Feria V 9 Iulii 2026, Hebdomada XIV per annum,
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Livre : Saint Alphonse de Liguori, le grand moyen de la prière

Et il cite en faveur de cette opinion Gamache, Duval, Isambe...

Et il cite en faveur de cette opinion Gamache, Duval, Isambert, Pereira, Le Moyne et d'autres auteurs. Et il continue : « Les secours de la grâce suffisante sont des préparations à la grâce efficace et « efficaces secundum quid », c'est-à-dire dont l'effet obtenu par le demandeur est incomplet, d’abord lointain, puis plus proche et enfin très proche, tels que les actes de foi, d'espérance, de crainte de Dieu et, entre tous, celui de la prière. D'où le fameux Alphonse Lemoine a enseigné que cette grâce suffisante est celle de demander ou de prier, dont a parlé tant de fois saint Augustin. Ainsi, selon Habert, la grâce efficace diffère de la grâce suffisante en ce sens que la première atteint son effet complet tandis que la seconde ne l'obtient que d'une manière contingente, parce qu'elle l'obtient parfois et d'autres fois non, ou de manière médiate, au moyen de la prière. Il précise, en outre, que la grâce suffisante, selon le bon usage que l'on en fait, prépare à obtenir la grâce efficace. Il appelle donc la grâce suffisante « efficace secundum quid » c'est-à-dire dont l'effet est commencé mais non complètement terminé. Il dit enfin que la grâce suffisante est la grâce de prier, dont il dépend de nous de profiter, selon saint Augustin. Ainsi on est inexcusable de ne pas faire ce pour quoi on a déjà la grâce suffisante ; avec celle-ci, sans nul besoin d'un autre secours, on peut agir, ou tout au moins obtenir le secours plus fort pour agir. Habert assure que cette doctrine était commune en Sorbonne.
Charles Duplessis d'Argentré, lui aussi docteur de la Sorbonne, cite plus de mille théologiens qui enseignent expressément qu'avec la grâce suffisante on fait les œuvres faciles et qu'en l'utilisant bien on obtient ensuite le secours plus abondant pour la conversion parfaite. C’est précisément dans ce sens, dit-il, comme nous l'avons indiqué plus haut, qu'il faut entendre le célèbre axiome accepté par les Écoles : « A ceux qui font ce qu'ils peuvent - toujours avec la grâce suffisante - Dieu ne refuse pas la grâce : sa grâce plus abondante et la grâce efficace ».
Le très savant Denis Petau prouve longuement que l'on peut fort bien agir avec la seule grâce suffisante. Il va jusqu'à affirmer qu'il serait monstrueux de soutenir le contraire et que cette doctrine n'est pas seulement celle des théologiens mais aussi celle de l'Église. La grâce d'observer les commandements, dit-il ensuite, est le fruit de la prière et Dieu donne la grâce de la prière en même temps qu'il impose les commandements : « Ce don par lequel Dieu nous aide à observer ses lois est l'effet de la prière ; et cet effet est donné comme compagnon à la loi ». La loi est imposée à tous ; de même, le don de la prière est fait à tous.
Le théologien du Séminaire de Périgueux pense qu'avec la seule grâce suffisante « il est possible de bien agir et que quelquefois on agit bien ». Ainsi, ajoute-t-il, rien n'empêche que de deux personnes, favorisées d'une même grâce, l'une va faire, et l'autre pas, les actes plus faciles qui précèdent la totale conversion ». Ceci concorde, affirme-t-il, avec la doctrine de saint Augustin ainsi qu'avec celle de saint Thomas et de ses premiers disciples spécialement du Père Barthélemy Medina : « Quelquefois, soutient celui-ci, on se convertit avec la seule grâce suffisante ». J'ai trouvé que le Père Louis de Grenade affirme aussi que c'est la doctrine commune des théologiens :
« Les théologiens disent qu'il y a deux sortes de secours l'un suffisant et l'autre surabondant ; avec le secours suffisant parfois on se convertit, parfois on refuse la conversion ». Il ajoute : « Les théologiens précisent que ce premier secours est très largement à notre disposition ». Le Théologien de Périgueux affirme : « On peut ainsi, et on le fait quelquefois, avec la seule grâce suffisante, accomplir certains actes de piété, tel que prier Dieu humblement ; on se prépare ainsi à recevoir d'autres grâces ». Tel est l'ordre, dit-il, suivi par la divine Providence : « D'autres grâces succèdent au bon usage des premières ». Et il conclut : La conversion totale et la persévérance finale « sont méritées infailliblement par la prière, pour laquelle suffit pleinement la grâce suffisante qui ne fait défaut à personne ». Le Cardinal de Aguirre, parfait disciple de saint Augustin, pense de même. Le Père Antoine Boucat, de l'Ordre de saint François de Paule, soutient que chacun peut par la prière, sans avoir besoin d'un autre secours, obtenir la grâce de la conversion. Outre Gamache, Duval, Habert, Le Moyne, il cite comme partisans de cette doctrine Pierre de Tarentaise, évêque de Toul, Godefroid de Fontaines, Henri de Gand, docteurs de la Sorbonne, ainsi que Ligny, professeur royal : celui-ci démontre, dans son traité « De la grâce », que la grâce suffisante non seulement donne la possibilité de prier, comme l'a dit ailleurs le célèbre professeur de théologie, Le Moyne, mais de faire également certaines œuvres moins difiiciless. Gaudenzio Buontempi enseigne également et prouve qu'avec la grâce suffisante on obtient la grâce efficace par la prière : celle-ci est donnée à tous ceux qui veulent l'utiliser. Le Cardinal Robert Pulleyn établit qu'il y a deux grâces, l'une toujours victorieuse et l'autre à laquelle tantôt l'on coopère et tantôt l'on résiste : « Lorsque l'on reçoit cette grâce, on choisit d'y répondre ou bien de la dédaigner et de continuer de pécher ». Le savant Père Fortunat de Brescia est du même avis : il soutient que nous avons tous la grâce médiate de la prière pour observer les commandements, et il tient pour certain que saint Augustin pensait la même chose.
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