Feria V 9 Iulii 2026, Hebdomada XIV per annum,
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Livre : Dom Chautard, l'âme de tout apostolat

Résolution de Vie Liturgique.

Résolution de Vie Liturgique.
Par ma Messe, mon Bréviaire et mes autres Fonctions liturgiques, je veux comme Membre ou Ambassadeur de l’Église, m’unir de plus en plus à sa Vie, et ainsi me revêtir davantage de Jésus et de Jésus crucifié, surtout si je suis son Ministre.
O Jésus, c’est vous que j’adore comme le Centre de la Liturgie. C’est vous qui donnez l’unité à cette Liturgie que je puis définir : Le culte public, social, officiel que l’Église rend à Dieu ; ou encore : L’ensemble des moyens que l’Église a consignés surtout dans le Missel, le Rituel et le Bréviaire, et dont elle se sert pour exprimer sa Religion envers l’Adorable Trinité, comme aussi pour instruire et sanctifier les âmes.
C’est au Sein même de l’Adorable Trinité que tu dois, ô mon âme, contempler l’Éternelle Liturgie par laquelle les trois Personnes se chantent l’une à l’autre la Vie divine et la Sainteté infinie, dans cet hymne ineffable de la génération du Verbe et de la procession du Saint-Esprit. Sicut erat in principio…
Dieu a voulu être loué en dehors de Lui. Il crée les Anges et le ciel retentit de leurs acclamations : Sanctus, Sanctus, Sanctus. Il crée le monde visible, et celui-ci fait éclater sa puissance : Coeli enarrant gloriam Dei.
Adam apparaît et commence au nom de la création l’hymne de la louange, écho de l’Éternelle Liturgie. Abel, Noé, Melchisédech, Abraham, Moïse, le Peuple de Dieu, David et tous les Saints de l’ancienne Loi la chantent à l’envie. La Pâque israélite, les sacrifices et les holocaustes, le culte solennel rendu à Jéhovah dans son Temple lui donnent une forme officielle. Hymne imparfaite, surtout depuis la chute : Non est speciosa laus in ore peccatoris. 
C’est Vous, ô Jésus, Vous seul, qui êtes l’hymne parfaite, puisque Vous êtes la vraie gloire du Père. Personne ne peut dignement glorifier votre Père que par Vous. Per Ipsum, et cum Ipso, et in Ipso est tibi Deo Patri… omnis honor et gloria.  Vous êtes le trait d’union entre la Liturgie de la terre et la Liturgie du ciel à laquelle vous associez plus directement vos élus. Votre Incarnation est venue unir, d’une manière substantielle et vivante, l’humanité et la création tout entière à la Liturgie divine. C’est un Dieu qui loue Dieu. Louange pleine et parfaite qui a son apogée dans le Sacrifice du Calvaire.
Avant de quitter la terre, divin Sauveur, vous avez institué le Sacrifice de la nouvelle Loi pour renouveler votre immolation. Vous avez aussi institué les Sacrements afin de communiquer votre Vie aux âmes.
Mais vous avez laissé à votre Église le soin d’entourer ce Sacrifice et ces Sacrements de symboles, de cérémonies, d’exhortations, de prières, etc., afin qu’ainsi elle honore davantage le mystère de la Rédemption, en facilite à ses enfants l’intelligence, les aide à en mieux profiter, et excite en leurs âmes un respect mêlé de crainte.
A cette même Église vous avez donné aussi la mission de continuer jusqu’à la consommation des siècles la prière et la louange que votre Cœur n’a cessé de faire monter vers votre Père durant votre vie mortelle, et qu’il lui offre encore incessamment au Tabernacle et dans les splendeurs de la gloire céleste.
Avec l’amour d’Épouse qu’elle a pour vous, avec la sollicitude de Mère que votre Cœur a mise en elle pour nous, l’Église s’est acquittée de cette double tâche. Ainsi se sont formés ces merveilleux recueils qui renferment tous les trésors de la Liturgie.
Dès lors, l’Église unit sa louange à celle que les Anges et ses enfants élus rendent à Dieu dans le Ciel. Elle prélude ainsi à son occupation éternelle.
En s’unissant à celle de l’Homme-Dieu, cette louange, cette prière de l’Église se divinise, et la Liturgie de la terre va se fondre avec celle des Hiérarchies célestes dans le Cœur de Jésus pour faire écho à cette Louange éternelle qui jaillit du Foyer d’amour infini qu’est la Très Sainte Trinité.
