Feria V 9 Iulii 2026, Hebdomada XIV per annum,
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Livre : Dom Chautard, l'âme de tout apostolat

Membre de l’Ordre de Cîteaux si étroitement consacré à Marie...

Membre de l’Ordre de Cîteaux si étroitement consacré à Marie, enfant de saint Bernard apôtre incomparable de l’Europe pendant un demi-siècle, pourrions-nous oublier que le saint Abbé de Clair-vaux attribuait à Marie tous ses progrès dans l’union avec Jésus et tous ses succès dans l’apostolat ?
Tous savent ce que fut, près des peuples et des rois, au sein des Conciles et sur le cœur des Papes, l’apostolat de celui qui reste le fils le plus illustre du Patriarche saint Benoît.
Tous exaltent la sainteté, le génie, la science profonde des Saints Livres, et l’onction pénétrante des écrits du dernier des Pères de l’Église.
Mais ce qui résume surtout l’admiration des siècles pour le saint Docteur, c’est le titre de Cytharista Mariae qui lui est décerné.
« Chantre de Marie » il n’a été surpassé par aucun de ceux qui ont célébré les gloires de la Mère de Dieu. Saint Bernardin de Sienne et saint François de Sales, aussi bien que Bossuet, saint Alphonse, le Bienheureux Grignon de Montfort, etc., puisent largement dans les trésors de saint Bernard lorsqu’ils veulent parler d’Elle et trouver des arguments pour étayer cette vérité que le saint Docteur met en relief : « Tout nous vient par Marie. »
« Voyons, mes frères, avec quels sentiments de dévotion Dieu a voulu que nous honorions Marie, Lui a mis en Elle la plénitude de tout bien. S’il est en nous quelque espérance, quelque grâce, quelque gage de salut, reconnaissons que tout cela déborde sur nous de Celle qui est comblée de délices… Ôtez ce soleil qui éclaire le monde, c’en est fait du jour. Enlevez Marie, cette étoile de la mer, de notre grande et vaste mer, que reste-t-il, sinon une profonde obscurité, une ombre de mort et d’épaisses ténèbres ? C’est donc du plus intime de nos cœurs, du fond même de nos entrailles et de tous nos vœux que nous devons honorer la Vierge Marie ; car c’est la volonté de Celui qui a voulu que nous ayons tout par Elle. » 
Fort de cette doctrine, nous n’hésitons pas à formuler que l’apôtre quoi qu’il fasse pour son salut et son progrès spirituel et pour la fécondité de son apostolat, risque de ne bâtir que sur le sable, si son activité ne repose pas sur une très spéciale dévotion à Notre-Dame.
a) Pour la vie intérieure personnelle. L’apôtre est insuffisamment dévot envers sa Mère si sa confiance en Elle n’a rien d’enthousiaste, et si le culte qu’il Lui rend est presque tout extérieur. Comme son Fils, intuetur cor, Elle ne regarde que nos cœurs, et ne nous juge ses vrais enfants que par la force avec laquelle notre amour répond au sien.
Cœur fermement convaincu des grandeurs, des privilèges et des fonctions de Celle qui est à la fois la Mère de Dieu et la Mère des hommes ;
Cœur pénétré de cette vérité, que lutte contre les défauts, acquisition des vertus, règne de Jésus-Christ dans les âmes, donc sécurité du salut et sanctification, sont en proportion du degré de dévotion envers Marie ; 
Cœur saisi de cette pensée que tout est plus facile, plus sûr, plus suave et plus rapide dans la vie intérieure, quand on agit avec Marie ; 
Cœur débordant de confiance filiale, quoi qu’il arrive, envers Celle dont il connaît par expérience les délicatesses, les prévenances, les tendresses, les miséricordes et les générosités ; 
Cœur enflammé de plus en plus d’amour envers Celle qu’il ne sépare d’aucune de ses joies, qu’il unit à toutes ses peines et par qui passent toutes ses affections ;
Tous ces sentiments reflètent bien le cœur de saint Bernard, exemplaire de l’homme d’œuvres. Qui ne connaît les paroles qui jaillissent de l’âme de ce saint Abbé, lorsque, expliquant devant ses moines l’Évangile Missus est, il s’écrie :
« O vous, qui comprenez que dans le flux et le reflux de ce siècle, vous flottez au milieu des orages et des tempêtes plutôt que vous ne marchez sur la terre, tenez vos yeux fixés sur cette étoile, pour ne point périr dans la tourmente. Si les vents des tentations se déchaînent, si vous vous heurtez aux écueils des tribulations, regardez l’étoile, appelez Marie. Si vous êtes secoué par les flots de l’orgueil, de l’ambition, de la médisance, de la jalousie, regardez l’étoile, appelez Marie. Si la colère ou l’avarice ou les convoitises assaillent le frêle esquif de votre âme, levez les yeux vers Marie. Si, accablé de l’énormité de vos fautes, confus des plaies hideuses de votre conscience, épouvanté de l’horreur du jugement, vous commencez d’être absorbé dans l’abîme de la tristesse et du désespoir, pensez à Marie. Dans les périls, dans les angoisses, dans les doutes, pensez à Marie, invoquez Marie. Que Marie ne soit jamais loin de vos lèvres, jamais loin de votre cœur ; et, pour obtenir le suffrage de sa prière, n’oubliez pas l’exemple de sa vie. En la suivant vous ne vous égarez pas ; en la priant, vous ne désespérez pas ; en la contemplant, vous n’errez pas. Avec son appui, vous ne tombez pas ; sous sa protection vous ne craignez pas ; sous sa conduite vous ne vous lassez pas ; si elle vous est propice, vous parvenez au port. »
Forcé de nous limiter et voulant néanmoins offrir à nos confrères dans l’apostolat comme le résumé des conseils de saint Bernard pour arriver à être un véritable enfant de Marie, nous croyons ne pouvoir mieux faire qu’en les engageant fraternellement à lire avec attention le si solide et si précieux volume « La vie spirituelle à l’école du Bienheureux Grignon de Montfort » écrit par le P. Lhoumeau. 
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