Feria V 9 Iulii 2026, Hebdomada XIV per annum,
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Livre : Saint Alphonse de Liguori, le grand moyen de la prière

C’est pourquoi l'Apôtre nous recommande tant de garder la co...

C’est pourquoi l'Apôtre nous recommande tant de garder la confiance en Dieu. Celle-ci, nous assure-t-il, nous obtient de lui grande récompense : « Ne perdez donc pas votre assurance ; elle a une grande et juste récompense » (He 10, 35). Telle sera notre confiance, telles aussi les grâces que nous recevrons de Dieu ; si notre confiance est grande, grandes seront aussi les grâces : « Une grande foi mérite de hautes récompenses »2'. Selon saint Bernard, la divine miséricorde est une fontaine immense : plus ample en fait de confiance est le vase que l'on y porte, plus grande est l’abondance des biens que l’on rapporte : « L'huile de la miséricorde, tu ne la déposes que dans le vase de la confiance »28. Le Prophète l'exprimait déjà : « Sur nous soit ton amour, Yahvé, comme notre espoir est en toi » (Ps 33(32), 22). Le centurion en est témoin, lui dont le Rédempteur a loué la confiance : « va ! Qu'il t'advienne selon ta foi » (Mt 8, 13). Et le Seigneur révéla à sainte Gertrude : celui qui le prie avec confiance lui fait en quelque sorte tant de violence qu'il ne peut pas ne pas l'exaucer en tout ce qu'il demande. « La prière, dit saint Jean Climaque, fait une pieuse violence à Dieu ». Oui, la prière fait violence à Dieu mais une violence qui lui est chère et agréable. « Avançons-nous donc avec assurance vers le trône de la grâce afin d'obtenir miséricorde et de trouver grâce pour une aide opportune » (He 4, 16). Le trône de la grâce c'est Jésus Christ qui siège à présent à la droite du Père : non pas sur un trône de justice mais de grâce, pour nous obtenir le pardon, si nous sommes en état de péché, et le secours pour persévérer, si nous jouissons de son amitié. A ce trône, il nous faut recourir toujours avec confiance, c'est-à-dire avec la confiance que nous inspire la foi en la bonté et la fidélité de Dieu. N'a-t-il pas promis d'exaucer ceux qui le prient avec une confiance ferme et vraie ? Ceux qui, au contraire, le font en hésitant et en doutant, dit saint Jacques, doivent bien penser qu'ils ne recevront rien : « Celui qui hésite ressemble au flot de la mer que le vent soulève et agite. Qu'il ne s'imagine pas, cet homme-là, recevoir quoi que ce soit du Seigneur » (Jc 1, 6-7). Il ne recevra rien parce que sa méfiance injustifiée empêchera la divine miséricorde de l'exaucer : « Tu n'as pas demandé comme il faut, dit saint Basile, parce que tu as demandé en doutant ». Tu n'as pas reçu la grâce parce que tu l'as demandée sans confiance. Notre confiance en Dieu, dit David, doit être solide comme une montagne qui ne se déplace pas au moindre coup de vent : « Qui s'appuie sur Yahvé ressemble au mont Sion ; rien ne l'ébranle, il est stable pour toujours » (Ps 125 ( 124), 1 ). Le Rédempteur nous en prévient, si nous voulons obtenir les grâces que nous sollicitons : « Tout ce que vous demandez en priant, croyez que vous l'avez déjà reçu et cela vous sera accordé » (Mc 11, 24). Quelle que soit la grâce que vous demandez, croyez ferme que vous l'aurez et vous l’obtiendrez sûrement !
Mais, dira quelqu'un, je ne suis qu'un misérable. Sur quoi vais je donc fonder ma confiance d'être exaucé ? Sur la promesse de Jésus Christ : « Demandez et vous recevrez » (Jn 16, 24). Demandez et vous obtiendrez. « Qui voudrait être trompé, lorsque c'est la vérité qui promet ? » dit saint Augustin. Comment pouvons-nous douter d'être exaucés, alors que c'est Dieu, la Vérité même, qui promet de nous écouter et de nous exaucer ? « Il ne nous pousserait pas à demander, dit ce saint Docteur, s'il ne voulait pas nous exaucer ? ». Le Seigneur ne nous engagerait certainement pas à lui demander ses grâces s'il n'était pas décidé à nous les accorder. Or il ne cesse de nous y exhorter maintes et maintes fois dans les Saintes Écritures : Priez, demandez, cherchez, etc. et vous obtiendrez tout ce que vous désirez : « Demandez ce que vous voudrez et vous l'aurez » (Jn 15, 7). Pour nous inculquer cette confiance, le Seigneur nous a appris, dans le Pater Noster, à appeler Dieu, lorsque nous recourons à lui pour lui demander ses grâces, et elles sont toutes contenues déjà dans l'oraison dominicale, non pas Seigneur mais Père :
Notre Père ! Il veut, en effet, que nous recourions à Dieu avec la confiance même d'un enfant pauvre ou malade qui sollicite de son propre père des moyens de subsistance ou quelque remède. Si un enfant est sur le point de mourir de faim, il suffit qu'il paraisse devant son père et celui-ci aussitôt lui fournira de la nourriture. Si l'enfant vient à être mordu par un serpent venimeux, il suffira qu'il montre sa blessure à son père et celui-ci y appliquera aussitôt le remède voulu.
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