Feria V 9 Iulii 2026, Hebdomada XIV per annum,
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Livre : Madame Cécile Bruyère, la vie spirituelle et l'oraison

L'union divine offerte à tous

Divine union for all
Qu'on vienne après cela nous dire que l'union avec Dieu sur la terre n'est que le privilège d'un petit nombre, lorsque Notre - Seigneur Jésus-Christ, impatient de nous procurer la pleine possession de Dieu, nous a préparé, dans l'industrie de son amour incomparable, le moyen universel de nous unir à lui :
Desidério desiderávi hoc pascha manducáre vobíscum, ántequam pátiar.
I longed to eat this Passover with thee before I suffered (Lk 22:15).
And lest the Christian soul hesitate before this ineffable mystery, he saith anon:
hoc fácite in meam commemoratiónem
Do this in memory of me (Lk 22:19).
L'état auquel il se réduit dans la sainte Eucharistie, nécessaire à ses besoins de tendresse, l'établit lui-même dans la forme de sainteté que doit revêtir notre vie. En effet l'abnégation, la mortification parfaites sont, comme il l'a enseigné, indispensables à l'homme pour lui apprendre la vie selon l'esprit. La pauvreté, le dépouillement total sont une obligation pour atteindre la perfection et devenir disciples de Jésus-Christ. L'obéissance, la dépendance, le détachement des créatures où nous devons être établis, quelle que soit notre vocation, nous font user du monde comme n'en usant pas, selon la loi chrétienne. Or la vie eucharistique du Seigneur est une vie d'abnégation totale, de silence, de pauvreté, d'obéissance, d'isolement absolu et d'abandon tranquille, qui nous semble l'idéal de ce que sera la vie de l'âme humaine à l'heure de son union complète à Dieu.
Pourvu seulement que nous nous prêtions à lui, il nous donnera les mœurs qu'il revêt dans son sacrement, et formera en nous la plus haute sainteté que nous puissions atteindre dans le monde de la foi. Et en façonnant nos âmes à la ressemblance de sa vie eucharistique, il les conduit à l'adoration sous sa forme la plus achevée, le propre de l'adoration étant d'anéantir celui qui adore devant celui qui est adoré.
Ce n'est pas tout encore : en raison de la vie supérieure que le Seigneur nous apporte, ce n'est pas lui qui se change en nous, mais nous qu'il change en lui. Sa vie divine s'assimile notre vie et l'élève en se l'assimilant. De même que le Seigneur transforme la substance du pain et du vin dans la consécration, de même il aspire à prendre possession de nous par le sacrement, afin de nous transformer et de nous diviniser.
A la vue de ces merveilles et de ces prodigalités de l'amour divin, on se demande involontairement comment il se fait que la sainteté soit si rare sur la terre. Ne serait-ce pas que nous oublions nos richesses ? Ne serait-ce pas, plus souvent encore, que nous ne savons pas assez nous en servir ? Sans aucun doute, la réception fructueuse des sacrements réclame de nous une préparation. Mais cette préparation même, qu'est-elle donc précisément ? Le baptisé, pour recevoir dignement et fructueusement la nourriture divine qui lui est préparée, n'a besoin que de s'abstenir des choses auxquelles il a déjà renoncé par son baptême, et de se conduire loyalement en enfant de Dieu, plein de vigueur et de santé.
Prerequisites: I. The state of grace
Il n'est besoin pour nous assimiler les aliments que d'être en bonne santé et d'avoir faim. La nourriture alors nous entretient, nous fortifie, nous réjouit, nous renouvelle. Ainsi le pain vivant, dès qu'il trouve notre âme saine et vigoureuse, la fait croître encore dans la force et la vie. Ce n'est pas la sainteté qui est nécessaire pour recevoir fructueusement cette nourriture divine, mais bien la santé de l'âme. Quelque succulent que soit un repas, il ne saurait être destiné à un mort ; il peut même aggraver la situation d'un malade jusqu'à lui ôter la vie ; mais il est telles infirmités aussi, celles en particulier qui proviennent de la faiblesse, qui peuvent être guéries par une nourriture saine. C'est ainsi que la sainte Eucharistie n'est point faite pour le chrétien privé de la grâce ; c'est ainsi que les âmes infirmes encore ne doivent en user que selon les règles discrètes de l'Eglise, Mais pourtant cet aliment divin guérit certaines infirmités accidentelles, faiblesses de l'âme auxquelles nous n'avons aucune attache ; il rend et conserve la santé, l'accroît même jusqu'à la perfection de la sainteté par sa vigueur divine.
Ces remarques ont été faites depuis longtemps par saint Paul, au sein même de cette église de Corinthe où les dons spirituels apparaissaient avec une merveilleuse profusion ; et, toutefois, parce que plusieurs n'avaient pas fait le discernement convenable du corps du Seigneur, le sacrement se voyait privé de son efficacité surnaturelle et produisait même des effets de mort.
Ídeo inter vos multi infírmi et imbecílles, et dórmiunt multi. Quod si nosmetípsos dijudicarémus, non útique judicarémur.
For this reason there are many amongst thou who are sick (infirm) and languishing, and many have died. If we judged ourselves, we would (certainly) not be judged (1 Cor 11:30-31).
But at the same time, the Apostle gives us the means by which the sacrament assures its life-giving effect:
Probet autem seípsum homo : et sic de pane illo edat, et de cálice bibat.
Que l'homme s'éprouve donc lui-même, et qu'ainsi il mange de ce pain et boive de ce calice. (1 Cor 11, 28).
We will not concern ourselves with those who have no life in them, and who, receiving the sacrament of the Eucharist, cannot draw from it an increase of supernatural life, since they bring a fundamental obstacle unto the grace proper to this sacrament. The words of the Apostle,
non dijúdicans corpus Dómini
not discerning the body of the Lord. (1 Cor 11:28)
all too clearly imply the need for discernment, for an appreciation such that the soul does not equate the Lord's body with vulgar food, and does not advance, like a walking corpse loving its death and remaining there voluntarily, towards a sacrament which was not instituted to give supernatural being, but to unite living beings to God.
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