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Livre : Saint Alphonse de Liguori, le grand moyen de la prière
David dit également : « Le châtiment provient de son indigna...
David dit également : « Le châtiment provient de son indignation et la vie de sa bienveillance » (Ps 30 (29), 6). S'il nous châtie, c'est que nos péchés provoquent sa colère ; mais ce qu'il veut, ce n'est pas notre mort mais notre vie : « Ce qu'il y a dans sa volonté, c'est la vie ». Saint Basile commente ainsi ce texte : « Que dit-il donc ? Sans aucun doute que Dieu veut nous faire participer tous à la vie ». David dit encore : « Notre Dieu est un Dieu de délivrance. Yahvé le Seigneur peut retirer de la mort » (Ps 68 (67), 21). Bellarmin fait ce commentaire : « La caractéristique et la nature de notre Dieu, c'est d'être un Dieu Sauveur ; les portes de sortie de la mort lui appartiennent ; c'est lui qui délivre de la mort ». Le propre et la nature de Dieu est de sauver tous les hommes et de les délivrer tous de la mort éternelle. Le Seigneur dit également : « Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi je vous soulagerai » (Mt 11, 28). S'il appelle tous les hommes au salut, c'est qu'il veut les sauver tous. Saint Pierre affirme : « Il use de patience envers tous, voulant que personne ne périsse, mais que tous arrivent au repentir » (2 P 3, 9). Il ne veut la damnation de personne mais que tous fassent pénitence et que par elle ils fassent leur salut. Le Seigneur dit encore : « Voici, je me tiens à la porte et je frappe... Si quelqu'un ouvre la porte, j'entrerai » (Ap 3, 20) : « Pourquoi mourir, maison d'Israël ? Convertissez-vous et vivez! » (Ez 18, 31) « Que pouvais-je encore faire pour ma vigne que je n'aie fait ? » (Is 5, 4). « Que de fois ai je voulu rassembler tes enfants à la manière dont une poule rassemble ses poussins sous ses ailes...et tu n'as pas voulu ! » (Mt 23, 37) Comment le Seigneur pourrait-il dire qu'il frappe à la porte de nos cœurs de pécheurs ? Comment pourrait-il tant nous exhorter à retourner dans ses bras ? Comment pourrait-il nous demander, avec des accents de reproche, ce qu'il aurait pu faire de plus pour nous sauver ? Comment pourrait-il dire qu'il a voulu nous accueillir comme des fils, s'il n'avait pas une vraie volonté de nous sauver tous ? Jésus, voyant de loin Jérusalem, nous rapporte saint Luc, et pensant à la perte de ce peuple à cause de ses péchés, « pleura sur elle » (Lc 19, 41). Pourquoi, demande Théophylacte, avec saint Jean Chrysostome, pourquoi le Seigneur pleura-t-il en voyant la ruine qui menaçait les Hébreux, sinon parce qu'il désirait vraiment leur salut ?. Après tant de témoignages que donne le Seigneur pour manifester sa volonté de voir tous les hommes parvenir au salut, comment peut-on dire que Dieu ne veut pas le salut de tous ? Petau reprend : « Peut-on mettre en doute ces textes de l'Écriture où Dieu affirme sa volonté par des expressions célèbres et répétées, par des larmes et même par un serment ? Comment les interpréter en sens contraire, comme si Dieu, à part quelques-uns, n’avait pas eu le désir de sauver les hommes et avait décidé de perdre tout le genre humain ? Ne serait-ce pas une injure et une dérision vis-à-vis de vérités de foi si clairement définies ? Dire que Dieu ne veut pas vraiment le salut de tous, dit ce grand Théologien, c'est une injure et une moquerie à l'égard des décrets les plus clairs de la foi. Et le Cardinal Sfondrati ajoute : « Je ne sais vraiment pas si ceux qui pensent autrement ne font pas du vrai Dieu un personnage de théâtre : certains acteurs ne font-ils pas semblant d'être rois, alors qu'ils n'ont rien d'un vrai roi ? ».
