Feria V 9 Iulii 2026, Hebdomada XIV per annum,
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Livre : Dom Chautard, l'âme de tout apostolat

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École de Présence de Dieu que la Liturgie, et de Présence de notre Dieu tel que l’a manifesté l’Incarnation ! Ou plutôt École de Présence de Jésus et de Charité.
L’amour s’alimente par la connaissance de l’amabilité de l’être aimé, par les preuves d’amour qu’il nous a données, mais surtout, dit saint Thomas, par sa présence.
La Liturgie nous reproduit, nous explique et nous applique les diverses manifestations de la vie de Jésus-Christ parmi nous. Elle nous entretient dans une atmosphère surnaturelle et divine, en continuant, pour ainsi dire, la vie de Notre-Seigneur, et en nous manifestant dans tous les mystères l’amabilité et la tendresse de son cœur.
C’est Vous-même, ô Jésus, qui par la Liturgie continuez votre grande leçon et votre grande manifestation d’amour. Je vous perçois de plus en plus non pas à la manière de l’historien, c’est-à-dire, voilé par les siècles, ni comme vous connaît souvent le théologien à travers d’ardues spéculations. Vous êtes tout proche de moi. Vous êtes toujours l’Emmanuel, Dieu avec nous, avec votre Église, donc avec moi. Vous êtes quelqu’un avec lequel vit chaque membre de votre Église, et que la Liturgie m’amène à voir en toute circonstance au premier plan comme l’exemplaire et la fin de mon amour.
Par le Cycle des fêtes, par les leçons choisies dans votre Évangile et dans les écrits de vos Apôtres, par les rayons merveilleux dont elle fait resplendir vos Sacrements et surtout votre Eucharistie, l’Église vous fait vivre au milieu de nous et nous fait entendre les battements de votre Cœur.
Croire que Jésus vit en moi et qu’il veut y agir, si je n’y mets pas d’obstacle, quel levier de vie surnaturelle me donne l’oraison en m’inculquant cette vérité. Mais, fréquemment au cours de la journée, par les moyens variés et sensibles qu’offre la Liturgie, me nourrir du dogme de la grâce, de Jésus priant, agissant avec chacun des membres dont il est la vie, suppléant pour eux, donc pour moi, c’est me maintenir sous l’influence du surnaturel, c’est me faire vivre d’union à Jésus et m’établir dans son amour.
Amour de complaisance, de bienveillance, de préférence, d’espérance : toutes ces formes éclatent au travers des admirables collectes, au travers des psaumes, des cérémonies, des prières, et pénètrent mon âme.
Combien cette manière de me présenter Jésus vivant et toujours présent rendra forte et généreuse ma Vie intérieure ! Et lorsque pour vivre de surnaturel j’aurai un acte de détachement ou d’abnégation à produire, une obligation difficile à accomplir, une souffrance ou une injure à supporter, combien combat spirituel, vertu, épreuve perdront de leur côté douloureux et répugnant, si au lieu de voir la Croix nue, je vous y vois attaché, ô mon Sauveur, et vous entends me demander, en me montrant vos Plaies ce sacrifice comme preuve de mon amour.
Précieux appui d’autre part que me donne la Liturgie, en me répétant que mon amour ne s’exerce pas isolément. Je ne mis pas seul à lutter contre le naturalisme qui tend sans cesse à m’enliser. L’Église s’intéressant à mon incorporation dans le Christ me suit maternellement, me donne part à tous les mérites des millions d’âmes avec lesquelles je suis en communion et qui parlent la même langue d’amour officiel que moi, et me renouvelle dans l’assurance que le Ciel et le Purgatoire sont avec moi pour m’encourager et m’assister.
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Bien ne contribue plus que le souvenir de l’éternité à garder l’âme dans la direction de ses actions vers Dieu.
Tout dans la Liturgie me rappelle Novissima mea. Les expressions Vita aeterna, Caelum, Infernum, Mors, Saeculum saeculi et autres équivalentes reviennent fréquemment.
Suffrages et offices pour les défunts, enterrements me mettent devant les yeux la mort, le jugement, les récompenses et les châtiments sans fin, le prix du temps et les purifications indispensables ici-bas ou dans le Purgatoire, pour entrer au Ciel.
Les fêtes des Saints me parlent de la gloire de ceux qui m’ont précédé ici-bas et me montrent la couronne qui m’est réservée si je marche sur leurs traces et suis leurs exemples.
Par ces leçons l’Église me crie sans cesse : Chère âme, regarde les siècles éternels afin de rester fidèle à ta devise : Dieu en tout, toujours, partout.
Divine Liturgie, c’est de toutes les vertus que je devrais parler pour reconnaître tous les bienfaits dont je vous suis redevable. Grâce aux textes choisis de l’Écriture, que sans cesse vous faites passer sous mes regards, grâce aux rites et aux symboles qui me traduisent les divins mystères, mon âme se trouve constamment soulevée de terre et orientée tantôt vers les vertus théologales, tantôt vers la crainte de Dieu, l’horreur du péché et de l’esprit du monde, le détachement, la componction, la confiance ou la joie spirituelle.
Trois sentiments dominent dans votre Cœur, ô Maître adoré : une dépendance complète à l’égard de votre Père et dès lors une humilité parfaite, une charité ardente et universelle pour les hommes et l’esprit de sacrifice.
Humilité parfaite. A votre entrée dans le monde vous avez dit : Père, me voici pour faire votre volonté.  Vous rappelez souvent que toute votre vie intime se résume dans le désir continuel de faire en tout plaisir à votre Père.  Vous êtes l’obéissance, ô Jésus obéissant jusqu’à la mort et jusqu’à la mort de la Croix.  Encore maintenant vous obéissez à vos prêtres. A leur voix vous descendez sur la terre : Obediente Domino voci hominis. 
A quelle école me place la Liturgie pour me faire imiter votre sujétion, si mon cœur se plie aux moindres rites avec le désir de se former à l’esprit de dépendance envers Dieu, de dompter sans faiblir ce « moi » avide de liberté, et d’assouplir mon jugement et ma volonté toujours portés à ne pas imiter, ô Jésus, l’esprit fondamental que vous êtes venu enseigner par vos exemples, le Culte de la Volonté divine !
Chaque fois que je force ma personnalité à s’effacer pour obéir à l’Église comme à Vous-même, pour agir en son nom et m’unir à elle, donc pour m’unir à Vous, quel exercice précieux pour la culture de mon âme, et quels effets cette fidélité aux moindres prescriptions des rubriques produira lorsqu’il s’agira de faire fléchir mon orgueil dans des circonstances plus difficiles ! 
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