Feria V 9 Iulii 2026, Hebdomada XIV per annum,
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Livre : Dom Chautard, l'âme de tout apostolat

0 ma Mère Immaculée, c’est pour que vous m’aidiez à garder m...

0 ma Mère Immaculée, c’est pour que vous m’aidiez à garder mon cœur uni par Jésus à la Trinité Sainte que sur le Calvaire la parole de votre Fils m’a constitué votre enfant.
Je veux que les invocations de plus eu plus fréquentes que je vous adresserai visent surtout cette garde de mon cœur, afin d’en purifier les tendances, les intentions, les affections et les volontés.
Je ne veux plus me dérober à votre douce voix : « Arrête-toi, mon fils, rectifie ton cœur, Non, il n’est pas vrai qu’en ce moment tu poursuives uniquement la gloire de Dieu. » Que de fois, pendant mes dissipations ou mes occupations mal réglées, vous m’avez adressé cette maternelle invitation ! Et que de fois, hélas ! je l’ai étouffée !
Ma Mère, désormais, j’entendrai ce rappel de votre Cœur, et ma fidélité y répondra par un arrêt énergique et tout d’une pièce. Il pourra n’avoir que la durée d’un éclair, mais il suffira pour que je me pose l’une au l’autre de ces questions : Pour qui est l’action présente ? Comment Jésus agirait-il à ma place ? Cette interrogation intime passée à l’état d’habitude constitue la Garde du cœur. Elle me permettra dans les moindres détails de tenir mes facultés et leurs tendances dans une dépendance habituelle de plus en plus parfaite à l’égard de Dieu vivant en moi.
Je gémis de rester hors de la présence de Dieu pendant de longs intervalles au cours de mes travaux. Je gémis en constatant que, pendant ce temps de vie extériorisée, de nombreuses fautes m’échappent quel que soit l’état de mon âme, mélange de ferveur et d’imperfection ou tiédeur caractérisée ; je veux commencer dès aujourd’hui à y porter remède en m’exerçant à la Garde du cœur.
Le matin pendant mon oraison je déterminerai mais résolument et bien nettement un moment de mon travail, pendant lequel je m’efforcerai tout en m’adonnant avec ardeur à l’œuvre voulue par Dieu, de vivre de vie intérieure aussi parfaite que possible, de Garde du cœur, c’est-à-dire de vigilance sous votre regard, ô Jésus, et de recours à Vous comme si j’avais fait le vœu du plus parfait.
Je commencerai par cinq minutes ou même moins matin et soir,  viserai bien plus à la perfection de cet exercice qu’à sa durée, m’efforcerai de le faire de mieux en mieux et d’agir au milieu du travail, même et surtout s’il est absorbant, à la façon d’un saint par la pureté d’intention, la garde de mon cœur et de toutes mes facultés, la générosité d’allure, en un mot, comme agirait agi Jésus lui-même s’il avait eu à accomplir ce même travail.
Ce sera un apprentissage de vie intérieure pratique. Ce sera une protestation contre mon habitude de dissipation et d’evagatio mentis. Je veux Jésus. Je veux son règne. Je veux que, le temps des occupations extérieures arrivé, ce règne continue en moi. Je ne veux plus que mon âme soit comme un corridor ouvert à tous les vents et se mette dans l’impossibilité de vivre unie à Jésus et d’être vigilante, suppliante, généreuse.
Pendant ce court instant, mon œil restera sans contention, mais exactement fixé sur les divers mobiles de mon âme qui ne se pardonnera Tien. Ma bonne volonté sera à son tour ardemment décidée à ne rien épargner pour vivre parfaitement pendant ce si court intervalle. Mon cœur, de son côté, sera résolu à recourir fréquemment à Notre-Seigneur pour se maintenir dans cet essai de sainteté.
Cet exercice sera cordial, joyeux et accompli avec dilatation d’âme. Sans doute vigilance et mortification me seront nécessaires pour me maintenir en la présence de Dieu et refuser à mes facultés et à mes sens tout ce qui sent le naturel. Mais je ne me contenterai pas de ce côté négatif. Je viserai surtout à informer cet exercice de cette intensité d’amour qui, en me faisant pratiquer avec le plus grand soin l’Age quod agis par la pureté d’intention d’abord, puis avec une ardeur, une impersonnalité et une générosité toujours croissantes, donne à mes œuvres toute leur perfection et toute leur valeur.
