Feria V 9 Iulii 2026, Hebdomada XIV per annum,
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Livre : Madame Cécile Bruyère, la vie spirituelle et l'oraison

La vie unitive

Dès l'Ancien Testament le Saint-Esprit poussait à cette vie illuminative :
Accédite ad eum, et illuminámini ; et fácies vestræ non confundéntur.
Draw near unto him, and thou shalt be enlightened; and thy faces will not be covered with confusion. (Ps 33:6).
The New Testament shows, above all, that Our Lord has come to increase the intensity of the light and to make access to it easier and more universal. The Prince of the Apostles notes this with the enthusiasm of his pastoral heart:
Ut virtútes annuntiétis ejus qui de ténebris vos vocávit in admirábile lumen suum.
Thou shalt declare the greatness of him who called thou out of darkness into his marvelous light (1P 2,9).
Unitive living
Quelque splendide que nous apparaisse la vie spirituelle dans sa partie illuminative, elle n'est pas cependant la dernière étape à laquelle puisse prétendre l'homme intérieur, celui qui a reçu ce germe précieux dont le plein développement doit le conduire à l'âge parfait du Christ. C'est ici que saint Paul se surpasse dans la description qu'il fait de la vie spirituelle aux Éphésiens ; il y donne le secret de sa dernière phase, celle qui comprend même la béatitude céleste. La vie unitive, car c'est de celle-ci que nous parlons maintenant, est décrite ainsi par l'Apôtre :
In caritáte radicáti, et fundáti.
Rooted in charity and supported by it (Eph 3:17)
Tout le reste n'est qu'un développement de cet état admirable où l'homme intérieur vraiment adulte, vraiment uni au Verbe Incarné dont il a atteint l'âge parfait, est conduit, par une merveilleuse adaptation, aux mystères dans lesquels s'est manifestée l'incompréhensible charité du Christ, afin d'être amené en lui et par lui à savourer la plénitude même de Dieu. Nous développerons à loisir les splendeurs de la vie unitive ; il nous suffit maintenant d'avoir indiqué et proposé, à l'exemple de l'Apôtre, ce vrai terme de la vie spirituelle, comme un but très désirable et digne des efforts les plus généreux.
A traditional doctrine
Les trois étapes de la vie spirituelle, que nous signalons ici et que nous avons voulu dégager de la doctrine de l'apôtre saint Paul, ont été reconnues de très bonne heure dans l'Église. Saint Denys, dans ses deux Hiérarchies, appuie tout son enseignement sur cette triple forme de la vie spirituelle : purgative, illuminative et unitive. Il semble en avoir recueilli la tradition sur les lèvres apostoliques elles-mêmes ; mais il n'est pas le seul parmi les Pères à avoir signalé ces trois stades définis.
Saint Grégoire de Nysse, l'un des plus profonds d'entre les Pères sur les voies divines, partage aussi la vie spirituelle en trois parties distinctes qu'il rattache aux livres sapientiaux. Il assigne les Proverbes à la vie purgative, l'Ecclésiaste à la vie illuminative, le Cantique des cantiques à la vie unitive (S. Grégoire de Nysse, <i>Sur le cantique, homélie I</i>). Saint Grégoire tient pour la même division dans ses inépuisables Morales :
Tres sunt modi conversorum : inchatio, medietas, atque perfectio.
There are three states for those who are converted: the beginning, the middle and perfection. (Moral. XXXIV, C. xi).
He also repeats it in one of his homilies on the prophet Ezekiel:
Aliud namque sunt virtutis exordia, aliud porvectus, aliud perfectio. -
For another is the beginning of virtue, another the advancement, another the perfection. (<i>Commentary on Ezekiel</i>, 1, II, homily 3).
Un autre auteur, saint Maxime de Constantinople, abbé et martyr au VIIIème siècle, appelle le premier état, exercice de pratique : c'est lui qui conduit les commençants à la parfaite destruction de leurs vices; le second, théorie, qui nous forme à la connaissance des choses corporelles et spirituelles ; enfin le troisième, théologie, auquel l'âme arrive lorsque, étant unie à Dieu par le secours du Saint-Esprit, elle contemple la vérité éternelle et en jouit.
Avec le temps, la science de la vie spirituelle a suivi le mouvement de la théologie. Quand celle-ci a été classée et organisée par la Scolastique, et que l'enseignement est devenu non pas plus étendu, mais plus serré, plus précis, plus concret, du même coup les notions de la vie spirituelle se sont déterminées, elles aussi. La doctrine de l'angélique saint Thomas d'Aquin a fixé et défini pour jamais les trois voies dont nous avons parlé jusqu'ici. Au reste l'Église y adaptait ses enfants d'une manière pratique, depuis le commencement, par la sacrée liturgie ; et c'est ce que dom Prosper Guéranger a montré dans le langage simple et fort de son Année liturgique.
L'homme, ayant donc reçu dans son baptême les prémices de l'Esprit, doit aspirer sans cesse à une entière croissance, et ne point borner ses désirs dans l'ordre surnaturel, non plus qu'il ne voudrait les limiter dans l'ordre naturel. Nul ne met toute son ambition à atteindre seulement l'âge de l'enfance ou de l'adolescence ; chacun souhaite d'arriver à son entier développement. Ainsi devons-nous souhaiter toujours d'atteindre la plénitude de la vie dont le principe est en nous :
Si Spíritu vívimus, Spíritu et ambulémus.
If we live by the Spirit, let us also walk by the Spirit (Gal 5:25).
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