Feria V 9 Iulii 2026, Hebdomada XIV per annum,
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Livre : Saint Alphonse de Liguori, le grand moyen de la prière

CHAPITRE I

Pour nous affectionner vraiment à ce grand moyen de notre salut qu'est la Prière, il faut avant tout considérer combien elle nous est nécessaire et combien elle est efficace pour nous obtenir de Dieu les grâces que nous désirons, si nous savons les demander comme il faut. Nous parlerons donc, dans cette première partie, de la nécessité et de la valeur de la prière, et puis des conditions pour qu'elle soit efficace auprès de Dieu. Ensuite, dans la seconde partie, nous démontrerons que la grâce de la Prière est donnée à tous ; nous traiterons là aussi de la manière ordinaire dont agit la grâce.
CHAPITRE I
Ce fut déjà une erreur des Pélagiens de prétendre que la prière n'est pas nécessaire pour parvenir au salut. L'impie Pélage, leur maître, disait que : « L'homme ne se perd que pour autant qu'il néglige d'apprendre les vérités qu'il est nécessaire de connaître ». Mais chose curieuse, disait saint Augustin, « Pélage dispute de tout plutôt que de la prière ». Pélage voulait traiter de tout, sauf de la prière qui est l'unique moyen, comme le pensait et l'enseignait le saint Docteur, d’acquérir la science des saints, selon ce que saint Jacques écrivait : « Si l'un de vous manque de sagesse, qu'il la demande à Dieu ; il donne à tous généreusement, sans récriminer ». (Jc 1, 5).
Les textes de la Sainte Écriture, qui nous montrent la nécessité où nous sommes de prier, si nous voulons assurer notre salut sont trop clairs : « Il leur fallait prier sans cesse, et ne pas se décourager » (Lc 18,1). « Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation » (Mt 26, 41). « Demandez et l'on vous donnera » (Mt 7, 7).
Ces termes : « Il faut, Priez, Demandez », selon l'opinion commune des théologiens, impliquent un commandement, une obligation. Pour Wiclef, ces termes n'étaient pas à entendre de la prière mais uniquement de la nécessité des bonnes œuvres. D’après lui, prier n'était rien d'autre que bien agir. Ce fut là de sa part une erreur et il fut condamné expressément par l'Église. Aussi le savant Léonard Lessius a-t-il écrit qu'on ne pouvait nier sans errer dans la foi que la prière soit nécessaire aux adultes pour faire leur salut, car il est évident que, selon les Saintes Écritures, la prière est l'unique moyen d'obtenir les secours nécessaires au salut : « Il faut, dit-il, tenir comme de foi, que la prière est nécessaire aux adultes pour leur salut, ainsi qu'il ressort des Saintes Écritures, parce que la prière est le moyen sans lequel on ne peut obtenir le secours nécessaire au salut »
La raison en est claire. Sans le secours de la grâce nous ne pouvons faire aucun bien : « Hors de moi vous ne pouvez rien faire » (Jn 15, 5). Saint Augustin note à propos de cette phrase que Jésus n'a pas dit : « Vous ne pouvez rien parfaire, mais rien faire »3. Notre Sauveur nous donne ainsi à entendre que, sans la grâce, nous ne pouvons même pas commencer à faire le bien. L'Apôtre Paul va jusqu'à écrire que de nous-mêmes nous ne pouvons même pas en avoir le désir : « Et si nous avons tant d'assurance devant Dieu grâce au Christ, ce n'est pas à cause d'une capacité personnelle dont nous pourrions nous attribuer le mérite. Notre capacité vient de Dieu » (2 Co 3, 5). Si donc nous ne pouvons même pas penser au bien, encore moins pouvons-nous le désirer. Beaucoup d'autres textes de la Sainte Écriture expriment la même idée : « C'est le même Dieu qui opère tout en tous » ( 1 Co 12,6). « Je ferai que vous marchiez selon mes lois et que vous observiez et pratiquiez mes coutumes » (Ez 36, 27). Aussi saint Léon ler a-t-il pu écrire : « L'homme ne fait aucun bien sans que Dieu lui donne de le faire ». Nous ne faisons aucun bien en dehors de celui que Dieu nous fait réaliser par sa grâce. Aussi le Concile de Trente a-t-il déclaré dans sa sixième Session, can.3 : « Si quelqu'un dit que, sans l'inspiration prévenante et l'aide du Saint-Esprit, l'homme peut croire, espérer, aimer, ou se repentir comme il faut, pour que la grâce de la justification lui soit accordée, qu'il soit anathème ».
L'Auteur de l'Ouvrage Imparfait dit, à propos des animaux, que le Seigneur a donné aux uns la faculté de courir, à d'autres des griffes, à d’autres des ailes, pour qu’ils puissent ainsi préserver leur vie, mais ensuite il a formé l'homme de telle manière que Dieu seul soit toute sa force. Ainsi l'homme est de fait complètement incapable d’assurer par lui-même son salut, parce que Dieu a voulu que tout ce que l'homme a et peut avoir, il le reçoive du seul secours de sa grâce.
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