Feria V 9 Iulii 2026, Hebdomada XIV per annum,
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Livre : Dom Chautard, l'âme de tout apostolat

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Pour mettre plus d’unité dans ma vie spirituelle et m’unir encore davantage à la vie de l’Église, je viserai à rattacher à la Liturgie, autant que possible, mes autres exercices de piété. Par exemple, je choisirai de préférence un sujet d’oraison en rapport avec la période ou la fête du Cycle liturgique ; dans mes Visites au Saint Sacrement, je m’entretiendrai plus volontiers, selon le temps de l’année, avec Jésus enfant, Jésus souffrant, Jésus glorifié, Jésus vivant dans son Église, etc. Lectures privées sur le Mystère ou sur la vie du Saint dont on honore la mémoire apporteront aussi leur concours à ce plan de spiritualité liturgique.
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Maître adorable, préservez-moi des Contrefaçons de la Vie liturgique. Elles sont nuisibles à toute vie intérieure, surtout parce qu’elles atténuent le combat spirituel.
Préservez-moi d’une piété qui ne ferait consister cette Vie liturgique que dans des jouissances poétiques, ou dans une étude attrayante d’archéologie religieuse, ou bien qui inclinerait au quiétisme et à ce qu’il engendre, c’est-à-dire à l’affaiblissement de tout ce qui est le ressort de la Vie intérieure : crainte, espérance, désir du salut et de la perfection, lutte contre les défauts et travail pour acquérir la vertu.
Donnez-moi la conviction qu’en ce siècle d’occupations absorbantes et périlleuses, la Vie liturgique, si parfaite soit-elle, ne saurait dispenser de l’Oraison du matin.
Éloignez de moi le Sentimentalisme et la « Pieuseté » qui font consister la Vie liturgique dans les impressions et les émotions, et laissent la volonté esclave de l’imagination et de la sensibilité.
Certes, vous n’exigez pas que je reste insensible à tout ce que la Liturgie contient de beauté et de poésie. Bien au contraire. Par ses chants et ses cérémonies, votre Église s’adresse précisément aux facultés sensitives dans le but d’atteindre plus pleinement l’âme de ses enfants, de mieux présenter à leur volonté les vrais biens, et de les élever plus sûrement, plus facilement et plus complètement vers Dieu.
Je puis donc savourer tout ce qu’il y a d’inaltérable et de salutaire fraîcheur dans les Dogmes mis en relief par la Liturgie, me laisser émouvoir devant le spectacle plein de majesté d’une grand’messe solennelle, goûter les prières de l’absolution ou les rites si touchants du baptême, de l’extrême-onction, de l’inhumation, etc.
Mais je ne dois jamais perdre de vue que toutes les ressources offertes par la sainte Liturgie ne sont que des moyens d’arriver au but unique de toute vie intérieure : Faire mourir le vieil homme pour que Vous, ô Jésus, puissiez vivre et régner à sa place.
J’aurai donc la vraie Vie liturgique lorsque, pénétré d’esprit liturgique, j’utiliserai Messe, Prières et Rites officiels pour augmenter mon union avec l’Église, progresser ainsi dans la participation à la Vie intérieure de Jésus-Christ, dès lors à ses vertus, et mieux le refléter aux yeux des fidèles.
Cette Vie liturgique, ô Jésus, suppose un attrait spécial pour tout ce qui se rapporte au culte.
A certains vous avez donné gratuitement cet attrait. D’autres sont moins privilégiés. Mais s’ils vous le demandent, et s’aident de l’étude et de la réflexion, ils l’obtiendront.
La méditation que je ferai plus tard sur les avantages de la Vie liturgique accroîtra ma soif de l’acquérir coûte que coûte. Maintenant j’arrête mon esprit sur les caractères qui distinguent cette Vie et lui donnent ainsi une place importante dans la spiritualité.
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S’unir, même de loin, avec l’Église, par la pensée et l’intention, à votre Sacrifice, ô Jésus ; fondre sa prière avec la Prière officielle et incessante de votre Église, que c’est grand déjà ! Le cœur du simple baptisé vole ainsi plus sûrement vers Dieu, porté par vos louanges, adorations, actions de grâces, réparations et demandes. 
Prendre une part active, ce sont les propres paroles de Pie X, et coopérer aux Saints Mystères et à la Prière publique et solennelle par une assistance pieuse et éclairée, par l’avidité à profiter des fêtes et des cérémonies, ou mieux encore en servant la Messe, en y répondant, ou en prêtant son concours à la récitation ou au chant des offices, n’est-ce pas le moyen d’entrer en communication plus directe avec la pensée de votre Église, et de puiser à sa source première et indispensable le véritable esprit chrétien ? 
Mais, ô sainte Église, en vertu de l’ordination ou de la profession religieuse, se présenter chaque jour, uni aux Anges et aux Élus, comme votre Ambassadeur attitré, devant le trône de Dieu, pour exprimer la Prière officielle, quelle noble mission !
Dignité incomparablement plus sublime encore et au-dessus de toute expression, lorsque Ministre sacré, je deviens un autre Vous-même, ô mon divin Rédempteur, par l’administration des Sacrements et surtout par la célébration du Saint Sacrifice !
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