Feria V 9 Iulii 2026, Hebdomada XIV per annum,
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Livre : Madame Cécile Bruyère, la vie spirituelle et l'oraison

CHAPITRE XII

CHAPTER XII
Mental prayer is particularly indispensable for the spouses of Our Lord.
Les âmes qui ont entendu la voix de l'Esprit-Saint les conviant à une alliance étroite avec le Fils de Dieu, ont certainement plus besoin que toutes les autres de l'oraison mentale; car l'invitation qu'elles ont reçue, la vocation à laquelle elles appartiennent, la vie qu'elles ont vouée, l'impliquent nécessairement :
Audi, fília, et vide, et inclína aurem tuam ; et oblivíscere pópulum tuum, et domum patris tui.
Hearken, my daughter, and behold, and give ear, and forget thy people and thy father's house (Ps 44:11).
Écouter avec attention, ouvrir les yeux de l'âme à la beauté souveraine, incliner son cœur à une fidélité exacte et courageuse dans le détail de la vie et des œuvres, voilà un résumé de ce que doit opérer dans l'âme humaine le contact divin que nous ne trouvons que dans l'oraison.
Et concupíscet rex decórem tuum,
And the king will be smitten with thy beauty (Ibid. 12)
Then the King will bow in his turn; he shall take full possession of this daughter of men to make her his forevermore, by making her share the throne of his glory.
L'âme consacrée à Dieu est vraiment semblable à ces filles issues de sang royal, qui autrefois étaient transportées par avance dans le pays et la famille de leur futur époux. Ce qui se passait alors, nous le savons par le livre d'Esther. Quelles attentions, quelles recherches, que de soins s'emploient à disposer l'épouse à l'union prédestinée ! Quelle sollicitude de sa part pour deviner les goûts du roi ! Et lorsque l'union est accomplie, avec quelle exactitude la reine ne se soumet-elle pas aux moindres usages de cette cour, se conformant au cérémonial consacré, et attendant humblement que le roi daigne la faire mander. Durant cette attente, quelle constante préoccupation de ne pas déplaire, quelle sollicitude de tous les instants, quelle attention à se rendre le roi favorable !
N'est-ce pas là vraiment l'image de la vie dans un monastère de vierges ? Toutes sont épouses du Roi des rois, mais toutes n'ont pas encore un libre accès auprès de lui. Aussi leur est-il imposé de s'initier d'abord aux mœurs de la cour royale, d'étudier le caractère et les goûts de leur Époux, de s'y conformer pleinement, d'arriver par là à lui plaire et à être admises enfin dans son intimité.
La dignité des souverains semble réclamer que leurs noces ne se célèbrent d'ordinaire que par procuration. Songez dès lors quelles sont et doivent être les curiosités très légitimes d'une princesse irrévocablement unie à un prince puissant qu'elle n'a jamais vu ; que de questions, que de recherches pour connaître ce qu'il est, ce qu'il aime et ce qu'il veut !
Ne voit-on pas se dessiner ici le rôle de l'oraison dans la vie contemplative ? Car si, en vertu même de la consécration, l'âme religieuse est irrévocablement unie, bien que par procuration, au <em>Rex regum et Dominus dominantium</em>, [Roi des rois et Seigneur des seigneurs] si elle connaît, par les saintes Écritures et par l'enseignement de l'Église, la noblesse et la beauté de son Seigneur, elle ne s'est pourtant jamais trouvée face à face avec lui. Il lui a envoyé de nombreux messages et d'incomparables témoignages de son amour : comme Rébecca, elle a reçu, des mains d'Éliézer, les pendants d'oreilles de la foi, les bracelets de ses divins commandements (Gn 24,47) ; elle est enrichie de sa grâce ; déjà le baptême et la confirmation l'ont parée
quasi sponsam ornatam monilibus suis
like a bride adorned with her jewels (Is 61:10).
The devil views the bride in her glorious finery with jealous and hateful lust:
Induit se vestiméntis jucunditátis suæ, induítque sandália pédibus suis, assumpsítque dextralíola, et lília, et ináures, et ánnulos, et ómnibus ornaméntis suis ornávit se.
clothed herself in the garments of her joy, put sandals on her feet, took bracelets, golden lilies, earrings, rings, and adorned herself with all her ornaments. (Judith 10:3).
Yes, men and the devil himself regard consecrated souls as verily married unto the divine King.
Que pourrait-on dire alors de celles qui, dans une si noble situation, ne songeraient presque jamais ni à leur Époux, ni à son royaume, ni à ses intérêts, ni à la composition de sa cour, et se contenteraient de s'en tenir avec lui à la stricte rigueur de l'étiquette ? Chacun, en les voyant telles, penserait que, si elles aimaient vraiment le Roi, leur cœur les rendrait plus avides de le connaître mieux. C'est pourtant l'image d'une âme consacrée qui n'a nul désir de l'oraison mentale et de la méditation ; elle semble indifférente à son Seigneur, comme si elle devait toujours le connaître assez tôt.
L'Église, la maîtresse de l'amour divin, lui fournit un tout autre modèle dans sa liturgie de l'Avent, qui exprime si bien les sentiments de l'âme à ses débuts dans la vie spirituelle. Là s'accumulent les préparations pleines de sollicitude ; le soin jaloux de bannir tout ce qui pourrait offenser les regards du Seigneur ; la recherche attentive de tout ce qui lui plaît ; les purifications de la pénitence, avec toutes les anxiétés de la crainte pleine d'amour dont l'Esprit-Saint est l'inspirateur ; enfin les désirs ardents, généreux, enflammés qui hâtent l'heure de la venue fortunée du Roi, en aplanissant toutes les voies.
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