Feria V 9 Iulii 2026, Hebdomada XIV per annum,
Retour aux livres
Livre : Lorenzo Scupoli, le combat spirituel

DE LA MANIÉRE DE RECEVOIR LE TRÉS SAINT SACREMENT DE L’EUCHARISTIE

DE LA MANIÉRE DE RECEVOIR LE TRÉS SAINT SACREMENT DE L’EUCHARISTIE
Nous pouvons nous approcher de ce divin sacrement pour plusieurs fins et pour arriver à ces fins, nous avons plusieurs choses à observer : avant la communion, au moment de la communion, après la communion.
Avant de communier, quel que soit le motif qui nous engage à le faire, nous devons, si nous ne sommes pas en état de grâce, recourir au sacrement de pénitence, afin de laver et de purifier notre âme de la souillure du péché mortel. Nous devons ensuite nous offrir de tout cœur et sans réserve à Jésus-Christ, et lui consacrer notre âme avec toutes ses forces et ses puissances, puisqu’il nous donne lui-même en cet adorable sacrement son sang, sa chair, son âme, sa divinité et ses mérites et comme ce que nous lui offrons est peu de chose et pour ainsi dire rien en comparaison de ce qu’il nous donne, nous devons souhaiter d’avoir tout ce que les créatures du ciel et de la terre lui ont jamais offert de plus agréable, afin d’en faire présent à sa divine majesté. Si vous voulez communier en vue de vaincre et de réduire à néant nos ennemis et les siens, commencez dès la veille au soir, ou le plus tôt que vous pourrez, à considérer le désir qu’a le Fils de Dieu d’entrer, par ce sacrement, dans le sanctuaire de votre cœur, afin de s’unir à vous et de vous aider à dompter vos passions mauvaises.
Ce désir est si grand, si ardent en Notre Seigneur, qu’aucune intelligence créée ne le saurait comprendre. Pour vous en former une idée, gravez profondément ces deux choses dans votre âme. L’une est le plaisir ineffable que ce Dieu si bon prend à demeurer avec nous, ce sont là ses délices, nous dit-il lui-même au livre des Proverbes. L’autre est la haine infinie que Dieu porte au péché, tant à cause de l’obstacle qu’il met à l’union qu’il désire si ardemment contracter avec nous, qu’à cause de son opposition directe avec ses divines perfections. Étant lui-même un bien infini, une lumière toute pure, une beauté sans tache, il ne peut pas s’empêcher de haïr et de détester souverainement le péché qui n’est que ténèbres, malice et affreuse corruption. Cette haine est si ardente que toutes les œuvres opérées par Dieu dans l’Ancien comme dans le Nouveau Testament, et particulièrement la Passion de son Fils bien-aimé, n’ont eu en vue que la destruction du péché. C’est au point que les serviteurs de Dieu les plus éclairés assurent que le Sauveur serait prêt encore à souffrir mille morts, si c’était nécessaire, pour effacer la moindre trace du péché dans notre âme.
Quand ces deux considérations vous auront fait comprendre, quoiqu’imparfaitement encore, combien Notre Seigneur désire entrer dans votre cœur pour en chasser ses ennemis et les vôtres, et les exterminer à jamais, vous exciterez en vous, dans le même but, un désir ardent de le recevoir. Sentant alors votre âme animée d’un saint zèle et fortifiée par l’espérance de la venue de votre céleste capitaine, provoquez coup sur coup au combat la passion que vous avez entreprise de vaincre, et réprimez-la par des mouvements réitérés de haine et des actes fréquents de la vertu contraire. Que ce soit là votre principale occupation la veille au soir, et le matin du jour où vous devez communier.
Quand vous verrez approcher le moment de la communion, jetez un regard rapide sur les fautes dont vous vous êtes rendu coupable depuis la communion précédente, sur ces fautes que vous avez commises avec autant de liberté que si Dieu n’existait pas et n’avait pas enduré pour vous les tourments effroyables de sa Passion. Songez que vous avez préféré votre plaisir et vos caprices à la volonté et à l’honneur de Dieu, et pénétrez-vous des sentiments d’une confusion profonde et d’un saint effroi à la vue de votre ingratitude et de votre indignité. Venant ensuite à considérer que l’abîme immense de la bonté de votre Dieu appelle l’abîme de votre ingratitude et de votre infidélité, approchez-vous de lui avec confiance et ouvrez-lui bien large votre cœur, afin qu’il s’en rende le maître absolu. Pour lui faire une large place dans votre cœur, vous en bannirez toute affection terrestre, et puis vous le fermerez avec soin pour que rien n’y puisse entrer que votre divin Maître.
Après la sainte communion, retirez-vous promptement dans le secret de votre cœur et, après avoir humblement adoré Notre Seigneur, dites-lui intérieurement : « Vous voyez, ô mon unique bien, l’inclination violente que j’ai au péché, l’empire que cette passion exerce sur moi, et l’impuissance où je suis de lui résister. C’est donc à vous qu’il appartient de la combattre. Je dois sans doute combattre avec vous, mais c’est de vous que j’attends la victoire. » Puis, vous adressant au Père éternel, offrez-lui en actions de grâces et pour obtenir la victoire sur vous-même, son Fils bien-aimé, qu’il vous a donné et que vous possédez au-dedans de vous. Prenez alors la résolution de lutter généreusement contre l’ennemi qui vous poursuit, et attendez la victoire avec la conviction que Dieu vous l’accordera infailliblement tôt ou tard si, de votre côté, vous faites ce qui est en votre pouvoir pour l’obtenir.
Retour en haut