompense proportionnée à la durée de l’épreuve, tandis qu’en ne souhaitant pas d’en être délivré et en vous confiant sans réserve à la bonté divine, votre souffrance n’eût-elle duré qu’une heure ou moins encore, vous en auriez été récompensé par Dieu comme d’un service de longue durée. C’est pourquoi, en ceci comme dans tout le reste, prenez pour règle constante de tenir vos désirs tellement éloignés de tout ce qui n’est pas Dieu, qu’ils tendent purement et simplement à leur véritable et unique but, à savoir la volonté du Seigneur. De cette façon, ils seront toujours justes et équitables, et vous serez, au milieu de toutes vos contrariétés, tranquille et même heureux, parce que, sachant que rien ne peut se faire sans la volonté divine et voulant vous-même ce qu’elle veut, vous ne pouvez manquer de vouloir tout ce qui vous arrive et d’avoir tout ce que vous désirez. Cette remarque ne peut, il est vrai, s’appliquer à vos péchés et aux péchés d’autrui, puisque Dieu ne peut les vouloir. Mais elle s’applique parfaitement à toutes les peines qui en découlent ou qui vous viennent d’ailleurs. Si violente et si profonde que soit la blessure, arrivât-elle, en touchant le fond de votre cœur, à briser les racines mêmes de la vie naturelle, vous ne devez pas moins y reconnaître la croix dont Dieu se plaît à favoriser ses amis les plus intimes et les plus chers.
Ce que je dis ici des afflictions en général doit s’entendre en particulier de la part de souffrances qui nous restera et que Dieu veut que nous endurions, après que nous aurons employé tous les moyens licites de nous en défaire. Encore faut-il régler l’emploi de ces moyens sur la volonté de Dieu qui les a établis, afin que nous nous en servions uniquement parce qu’il le veut, et non par attachement à nos aises, ou parce que nous aimons et désirons la cessation de nos épreuves plus que ne le requièrent son service et son bon plaisir.