Seigneur, les lois de votre Église n’exigent strictement de moi que la fidèle observation des rites, et la prononciation exacte des paroles.
Mais, à n’en pas douter, vous désirez que ma bonne volonté vous offre davantage. Vous voulez que mon esprit et mon cœur profitent des richesses cachées dans la Liturgie pour s’unir plus intimement à votre Église et arriver à s’unir plus étroitement à vous.
Déterminé par l’exemple de vos plus fidèles serviteurs, je veux, bon Maître, avec empressement m’asseoir au riche festin auquel l’Église me convie, sûr de trouver dans l’Office divin, dans les formules, cérémonies, collectes, épîtres, évangiles, etc., qui accompagnent l’auguste Sacrifice de la Messe et l’administration des sacrements une nourriture aussi saine qu’abondante pour le développement de ma vie intérieure.
Quelques réflexions sur la pensée mère qui relie les éléments liturgiques et sur les fruits auxquels se reconnaîtront mes progrès, me préserveront de l’illusion.
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Chacun des rites sacrés peut être comparé à une pierre précieuse. Mais à quel point la valeur et l’éclat de ceux qui se rapportent à la Messe et à l’Office se trouvent rehaussés, si je sais les enchâsser dans ce merveilleux ensemble qu’est le Cycle liturgique ! 
Tenue pendant toute une période sous l’influence d’un Mystère, nourrie par ce que l’Écriture et la Tradition contiennent de plus instructif et de plus affectif sur ce sujet, orienté constamment vers un même ordre d’idées, mon âme doit nécessairement subir l’influence d’une telle attention, et trouver dans les sentiments que l’Église lui suggère un aliment aussi substantiel que savoureux pour profiter de la grâce spéciale que Dieu réserve à chaque période, à chaque fête de ce Cycle.
Le Mystère vient me pénétrer, non pas seulement comme une vérité abstraite que l’on s’assimile par la méditation, mais il saisit mon être tout entier en mettant en jeu même mes facultés sensibles pour exciter mon cœur et déterminer ma volonté. Ce n’est plus un simple mémorial du passé, un simple anniversaire, c’est un fait qui a le caractère d’un événement présent dont l’Église se fait une application actuelle, et auquel elle participe réellement.
Au temps de Noël, par exemple, en fêtant près de l’autel l’avènement du Divin Enfant, mon âme peut redire : Hodie Christus natus est, hodie Salvator apparuit, hodie in terra canunt Angeli… 
A chaque période du Cycle liturgique, Missel et Bréviaire me découvrent un nouveau rayon de l’amour de Celui qui pour nous est à la fois Roi, Docteur, Médecin, Consolateur, Sauveur et Ami. À l’Autel, comme à Bethléem, à Nazareth, ou sur les bords du Lac de Tibériade, Jésus se révèle Lumière, Amabilité, Tendresse, Miséricorde. Il s’y révèle surtout l’Amour personnifié, parce qu’il est la Souffrance personnifiée, l’Agonisant de Gethsémani et le Réparateur du Calvaire.
Ainsi la Liturgie donne à la Vie Eucharistique son plein épanouissement. Et votre Incarnation qui a rapproché Dieu de nous, ô Jésus, en nous le montrant visible en Vous, continue de nous rendre le même service à chacun des mystères que nous fêtons.
De cette façon, ô Jésus, je partage, grâce à la Liturgie, la Vie de l’Église et la Vôtre. Avec elle, j’assiste chaque année à tous les Mystères de votre Vie cachée, publique, souffrante et glorieuse, avec elle j’en recueille les fruits. De plus les fêtes périodiques de Notre-Dame et des Saints qui ont le mieux imité votre Vie intérieure m’apportent encore, en me mettant leurs exemples sous les yeux, un surcroît de lumière et de force pour reproduire en moi vos vertus et inculquer dans l’âme des fidèles l’esprit de votre Évangile.
Comment pourrais-je réaliser dans mon Apostolat le vœu de Pie X ; comment les fidèles pourraient-ils par mon concours entrer en participation active aux Saints Mystères et à la Prière publique et solennelle de l’Église, ce qui est, dit ce Pape, la source première et indispensable du véritable esprit chrétien,  si moi-même je passe près des trésors de la Liturgie, sans même en soupçonner les merveilles ?
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