Feria V 9 Iulii 2026, Hebdomada XIV per annum,
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Livre : Madame Cécile Bruyère, la vie spirituelle et l'oraison

Notre-Dame connaissait tous ces textes avec beaucoup d'autre...

Notre-Dame connaissait tous ces textes avec beaucoup d'autres, et pouvait en conclure que son Fils serait l'Epoux annoncé au Cantique des cantiques. Dès lors son cœur maternel devait s'ouvrir pour cette épouse prédestinée, dont la fête nuptiale serait préparée par ses soins : Egredimini et videte, filiae Sion, regem Salomonem in diademate quo coronavit illum mater sua in die desponsationis illius, et in die laetitiae cordis ejus. - Sortez, filles de Sion, et voyez le roi Salomon paré du diadème dont sa mère l'a couronné au jour de ses noces, et au jour de la joie de son coeur. (Ct 3,11) Vraiment notre Mère, dès Nazareth, elle nous considérait comme ses enfants en vertu de notre alliance avec le Roi son Fils.
La déclaration qui lui fut faite au Calvaire : Mulier, ecce filius tuus -, Femme, voici votre fils (Jn 19,26) n'était que l'épanouissement et la proclamation publique d'une vérité qui lui était depuis longtemps familière. A cette heure solennelle où l'Église allait sortir du côté entr'ouvert du nouvel Adam, il était grandement convenable que la maternité de Marie fût reconnue dans sa plénitude, ainsi qu'Isaïe l'avait célébrée dans son sublime et prophétique langage : Antequam parturiret, peperit; antequam veniret partus ejus, peperit masculum. Quis audivit umquam tale? et quis vidit huic simile? Numquid parturiet terra in die una, aut parietur gens simul, quia parturivit et peperit Sion filios suos? - Avant d'être en travail elle a enfanté ; avant le temps de l'enfantement, elle a mis au monde un enfant mâle. Qui a jamais entendu pareille chose ? qui a jamais rien vu de semblable ? La terre produit-elle son fruit en un seul jour, un peuple est-il engendré en même temps ? Car Sion, à peine en travail, a enfanté tous ses fils. (Is 66, 7-8) Un premier enfantement sans douleur d'un fils unique, puis un peuple tout entier mis au monde en une fois à travers l'angoisse et la souffrance, et enfin, pour que l'erreur ne soit pas possible relativement à la source merveilleuse de cette double maternité. Dieu lui-même déclarant qu'il est l'auteur de cette œuvre miraculeuse et sans aucune coopération humaine : Numquid ego qui alios parere facio, ipse non pariam? dicit Dominus. Si ego, qui generationem ceteris tribuo, sterilis ero? ait Dominus Deus tuus. - Moi qui fais enfanter les autres n'enfanterai-Je pas aussi? dit le Seigneur; Moi qui donne aux autres la fécondité, demeurerai-Je stérile? dit le Seigneur ton Dieu. (Is 66, 9).
Est-ce que l'auguste Vierge n'avait pas ces paroles prophétiques présentes à sa pensée, lorsque l'ange Gabriel lui assurait que l'Esprit surviendrait en elle, et que la vertu du Très-Haut la couvrirait de son ombre, et que, sans détriment pour sa virginité, elle deviendrait la mère de Dieu ? Isaïe, pour sa part, contemplant dans la lumière prophétique cet ensemble de merveilles, félicitait par avance celle qui en était l'objet et convoquait tous les hommes pour la louer : Laetamini cum Jerusalem, et exsultate in ea, omnes qui diligitis eam; gaudete cum ea gaudio, universi qui lugetis super eam. - Réjouissez-vous avec Jérusalem, et soyez dans l'allégresse avec elle, vous tous qui l'aimez; joignez votre joie à la sienne, vous tous qui pleurez sur elle; (Is 66, 10)
La nature entière qui s'était associée à l'appel que cette Mère héroïque lui avait fait entendre par ces paroles : O vos omnes qui transitis per viam, attendite, et videte si est dolor sicut dolor meus - O vous tous qui passez par le chemin, levez les yeux et voyez si une douleur est comme ma douleur. (Jr 1,12), la nature entière, disons-nous, avait le droit de se réjouir avec Notre-Dame, et particulièrement les enfants de cette grande douleur, dont le devoir était de recueillir la leçon de Tobie à son fils :
« Tu rendras honneur à ta mère tous les jours de sa vie, et tu te souviendras de combien de dangers elle a souffert pour toi. » (Tob 4, 3-4)
Cependant avec les mystères de l'Incarnation et de la Rédemption, le rôle de Notre-Dame et Mère n'est point terminé, non plus que ces mystères eux-mêmes qui se poursuivent et se complètent à travers toutes les générations, jusqu'à la formation du dernier des élus. Marie est encore notre Mère dans l'œuvre de notre sanctification : Notre Seigneur nous est venu par elle, et c'est toujours par elle qu'il vient, celui qui vient toujours jusqu'à la fin des temps, où il viendra une dernière fois comme juge des vivants et des morts.
Marie coopère constamment à la formation du corps mystique de son Fils qui est sa plénitude, et nous aimons à relever ce que pensent beaucoup d'auteurs sur la place que Notre-Dame occupe dans ce corps mystique, dont le Christ est la tête, et dont Notre-Dame est le cou, disent-ils avec raison, collum Ecclesiae mysticum,- colonne mystique de l’Eglise - tandis que nous en sommes les membres. Or, dans un corps les membres ne tiennent à la tête et ne communiquent avec elle que par le cou, son trône et son appui.
Puisque par la très sainte Vierge nous vient le Seigneur, elle est pour nous le canal de la vie surnaturelle ; c'est par elle que nous arrivent toutes les grâces non sacramentelles et toutes les dispositions préparatoires à la réception fructueuse des sacrements. Et comme chaque sacrement n'est, à la lettre, qu'un acte de Notre-Seigneur par et dans son Église, c'est encore Notre-Dame que nous rencontrons dans son Fils. Nous tenons de son cœur maternel le sang qui empourpre notre calice et nos lèvres, puisque c'est à cette source immaculée que le Verbe lui-même est allé le puiser.
Ce n'est pas sans raison que l'Église, attribuant indistinctement les textes des livres sapientiaux au Fils de Dieu et à sa Mère immaculée, met sur les lèvres de celle-ci ces nobles affirmations : Ego mater pulchrae dilectionis, et timoris, et agnitionis, et sanctae spei. In me gratia omnis viae et veritatis : in me omnis spes vitae et virtutis. Je suis la mère du bel amour, de la crainte, de la science et de la sainte espérance. En moi est toute la grâce de la voie et de la vérité; en moi est toute l'espérance de la vie et de la vertu.
(Eccli 24, 24-25) Elle est la Mère de ces biens ; donc elle peut les communiquer à ses enfants, auxquels elle dit encore : Qui me invenerit, inveniet vitam, et hauriet salutem a Domino. - Celui qui me trouvera, trouvera la vie, et puisera le salut dans le Seigneur. (Prov 8,35) Elle est elle-même comme une sorte de sacrement qui nous communique la vie et les biens surnaturels.
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