Feria V 9 Iulii 2026, Hebdomada XIV per annum,
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Livre : Madame Cécile Bruyère, la vie spirituelle et l'oraison

CHAPITRE IV

CHAPTER IV
That union with God, though offered to all Christians, is nevertheless a grace.
A grace to strive for
L'union avec Dieu sur la terre est le terme auquel tend toute vie spirituelle ; mais cette union ne laisse pas pourtant de demeurer une grâce, et tous les efforts de l'homme, tous ses travaux ne sauraient la lui obtenir naturellement. « Alors, se disent plusieurs, si l'union à Dieu est une grâce, elle est au-dessus de mon atteinte ; je ne puis donc que l'attendre, en repos, de la gratuite libéralité de Dieu. Comment concilier en effet que l'union soit à la fois et une grâce et le but proposé à tous les chrétiens ? »
Comme si tout ce que nous recevons de Dieu n'était pas un bienfait, jusqu'à cet être premier lui-même, qui assurément ne nous est pas dû ! Mais en laissant au mot grâce sa signification de secours gratuit dans l'ordre surnaturel, il est facile de voir que nous ne saurions abriter notre lâcheté lie l'incapacité où nous sommes d'accomplir l'œuvre : comme si, dès là que l'union est une grâce, il ne nous restait plus qu'à l'attendre des mains de Dieu, mais sans rien faire pour l'obtenir. Nous voudrions démontrer que ces deux points de vue se concilient fort bien. La persévérance finale est aussi une grâce ; mais bien qu'elle soit, disons plus, par cela même qu'elle est une grâce, nous sommes obligés en conscience, faisant tout ce qui est requis pour l'obtenir, d'espérer avec constance, avec fermeté, qu'elle nous sera accordée.
Aussi quand nous nous servons du mot de grâce, nous entendons simplement un bien que Dieu ne nous doit pas en vertu de sa justice, et qui est au-dessus de nos efforts et de nos exigences naturelles. Cela étant dit, gardons-nous de croire que l'âme ne puisse pas préparer la voie au Seigneur et aplanir les sentiers par où il viendra. L'exacte fidélité à se vaincre, la recherche constante de la vertu, l’imitation persévérante de Notre-Seigneur Jésus-Christ, l'obéissance loyale à tout ce que Dieu a commandé, sollicitent efficacement la grâce de l'union avec Dieu ; néanmoins, c'est de Dieu seul qu'on peut l'obtenir. Le Seigneur d'ailleurs nous montre souvent que c'est ici le champ de sa libre générosité. Tantôt il s'unit presque soudainement à une âme qui n'a rien fait pour se préparer à cette haute faveur ; tantôt il la refuse longtemps à une autre qui paraît lui rendre un service exact et fidèle.
Cette remarque, loin de nous détourner du désir de l'union divine, loin de nous porter à ralentir nos efforts, doit, au contraire, nous exciter à multiplier les actes qui peuvent attirer les regards de Notre-Seigneur sur nous. Comment nous étonner, en effet, que les dons les plus excellents que puisse nous départir la libéralité divine, nécessitent souvent beaucoup de désirs, d'efforts et de prières. Et s'il y a si peu d'âmes qui parviennent à ce terme, ce n'est pas, croyons-nous, que Dieu soit devenu parcimonieux avec les âmes; la grâce de la vie unitive serait beaucoup plus habituelle parmi les chrétiens, si elle était mieux comprise, plus estimée, et si elle devenait l'objet d'un désir plus ardent.
Quand on considère ce que les Pères du désert s'imposaient de jeûnes, de veilles, d'humiliations ; quand on voit les longues heures qu'ils donnaient à la prière tant mentale que vocale, leur admirable détachement de toutes choses, leur soumission incomparable aux maîtres spirituels qu'ils s'étaient donnés, on ne peut être surpris que Dieu ait récompensé tant de travaux par un don éminent de contemplation et d'union avec lui. C'était un don toujours, un don sans proportion, avec leurs travaux, mais qui étonne moins chez eux que lorsqu'il vient, comme à l'improviste, récompenser nos dispositions si peu généreuses encore.
This is the teaching of Scripture
Au moins devons-nous persévérer dans ce peu que nous faisons, nous efforçant de l'augmenter chaque jour et gardant une pleine confiance dans la bonté divine :
Credo vidére bona Dómini in terra vivéntium. Expécta Dóminum, viríliter age:et confortétur cor tuum, et sústine Dóminum.
I believe I shall behold the good things of the Lord in the land of the living. Wait for the Lord, act with courage; let thy heart be steadfast, and hope in the Lord. (Ps 26,13-14)
Beáti servi illi quos, cum vénerit dóminus, invénerit vigilántes : amen dico vobis, quod præcínget se, et fáciet illos discúmbere, et tránsiens ministrábit illis. Et si vénerit in secúnda vigília, et si in tértia vigília vénerit, et ita invénerit, beáti sunt servi illi.
Blessed are those servants whom the master, on his arrival, finds watching; verily, I tell thee, he shall gird himself, seat them at table, and passing before them, serve them. And if he cometh in the second watch, if he cometh in the third watch, and finds them in that state, happy are those servants! (Lk 12, 37-38)
Wherefore <i>beati</i>, - happy - if not forasmuch as eminent gifts and choice favors are reserved for this vigilance? God will let us wait and sigh sometimes until such time as the third watch, and then he shall come: what would not be the detriment and misfortune of the soul whose expectation had grown weary, on the eve or eve before the Lord's visitation!
The Gospel gives us the precious assurance that this expectation will not be fruitless:
Au reste. Dieu s'est empressé dans l'Ancien Testament de révéler le fond de sa pensée sur ce point :
Clara est, et quæ numquam marcéscit, sapiéntia : et fácile vidétur ab his qui díligunt eam, et invenítur ab his qui quærunt illam. Præóccupat qui se concupíscunt, ut illis se prior osténdat. Qui de luce vigiláverit ad illam non laborábit
La sagesse est pleine de lumière, et sa beauté ne se flétrit pas. Ceux qui l'aiment la découvrent aisément, et ceux qui la cherchent la trouvent. Elle prévient ceux qui la désirent, et se montre à eux la première. Celui qui veille dès le matin pour la posséder n'aura pas de peine, parce qu'il la trouvera assise à sa porte (Sag 6, 3-5)
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