Cette vérité que Dieu veut le salut de tous les hommes est confirmée communément par les Saints Pères. Tous les Pères grecs ont été unanimes à affirmer que Dieu veut le salut de tous et de chacun : Saint Justin, saint Basile, saint Grégoire, saint Cyrille, saint Méthode, saint Jean Chrysostome, tous cités par Petau. Mais voyons ce que disent les Pères latins : Saint Jérôme : « Dieu veut sauver tous les hommes mais personne n'est sauvé sans le vouloir personnellement. Il désire que nous voulions le bien, et lorsque nous l'aurons voulu, il réalisera en nous son dessein ». Et ailleurs : « Dieu a donc voulu sauver tous ceux qui le désireraient. Il les a appelés au salut afin que leur volonté fût récompensée mais ils ne voulurent pas croire ». Saint Hilaire : « Dieu voudrait que tous les hommes soient sauvés, non seulement ceux qui feront effectivement partie du nombre des Saints, mais absolument tous sans exception ». Saint Paulin : « Le Christ dit à tous : « Venez à moi...etc... En effet, lui qui les a créés tous, veut, pour autant qu'il dépend de lui, le salut de tous ». Aucun impie n'est exclu, dit saint Ambroise, pas même le traître Judas ! « Il a voulu montrer ce qu'il désire même pour les impies ; il n’a exclu personne, pas même celui qui le trahirait ; tous peuvent ainsi se rendre compte que, même lorsqu'il a choisi Judas, il avait bien l'intention de les sauver tous... il a fait voir à tous quel était le projet de Dieu, celui de les délivrer tous ». L'auteur des « Commentaires de Saint Ambroise » - peut-être le diacre Hilaire, selon Petau - se pose une question à propos du texte de saint Paul « celui qui veut le salut de tous » : Puisque Dieu veut le salut de tous et qu'il est tout-puissant, pourquoi y en a-t-il tant à ne pas être sauvés ? Et il répond : « Il veut le salut de tous, à condition qu'ils le veuillent eux-mêmes. En effet, celui qui a fait la loi n'a exclu personne du salut... mais le remède est sans effet chez ceux qui n'en veulent pas ! » Le Seigneur, continue-t-il, n’a donc exclu personne de la Gloire : il donne à tous la grâce du salut, à condition qu'ils veuillent bien y correspondre, et sa grâce ne profite pas à ceux qui la refusent. Saint Jean Chrysostome demande pareillement : « Pourquoi donc ne sont-ils pas tous sauvés, si Dieu veut vraiment le salut de tous ? » Et il répond : « Parce que la volonté de tous n'est pas en harmonie avec la sienne ; or, il ne force personne ». Saint Augustin : « Dieu veut le salut de tous, mais pas au point de leur enlever le libre arbitre ». Saint Augustin exprime la même idée en plusieurs autres textes que nous allons citer bientôt. Que Jésus Christ soit mort pour tous et pour chacun est également très clair dans les Saintes Écritures et dans les textes des Pères. Grande fut certainement la misère causée à tout le genre humain par le péché d'Adam, mais Jésus Christ en a réparé par la Rédemption tous les dommages et préjudices. C'est pourquoi le Concile de Trente a déclaré que le baptême rend les âmes pures et immaculées. L'attirance du mal ou concupiscence qui reste en elles ne subsiste pas pour leur perte mais pour leur faire acquérir une couronne d'autant plus belle qu'ils y résisteront : « Dans les baptisés il n'est rien que Dieu haïsse... ils sont devenus innocents, immaculés, purs et aimés de Dieu. Ce Saint Synode reconnaît cependant et croit que la concupiscence ou attirance du mal subsiste en eux. Puisqu'elle n'est là qu'en vue de la lutte à mener, elle ne peut nuire à ceux qui n'y cèdent pas. Bien plus, celui qui aura combattu dans les règles sera couronné ! ». Et saint Léon ajoute : « Nous avons reçu davantage par la grâce ineffable du Christ que nous n'avions perdu par la haine du diable ». Le gain que nous avons fait par la Rédemption du Christ a été bien plus grand que le dommage subi par le péché d'Adam. L'Apôtre Paul l'affirme : « Mais il n'en va pas du don comme de la faute... Où le péché s'est multiplié, la grâce a surabondé » (Rm 5, 15 et 20). Notre Sauveur l'a déclaré lui-même : « Je suis venu pour qu'ils aient la vie et qu'ils l'aient en abondance » (Jn 10, 10). David et Isaïe l'avaient déjà annoncé. David : « Près de Yahvé est la grâce ; près de lui, l'abondance du rachat » (Ps 130 (129), 7). Et Isaïe : « Elle a reçu de la main de Yahvé le double pour tous ses péchés » (Is 40, 2). Cornelius a Lapide commente ainsi ce texte : « Dieu a enlevé par le Christ les iniquités de l'Église. Au lieu des peines qu'elle méritait pour ses péchés, elle a reçu doubles biens ».