Feria V 9 Iulii 2026, Hebdomada XIV per annum,
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Livre : Saint Alphonse de Liguori, le grand moyen de la prière

Quand nous nous sentons faibles et incapables de surmonter q...

Quand nous nous sentons faibles et incapables de surmonter quelque passion ou quelque grande difficulté ou pour accomplir ce que le Seigneur nous demande, disons courageusement avec l'Apôtre : « Je puis tout en celui qui me rend fort » (Ph 4, 13). Ne disons pas comme certains : Ce n'est pas possible, je n'ai pas confiance. Bien sûr, par nos propres forces nous ne pouvons rien mais, avec le secours de Dieu, nous pouvons tout. Supposons que Dieu dise à quelqu'un : Prends cette montagne sur tes épaules je vais t'aider à la porter. Celui qui répondrait : Non, je n'en ai pas la force, ne serait-il pas un sot ou un infidèle ? De même, quand nous nous reconnaissons misérables et faibles et que les tentations nous assaillent plus violemment, ne nous décourageons pas, levons les yeux vers le Seigneur et disons comme David : « Yahvé est pour moi, plus de crainte, que me fait l'homme à moi ? » (Ps 118 (117), 6). Avec l'aide de mon Seigneur, je vaincrai et mépriserai tous les assauts de mes ennemis. Quand nous sommes en danger d'offenser Dieu ou dans quelque situation grave et que, dans notre trouble, nous ne savons que faire, recommandons-nous à Dieu : « Yahvé est ma lumière et mon salut, de qui aurais-je crainte ? » (Ps 27 (26), 1 ). Soyons sûrs qu'alors Dieu nous donnera sa lumière et nous préservera de tout mal.
Mais je suis un pécheur, objectera quelqu'un, et je lis dans la Sainte Écriture : « Dieu n'écoute pas les pécheurs ». Saint Thomas répond avec saint Augustin : Cette parole fut dite par l'aveugle-né avant sa guérison : « Cette parole fut dite par l'aveugle alors qu'il était imparfaitement éclairé ; elle n'est donc pas valable ». Le Docteur Angélique ajoute : « C'est vrai quand il s'agit d'un pécheur qui fait une prière « de pécheur », c'est-à-dire quand il demande de pouvoir continuer à pécher : par exemple, si quelqu'un priait Dieu de l'aider à se venger de son ennemi ou à réaliser quelque projet pervers. C'est vrai aussi du pécheur qui demande à Dieu de le sauver mais qui n'a pas le moindre désir de sortir de son état de péché. Il est des malheureux qui aiment les chaînes d'esclaves avec lesquelles le démon les tient prisonniers. Leurs prières ne sont pas exaucées parce qu'elles sont téméraires et abominables. Y a-t-il plus grande témérité que de vouloir demander des faveurs à un prince que l'on a plusieurs fois offensé et que l'on se propose d'offenser encore ? C'est ainsi qu'il faut comprendre la parole du Saint Esprit : Dieu déteste et hait la prière de celui qui se bouche les oreilles pour ne pas entendre ce que Dieu commande : « Qui se bouche les oreilles pour ne pas entendre la loi, sa prière même est une abomination » (Pr 28, 9). Le Seigneur leur dit : Inutile de prier, je détournerai mes yeux de vous et je ne vous exaucerai pas : « Quand vous étendez les mains, je détourne les yeux ; vous avez beau multiplier les prières, moi je n'écoute pas » (Is l, 15).
Telle était précisément la prière du roi impie Antiochus : il priait Dieu et lui faisait de grandes promesses mais avec un cœur hypocrite et endurci dans le péché, uniquement pour échapper au châtiment qui le menaçait ; aussi le Seigneur ne prêta-t-il pas l'oreille à ses prières et il mourut rongé par les vers : « Mais les prières de cet être abject allaient vers un Maître qui ne devait plus avoir pitié de lui » (2 M 9, 13).
D'autres pèchent par fragilité ou poussés par quelque grande passion. Ils gémissent sous le joug de l'ennemi ; ils désirent rompre ces chaînes de mort et sortir de cette misérable servitude et ils appellent le Seigneur à leur secours. S'ils persévèrent dans la prière, ils seront écoutés du Seigneur : tous ceux qui demandent reçoivent, a-t-il dit, et ceux qui cherchent la grâce la retrouvent : « Quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve... » (Mt 7, 8). « Quiconque, explique l'auteur de l'Œuvre Imparfaite, qu'il soit juste ou pécheur ». En saint Luc, Jésus parle de cet homme qui donna à son ami tous ses pains, non pas tellement par amitié mais plutôt parce que celui-ci l'importunait : « Je vous le dis, même s'il ne se lève pas pour les lui donner en qualité d'ami, il se lèvera du moins à cause de son impudence et lui donnera tout ce dont il a besoin » (Lc 11, 8). Ainsi la prière persévérante obtient de Dieu miséricorde, même en faveur de ceux qui ne sont pas ses amis. Ce qui ne s'obtient pas par l'amitié, dit saint Jean Chrysostome, l'est par la prière : « Ce que n'a pas accompli l'amitié, la prière l'a réalisé ». Il affirme également : « Près de Dieu l'amitié a moins de valeur que la prière... ». Saint Basile affirme lui-aussi, « les pécheurs eux-mêmes obtiennent ce qu'ils demandent, s'ils le font avec persévérance ». Saint Grégoire dit de même : « Qu'il crie le pécheur et sa prière parviendra jusqu'à Dieu ».
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