Feria V 9 Iulii 2026, Hebdomada XIV per annum,
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Livre : Saint Alphonse de Liguori, le grand moyen de la prière

Saint Jean Chrysostome emploie le même argument : « S’il veu...

Saint Jean Chrysostome emploie le même argument : « S’il veut le salut de tous, il faut à juste titre prier pour tous. S'il désire lui-même que tous soient sauvés, sois d'accord, toi aussi, avec ce qu'il veut ». Il semble que, dans sa discussion avec les semi-Pélagiens, Saint Augustin ait donné quelque part une interprétation différente du texte de saint Paul. Il aurait dit que Dieu ne veut pas le salut de chaque homme mais uniquement d'un certain nombre. Mais le savant Petau a bien fait remarquer ceci : Le saint ne parlait qu'incidemment et non explicitement de cette question, ou bien il entendait parler de la volonté absolue et victorieuse de Dieu, selon laquelle Dieu veut de façon absolue le salut de certains. Le saint a dit, en effet : « La volonté du Tout-Puissant est toujours victorieuse ». Voyons par ailleurs comment saint Thomas concilie la pensée de saint Augustin avec celle de saint Jean Damascène. Ce dernier soutient que Dieu veut, d'une volonté antécédente, le salut de tous et de chacun : « Parce qu'il est bon, Dieu veut d'abord le salut de tous pour nous rendre participants de sa bonté ; mais, parce qu'il est juste, il veut que les pécheurs soient punis ». Il semble que saint Augustin exprime quelque part un avis différent, comme nous l'avons dit. Mais saint Thomas concilie les deux opinions : Saint Jean Damascène parlait de la volonté antécédente de Dieu, selon laquelle il veut vraiment le salut de tous, tandis que saint Augustin parlait de la volonté conséquente. Saint Thomas explique ensuite ce qu'est cette volonté antécédente et conséquente de Dieu : « La volonté antécédente est celle par laquelle Dieu veut que tous les hommes soient sauvés. Mais, après examen de toutes les circonstances particulières à chacun, on ne trouve pas normal que tous soient effectivement sauvés. Il est normal, en effet, que celui qui se prépare au salut et qui le veut, soit sauvé, mais pas celui qui refuse et résiste...etc... Il s’agit de la volonté conséquente parce qu'elle suppose une connaissance préalable des œuvres, non comme cause de la volonté mais comme raison de ce qui est voulu ».
Aussi le Docteur Angélique est-il du même avis : Dieu veut vraiment le salut de tous et de chacun. Et il le confirme en plusieurs autres endroits. A propos du texte : « Je ne chasserai pas celui qui vient à moi », il s'appuie sur l'autorité de saint Jean Chrysostome et fait dire au Seigneur : « Si je me suis incarné pour le salut des hommes, comment puis-je les rejeter ? Je ne les rejette donc pas puisque je suis descendu du ciel pour faire la volonté de Dieu qui veut le salut de tous ». Il assure ailleurs : « Dans sa volonté très généreuse, Dieu donne sa grâce à tous ceux qui s'y préparent. Il veut le salut de tous ( 1 Tm 2, 4). La grâce de Dieu ne fait donc défaut à personne mais, de par sa nature, elle se communique à tous ». Il le déclare encore plus expressément dans son commentaire du texte même de saint Paul : « Lui qui veut que tous les hommes soient sauvés » : « Le salut de tous les hommes, considéré en soi, trouve en Dieu sa raison, en tant qu'objet de sa volonté, et cette volonté est dite antécédente ; mais, après avoir considéré le bien de la justice et la nécessité de punir les péchés, il ne veut pas qu'il en soit ainsi, et cette volonté est dite conséquente ». On voit que le Docteur Angélique continue d'exprimer de la même façon ce qu'il entend par volonté antécédente et conséquente. Il confirme ici ce qu'il disait dans les Sentences, comme nous l'avons rapporté un peu plus haut. Il y ajoute seulement une comparaison, celle du négociant. Celui-ci veut, d'une volonté antécédente, sauver toutes ses marchandises, mais, quand survient la tempête, pour pouvoir sauver sa vie, il renonce aux marchandises. Ainsi continue, le saint, considérant la méchanceté de certains, Dieu veut qu'ils soient punis pour la satisfaction de sa justice et en conséquence il ne veut pas qu'ils soient sauvés ; mais, en soi, d'une volonté antécédente et vraie, il continue de vouloir le salut de tous. Comme il l'a dit précédemment ailleurs, la volonté de Dieu de sauver tous les hommes est absolue de sa part ; elle n'est conditionnelle que du côté de l'objet voulu : il faut que l'homme veuille correspondre comme l'exige l'ordre établi pour obtenir le salut : « Il n’y a cependant pas d'imperfection du côté de la volonté de Dieu mais uniquement du côté de l'objet voulu qui n'est pas reçu avec toutes les circonstances et conditions exigées par le bon ordre en vue du salut ». Et, à la question 19 (article 6 ad I), le Docteur Angélique explique de nouveau et plus clairement ce qu'il entend par volonté antécédente et conséquente : « Le juge veut, d'une volonté antécédente, que tous les hommes vivent, mais il veut, d'une volonté conséquente, que l'homicide soit pendu. De même, Dieu veut, d'une volonté antécédente, que tous les hommes soient sauvés mais il veut, d'une volonté conséquente, selon l'exigence de sa justice, que certains soient damnés ».
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