Feria V 9 Iulii 2026, Hebdomada XIV per annum,
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Livre : Lorenzo Scupoli, le combat spirituel

COMMENT NOUS POUVONS FAIRE SERVIR DES OCCASIONS DIVERSES À L’EXERCICE D’UNE MÊME VERTU

COMMENT NOUS POUVONS FAIRE SERVIR DES OCCASIONS DIVERSES À L’EXERCICE D’UNE MÊME VERTU
Vous avez vu dans les chapitres précédents qu’il vaut incomparablement mieux s’exercer pendant quelque temps à une seule vertu que de vouloir en acquérir plusieurs à la fois. Vous avez vu également qu’il faut faire converger sur cette vertu unique toutes les occasions qui se présentent, si différentes qu’elles soient les unes des autres. Apprenez maintenant la méthode à suivre pour vous rendre cet exercice plus facile.
Il arrivera en un même jour, peut-être en une même heure, qu’on nous reprendra d’une action même excellente, que, pour une cause ou l’autre, on parlera mal de nous, qu’on nous refusera durement une faveur ou un léger service, qu’on nous soupçonnera sans raison, que nous ressentirons une douleur corporelle, qu’on nous imposera une besogne ennuyeuse, qu’on nous servira un mets mal apprêté, que nous nous trouverons accablés sous le poids de maux plus considérables, tels qu’il s’en rencontre si souvent dans la pauvre vie humaine. Quoique parmi tant d’accidents fâcheux nous puissions pratiquer plusieurs vertus différentes, néanmoins, pour nous en tenir à la règle donnée plus haut, nous nous bornerons à produire des actes conformes à la vertu que nous nous sommes proposés d’acquérir.
Si c’est la patience que nous cherchons à acquérir au moment où ces accidents nous arrivent, nous nous efforcerons de les supporter de bon cœur et avec joie. Si c’est l’humilité, nous nous persuaderons, au milieu de ces contrariétés, que nous sommes dignes de tous les châtiments. Si c’est l’obéissance, nous nous abaisserons promptement sous la main toute-puissante de Dieu et, pour lui plaire, puisque telle est sa volonté, nous nous assujettirons aux créatures raisonnables ou même privées de raison qui nous causent ces ennuis. Si c’est la pauvreté, nous consentirons à être dépouillés et privés de toutes les consolations de la vie, des grandes comme des petites. Si c’est la charité, nous ferons des actes d’amour envers le prochain qui est l’instrument de notre sanctification et envers Dieu qui en est la cause première et pleine d’amour puisque ces épreuves destinées à nous faire avancer dans la vertu nous arrivent par son ordre, ou du moins par sa permission.
Ce que je dis ici des accidents divers qui nous arrivent journellement nous indique en même temps comment, dans une maladie ou une affliction de longue durée, nous pouvons nous exercer à la vertu que nous nous sommes proposés d’acquérir.
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