Le soir à l’examen général (ou à l’examen particulier, si je prends comme sujet cet exercice), rigoureuse analyse de ce qu’ont été ces minutes de gardé du cœur plus étroite, sans réserves, près de Jésus. M’infliger sanction, petite pénitence (ne fût-ce que la privation d’un peu de vin ou de dessert à l’insu de tout regard étranger, ou une courte prière les bras en croix, ou quelques coups secs de règle ou (l’objet dur sur les doigts) si je constate que je n’ai pas été assez vigilant, assez fervent, assez suppliant, assez aimant, pendant cette tentative de garde du cœur, c’est-à-dire de vie intérieure unie à la vie active.
Quels merveilleux résultats ressortiront de cet exercice ! Quelle école de Garde du cœur !
Que de vues nouvelles sur péchés et imperfections dont je ne soupçonnais pas l’existence !
Ces instants bénis rayonneront peu à peu virtuellement sur ceux qui les suivront. Toutefois je ne les prolongerai que lorsque j’aurai d’abord presque épuisé ce que je puis entrevoir d’horizon de sainteté, de perfection d’exécution et d’intensité d’amour.
Je viserai la qualité plutôt que l’étendue. Ma soif de ne plus m’en tenir à de courtes minutes s’aiguisera dans la proportion’ où j’aurai vu plus exactement ce que je suis et ce que vous attendez de moi, ô Jésus. Et peu à peu, me familiarisant avec cet exercice salutaire, j’en contracterai le besoin, l’habitude, et vous découvrirez à mon âme ainsi purifiée les secrets de la vie d’union avec Vous.
La trame de ma vie est presque toute plus ou moins souillée. C’est de cette conviction, dont Satan cherche à me distraire, que naît la défiance de moi-même et des créatures. C’est cet élément qui, greffé sur mon désir d’être à Jésus, produira forcément :
Vigilance loyale et exacte, douce, calme, confiante en la grâce et base sur la répression de la dissipation et des excès de l’empressement naturel. Renouvellement fréquent de ma résolution. Recommencements inlassables, pleins de confiance dans la miséricorde de Jésus pour l’âme qui lutte véritablement afin d’arriver à la garde du cœur. Certitude croissante que je ne combats pas seul, mais uni à Jésus vivant en moi, à Marie ma Mère, à mon Ange gardien et aux Saints. Conviction que ces puissants alliés m’assistent à tous instants pourvu que je poursuive cette garde du cœur et que je ne m’éloigne pas de leur assistance. Enfin recours cordial et fréquent à tous ces aides divins afin qu’ils m’aident à faire quod Deus vult, et à le faire quomodo Deus vult et quia Deus vult. 
Oh ! que ma vie va être transformée, ô Jésus, si je garde mon cœur uni à Vous !
Mon intelligence pourra être tout appliquée à l’action présente. Mais ce que j’ai constaté dans des âmes extrêmement occupées et dont le cœur cependant ne cessait de respirer en vous, je veux arriver à le réaliser au cours de mes travaux les plus absorbants.
Si j’ai bien compris ce qu’est la Garde du cœur, loin de diminuer ce qu’il faut de liberté d’action à mes facultés pour accomplir tous mes devoirs d’état, la respiration de mon âme dans l’atmosphère d’amour que vous êtes, ô Jésus, ne fera que l’augmenter et rendra ma vie sereine, ensoleillée, puissante et féconde.
Au lieu d’être l’esclave de mon orgueil, de mon égoïsme ou de ma paresse, au lieu de gémir sous le joug des passions et des impressions, je deviendrai de plus en plus libre. Et de ma liberté perfectionnée je pourrai, ô mon Dieu, vous faire, et fréquemment, un hommage de dépendance. Ainsi je m’affermirai dans la véritable humilité, fondement sans lequel une vie intérieure ne serait que trompeuse. Ainsi, je développerai en moi l’esprit fondamental de soumission : Submissio ad Deum,  qui résume tout l’intime de la vie du Sauveur.
Participant à la flamme d’amour qui vous rendit, ô Jésus, toujours si attentif et si docile au bon plaisir de votre Père, je mériterai de participer dans le ciel à la gloire dont jouit votre Humanité en récompense de son admirable dépendance par humilité et par amour : Factus obediens… propter quod et Deus exaltavit illum. 
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