Feria V 9 Iulii 2026, Hebdomada XIV per annum,
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Livre : Dom Chautard, l'âme de tout apostolat

Amener le cher lecteur à admettre comme frappante la thèse r...

Amener le cher lecteur à admettre comme frappante la thèse rappelée par ce volume, serait déjà un résultat, mais insuffisant.
Le vrai but de ce livre, c’est de déterminer l’âme à se dire : Je veux vivre davantage cette thèse.
Aussi convient-il de dire fraternellement à l’homme d’œuvres, à l’apôtre qui vient de lire ces pages, surtout si cette lecture s’est faite pendant une retraite : Votre approbation de la thèse restera presque stérile si elle n’est jointe à des résolutions précises d’intensifier votre vie intérieure.
Cette cinquième partie vient donc aider le retraitant à se retremper dans les dispositions requises pour que la Vie intérieure féconde plus puissamment ses œuvres.
Le zèle n’est efficace qu’autant que l’action de Jésus-Christ vient s’y adjoindre.
Jésus-Christ est l’agent principal, nous ne sommes que ses instruments.
Jésus-Christ ne bénit point les œuvres où l’homme n’a confiance qu’en ses moyens.
Jésus-Christ ne bénit point les œuvres entretenues uniquement par l’activité naturelle.
Jésus-Christ ne bénit point les œuvres où l’amour propre travaille à la place de l’amour divin. 
Malheur à qui se refuse aux œuvres auxquelles Dieu l’appelle.
Malheur à qui s’ingère dans les œuvres sans s’assurer de la volonté de Dieu.
Malheur à qui, dans les œuvres, veut gouverner sans dépendre véritablement de Dieu.
Malheur à qui, dans l’exercice des œuvres ne prend pas les moyens de conserver ou de recouvrer la vie intérieure.
Malheur à qui ne sait pas ordonner la vie intérieure et la vie active, de telle sorte que celle-ci ne nuise pas à l’autre.
1er principe. – Ne pas se jeter dans les œuvres par pure activité naturelle, mais consulter Dieu afin de pouvoir se rendre le témoignage qu’on agit sous l’inspiration de sa grâce et d’après l’expression moralement certaine de sa volonté.
2e principe. – Il est imprudent et nuisible de rester trop longtemps dans une période d’occupations excessives qui mettrait l’âme dans un état incompatible avec les exercices essentiels de la vie intérieure. C’est le cas alors, surtout pour les prêtres et les religieux, d’appliquer, même aux œuvres les plus saintes, le Erue eum et projice abs te. 
3e principe. – Un règlement déterminant l’emploi habituel du temps et fait d’accord avec un prêtre sage, intérieur et expérimenté, doit être imposé, violemment au besoin, au débordement déréglé de vie active.
4e principe. – Pour son profit et pour celui des autres, il faut avant tout cultiver la vie intérieure. Plus on est occupé, plus aussi on a besoin de cette vie. Donc plus on doit en avoir soif, et plus on doit prendre les moyens pour que cette soif ne soit pas un de ces désirs stériles que Satan exploite si habilement pour chloroformer les âmes et les garder dans l’illusion.
5e principe. – L’âme se trouve-t-elle accidentellement et vraiment de par la volonté de Dieu, très occupée et, par suite, dans l’impossibilité morale de prolonger ses exercices de piété ? Elle possède un thermomètre infaillible qui lui indique si elle se maintient vraiment dans la ferveur. A-t-elle véritablement soif de vie intérieure, avec toute sa bonne volonté saisit-elle toutes les occasions d’en accomplir les pratiques essentielles, elle peut être en paix et doit compter fermement sur des grâces toutes spéciales. Dieu les lui réserve : elle y trouvera la force suffisante pour avancer dans la vie spirituelle.
6e principe. – Tant que l’homme d’action n’est pas parvenu à se conserver dans le recueillement et la dépendance de la grâce qui doivent l’accompagner partout, il est dans un état insuffisant de vie intérieure. Pour ce recueillement nécessaire, point de contention. Un coup d’œil habituel partant plus du cœur que de l’esprit suffit. Coup d’œil sûr, juste, pénétrant pour distinguer si l’on reste dans l’action sous l’influence de Jésus.
1° Se bien buriner dans l’esprit que sans le Règlement dont il est parlé ci-dessus et la volonté ferme de s’y astreindre habituellement, et en particulier quant à l’heure du lever rigoureusement fixée, l’âme ne peut pas poursuivre la vie intérieure.
2° Mettre à la base de la vie intérieure, comme un élément indispensable, l’oraison du matin. « Celui, dit sainte Thérèse, qui est déjà bien déterminé à faire coûte que coûte la demi-heure d’oraison du matin, a déjà fait la moitié du chemin. » Et sans oraison, presque forcément journée de tiédeur.
3° Messe, Communion, récitation du bréviaire, fonctions liturgiques sont des mines incomparables de vie intérieure et doivent être exploitées avec une foi et une ferveur grandissantes.
4° Examen particulier et examen général doivent aboutir ainsi qu’Oraison et Vie liturgique à l’habitude de la Garde du cœur par laquelle se réalise l’union du Vigilate et de l’Orate. L’âme attentive à ce qui se passe dans son intérieur et à la présence de la Très Sainte Trinité en elle acquiert l’instinct de recourir à Jésus en toutes circonstances, mais surtout si elle aperçoit danger de se dissiper ou de faiblir.
5° De là un besoin de prier sans cesse par les communions spirituelles et les oraisons jaculatoires si faciles, lorsqu’on le veut bien, même au milieu des occupations les plus absorbantes, et si agréables à varier en les appropriant aux besoins spéciaux du moment présent, aux circonstances actuelles, dangers, difficultés, lassitude, déceptions, etc.
6° Pieuse étude de l’Écriture Sainte, du Nouveau Testament surtout, doivent trouver place chaque jour ou du moins plusieurs fois par semaine dans une vie sacerdotale. – La lecture spirituelle de l’après-midi est un devoir quotidien qu’une âme généreuse se garde de négliger. L’esprit a besoin d’être mis en présence des vérités surnaturelles, des dogmes générateurs de la pitié et des conséquences morales qui en découlent et qu’on oublie si facilement.
7° Grâce à cette garde du cœur qui en sera comme la préparation éloignée, la confession hebdomadaire sera sûrement imprégnée de contrition sincère, de douleur vraie et de ferme propos de plus en plus loyal et résolu.
8° La retraite annuelle est très utile, mais insuffisante. La retraite du mois (d’un jour entier ou au moins d’une demi-journée) vraiment employée à remettre l’âme en équilibre est presque indispensable à l’homme d’œuvres.
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