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Livre : Dom Chautard, l'âme de tout apostolat
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2e Principe : Lorsque dans une fonction liturgique j’agis comme Représentant de l’Église » Dieu désire que je Lui exprime ma vertu de Religion en ayant conscience du mandat officiel dont je suis honoré, et qu’ainsi uni de plus en plus à la vie de l’Église, je progresse dans toutes les vertus.
Représentant de votre Église, afin qu’en son nom et au nom de tous ses enfants j’offre incessamment à Dieu par Vous, ô Jésus, le sacrifice de la louange et de la supplication, je suis donc, selon la belle expression de saint Bernardin de Sienne, persona publica totius Ecclesiae os.
A chaque fonction liturgique doit donc se produire dans ma personne comme un dédoublement semblable à celui qui a lieu dans un ambassadeur. Dans sa vie privée celui-ci n’est qu’un simple particulier. Mais lorsque, revêtu des insignes de sa charge, il parle ou agit au nom de son Prince, il devient au même instant le représentant, et, à certains égards, la personne même de son Souverain.
Ainsi en est-il de moi lorsque j’accomplis mes « fonctions » liturgiques. A mon être individuel s’ajoute une dignité qui me revêt d’un mandat public. Je puis et je dois alors me considérer comme le délégué, le député officiel de l’Église tout entière.
Si je prie, récite mon office, même en particulier, ce n’est plus seulement en mon propre nom. Les formules que j’emploie, ce n’est pas moi qui les choisis. C’est l’Église qui les met sur mes lèvres. Dès lors, c’est l’Église qui prie par ma bouche, parle et agit par moi, comme le roi parle et agit par son ambassadeur. Je suis alors vraiment, selon la belle expression de saint Pierre Damien, l’Église tout entière. Par moi l’Église s’unit à la divine Religion de Jésus-Christ et adresse à la Très Sainte Trinité l’adoration, l’action de grâces, la réparation et la supplication.
Dès lors, si j’ai quelque conscience de ma dignité, comment pourrais-je commencer mon Bréviaire, par exemple, sans que s’opère dans mon être une action mystérieuse qui m’élève au-dessus de moi-même, au-dessus du cours naturel de mes pensées pour me jeter en plein dans la conviction que je suis comme un médiateur entre le Ciel et la terre ?
Quel malheur si j’oubliais ces vérités ! Les Saints en étaient pénétrés. Ils en vivaient. Dieu attend de moi que je m’en souvienne quand j’exerce une fonction. L’Église, par la Vie liturgique, m’aide sans cesse à ne pas perdre de vue que je suis son Représentant, et Dieu exige qu’à ce titre corresponde dans la pratique une vie exemplaire.
O mon Dieu, pénétrez-moi d’une estime profonde pour cette mission que l’Église me confie. Quel stimulant j’y trouverai contre ma lâcheté dans le combat spirituel ! Mais aussi donnez-moi le sentiment de ma grandeur comme chrétien et accordez-moi pour votre Église une âme d’enfant, afin que je puisse profiter largement des trésors de vie intérieure accumulés dans la sainte Liturgie.
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