Feria V 9 Iulii 2026, Hebdomada XIV per annum,
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Livre : Madame Cécile Bruyère, la vie spirituelle et l'oraison

Et comme l'Agneau n'est pas seulement le complément de notre...

Et comme l'Agneau n'est pas seulement le complément de notre hiérarchie humaine, mais le pontife de la hiérarchie universelle, les Anges l'acclament à leur tour : car dès que le Père l'a introduit dans le monde, il leur a commandé de l'adorer ; et ils accomplissent cet ordre avec enthousiasme, chantant l'hymne qui leur est propre : Dignus est Agnus, qui occisus est, accipere virtutem, et divinitatem, et sapientiam, et fortitudinem, et honorem, et gloriam, et benedictionem. - L'Agneau qui a été égorgé est digne de recevoir la puissance, la divinité, la sagesse, la force, l'honneur, la gloire et la bénédiction. (Apc 5,12)
A ces accords puissants qui célèbrent la victoire de l'Agneau, se joint la louange de celui à qui est offert le sacrifice de l'Agneau, et l'hymne incomparable que chantent les habitants du ciel, sans qu'il cesse ni le jour ni la nuit : Sanctus, Sanctus, Sanctus Dominus Deus omnipotentis, qui erat, et qui est, et qui ventutrus est.  Saint, saint, saint est le Seigneur Dieu, le Tout-puissant, qui était, qui est et qui vient.  (Apc 4,8) Et afin de mieux confesser que celui qu'ils adorent est l'être par soi et l'auteur de tous les dons, ils jettent leurs couronnes devant le trône, témoignant ainsi que leur victoire vient de lui et qu'il ne couronne que ses dons en couronnant leurs mérites. C'est alors que l'on entend ce cantique : Dignus es Domine Deus noster accipere gloriam, et honorem, et virtutem : quia tu creasti omnia, et propter voluntatem tuam erant, et creata sunt. - Vous êtes digne, Seigneur notre Dieu, de recevoir la gloire, et l'honneur et la puissance, car c'est Vous qui avez créé toutes choses, et c'est par Votre volonté qu'elles existent et qu'elles ont été créées. (Apc 4,11) Or la lumière qui rayonne sur cette fonction liturgique éternelle, n'est pas une lumière d'emprunt, un soleil créé, ou un astre quelconque, nam claritas Dei illuminavit eam, et lucerna ejus est Agnus. - c'est la gloire de Dieu qui l'illumine et l'Agneau en est le flambeau. (Apc 21,23)
Telle est la liturgie de l'Église triomphante dont le développement s'accomplit sous le souffle de l'Esprit-Saint ; car c'est par lui que notre Agneau s'est offert, per Spiritum Sanctum semetipsum obtulit immaculatum Deo, emundabit conscientiam nostram ab operibus mortuis, ad serviendum Deo. – qui par l'Esprit-Saint S'est offert Lui-même sans tache à Dieu. (Hebr 9,14)
Mais notre Pontife n'a pas voulu abandonner son Épouse durant les jours de son pèlerinage ; et par un mode merveilleux et une industrie divine, il a trouvé moyen d'identifier le sacrifice terrestre avec le céleste, puisqu'il n'y a qu'un sacerdoce, celui de Jésus-Christ ; qu'un sacrifice de la terre et du ciel ; qu'une victime, qui est l'Agneau vainqueur et immolé. Déjà les ombres et les figures de l'ancienne loi puisaient leur vertu dans l'unique oblation future du Verbe Incarné, si bien que ces rites institués par Dieu offraient dès lors quelque vestige du vrai et perpétuel sacrifice qui se célèbre au ciel, comme il est célébré sur la terre en vertu de ce commandement divin : Hoc facite in meam commemorationem - faites ceci en mémoire de moi. (1Cor 11,24). Ainsi la hiérarchie de la terre montre aux regards ravis des habitants du ciel, par toutes les merveilles que produisent en elle les sacrements, une reproduction fidèle de ce qui se passe ad interiora velaminis (derrière les voiles). Le Seigneur Jésus a donc réalisé cette admirable union de l'Église triomphante et de l'Église militante : l'une est dans la vision, l'autre est dans la foi, sans que la diversité de ces deux modes altère en rien l'unité de l'œuvre liturgique qui s'accomplit dans ces deux portions de l'héritage de l'Agneau. C'est la même oblation qui s'offre sur l'autel du ciel et sur l'autel de la terre, avec cette gloire spéciale pour la terre que le ciel même est son débiteur ; car l'éternel sacrifice s'est accompli d'abord parmi nous : c'est nous qui l'avons ensuite prêté aux Anges.
L'Esprit-Saint, principe d'unité et lien des membres avec leur chef, opère cette merveilleuse association qui est la communion des saints. C'est lui qui fait l'unité du sacerdoce, l'unité de l'autel, l'unité de l'hostie, l'unité du sacrifice qu'il consomme au ciel et sur la terre par son feu dévorant. Il est le feu que le Sauveur est venu apporter ici-bas et dont l'embrasement était son désir. Le Seigneur dit encore : ego rogabo Patrem, et alium Paraclitum dabit vobis, ut maneat vobiscum in aeternum Spiritum veritatis ;- Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Paraclet, afin qu'il demeure éternellement avec vous. (Jn 14,16) et comme sa prière est toujours entendue par le Père et toujours exaucée, l'Esprit demeure avec nous jusqu'au second avènement, qui ne sera lui-même que le fruit du cri sans cesse poussé par l'Esprit et par l'Epouse : Veni - ! (Apc 22,17)) Il est l'Esprit qui embrasse toutes choses : Quoniam spiritus Domini replevit orbem terrarum; et hoc quod continet omnia, scientiam habet vocis. – Car l'Esprit du Seigneur remplit l'univers; et comme Il contient tout, Il connaît tout ce qui se dit. (Sg 1,7)
Oui, son opération continue provoque sans cesse un admirable concert, et son industrie cherche à faire abonder le Verbum Christi dans les âmes (Col 3,16), afin qu'elles accompagnent l'unique sacrifice de cantiques spirituels semblables à ceux du ciel, puisqu'ils ne peuvent redire que la louange du Dieu trois fois saint et de l'Agneau vainqueur et immolé.
L'action de l'Esprit n'a pas seulement une efficacité extérieure ; elle s'insinue dans les âmes, elle cherche à promouvoir la règle et la discipline qui est le Fils ; elle ne désespère pas de l'homme lourd et grossier, et ne le rejette loin du sanctuaire que s'il se refuse à y entrer. Jusque-là l'Esprit s'emploie sous toutes les formes : Sanctus, unicus, multiplex, subtilis, disertus, mobilis, incoinquinatus, certus, suavis, amans bonum, acutus, quem nihil vetat, benefaciens, [23] humanus, benignus, stabilis, certus, securus, omnem habens virtutem, omnia prospiciens, et qui capiat omnes spiritus, intelligibilis, mundus, subtilis. - Saint, unique, multiple, subtil, disert, agile, sans tache, clair, suave, ami du bien, pénétrant, que rien ne peut empêcher d'agir, bienfaisant, humain, plein de bonté, stable, infaillible, sûr, qui peut tout, qui voit tout, qui renferme tous les esprits, intelligent, pur et subtil. (Sg 7,22-23) Ces divines et intimes ressources s'appliquent sans relâche à former, à adapter les hommes au cérémonial sacré de l'unique liturgie, tant que dure pour eux l'état d'épreuve.
Et même, dans son infatigable énergie, non seulement il est le feu de l'autel qui consomme et consume l'holocauste, mais il est encore le charbon ardent qui purifie les lèvres destinées à chanter les divines louanges, charbon dérobé à l'autel du ciel (Is 6,6-7), qui consent même à être déposé dans le cœur humain comme dans un encensoir, afin de porter jusqu'au trône les prières des saints. Ce que l'Esprit accomplit dans une parfaite unité au ciel et sur la terre, il le reproduit pareillement dans chaque âme humaine. En chacun de nous, les travaux de toute la vie spirituelle ne tendent qu'à ce but : Ipse enim Spiritus testimonium reddit spiritui nostro quod sumus filii Dei. « Cet Esprit rend lui-même témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. » (Rm 8,16) L'homme est vraiment le lieu d'une offrande liturgique, qui trouve son exemplaire dans le culte rendu à Dieu par l'Église, grâce à l'Esprit-Saint qui fixe en lui sa demeure : Nescitis quia templum Dei estis, et Spiritus Dei habitat in vobis? … Templum enim Dei sanctum est, quod estis vos ?. « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l'Esprit de Dieu habite en vous ?... Car le temple de Dieu, ce temple que vous êtes, est saint. » (1Cor 3,16-17) dit l'Apôtre dans sa première Epître aux Corinthiens. Il insiste encore une autre fois sur cette vérité : Vos enim estis templum Dei vivi, sicut dicit Deus : Quoniam inhabitabo in illis, et inambulabo inter eos. « Car vous êtes le temple du Dieu vivant, comme Dieu le dit : J'habiterai en eux, et je marcherai parmi eux. » (2Cor 6,16)
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