Feria V 9 Iulii 2026, Hebdomada XIV per annum,
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Livre : Madame Cécile Bruyère, la vie spirituelle et l'oraison

La confirmation

Confirmation
Tout ce que nous disons du sacrement de la régénération, s'accuse et se fortifie encore dans le sacrement de confirmation qui, bien que distinct du premier en est comme le complément.
D'après le principe posé par notre Maître divin :
Sine me nihil potéstis fácere.
Without me, thou canst do naught (Jn 15:5),
our growth, like our birth, is the work of God. But this growth must be sheltered by our care; what is given unto the soul in potential must come to act. Just as our physical organs atrophy from lack of exercise, and our muscles relax and refuse all service if we don't get them moving, so it is with the supernatural habits that remain lazy within us. Yet the sacrament of Confirmation gives us the means to act virilely in the supernatural order, and provides us with the possibility of manifesting, in the pursuit of good, in the confession and affirmation of the faith received at Baptism, the vigor, energy and quiet assurance that is the sign of true strength. This supernatural vigor is also the hallmark of the perfect Christian, who moves with ease in strong works, without being distracted from contemplation by the toils and pains that accompany the acquisition of the virtues.
The Eucharist
Mais Dieu a-t-il pensé que l'homme placé à ces hauteurs saurait toujours s'y maintenir et marcher sans défaillance, si nul aliment ne venait restaurer ses forces ? Sur la terre le Seigneur prenait un soin délicat de ceux qui le suivaient :
Miséreor super turbam: quia ecce jam tríduo sústinent me, nec habent quod mandúcent: et si dimísero eos jejúnos in domum suam, defícient in via: quidam enim ex eis de longe venérunt.
J’ai compassion de cette foule, car voilà déjà trois jours qu’ils sont avec moi, et ils n’ont pas de quoi manger ; et si je les renvoie à jeun dans leurs maisons, les forces leur manqueront en chemin, car quelques-uns d’entre eux sont venus de loin. (Mc 8, 2-3)
Il préludait ainsi à la réalisation de ce pressant appel que la Sagesse éternelle faisait entendre dès l'Ancien Testament :
Si quis est párvulus, véniat ad me Et insipiéntibus locúta est : Veníte, comédite panem meum, et bíbite vinum quod míscui vobis.
Let anyone who is small come unto me. And she said unto the foolish: Come, eat my bread and drink the wine I have prepared for thee. (Prov 9, 4-5)
Tel était le cœur de notre Dieu ; tel il est demeuré après l'accomplissement des mystères. Ainsi a-t-il pourvu, avec une largesse divine, aux besoins surnaturels de nos âmes ; et, comme la fin qu'il s'est proposée est de nous unir à lui, il n'a pas voulu nous donner, pour renouveler nos forces, d'autre nourriture que lui-même. Car, si dans l’ordre naturel le renouvellement s'opère par la nourriture dont les éléments assimilés se retrouvent ensuite dans l'organisme humain, la nourriture surnaturelle, ayant une énergie supérieure encore à cause de sa dignité, nous communique une vie toute divine.
Ego sum panis vivus, qui de cælo descéndi. Si quis manducáverit ex hoc pane, vivet in ætérnum.
I am the living bread which came down from heaven. If anyone eats of this bread, he shall live forevermore. (Jn 6:51-52)
Et non seulement nous vivrons par la vigueur de ce pain,
in fortitúdine cibi illíus
strengthened by this food (3Reg 19,8)
but we will have the same life as this bread:
Sicut misit me vivens Pater, et ego vivo propter Patrem : et qui mandúcat me, et ipse vivet propter me.
As the Father who sent me lives, and I live forasmuch as of the Father, so he who eats me will also live forasmuch as of me (Jn 6:58).
And lest anyone misunderstand the nature of this divine food, the Lord had just shown its effects by saying:
Qui mandúcat meam carnem et bibit meum sánguinem, in me manet, et ego in illo.
He who eats my flesh and drinks my blood abides in me, and I in him (Jn 6:57).
What union was ever closer than this?
Mais, comme les répugnances des Juifs s'étaient hautement manifestées, Notre-Seigneur leur avait répondu avec force :
Amen, amen dico vobis : nisi manducavéritis carnem Fílii hóminis, et bibéritis ejus sánguinem, non habébitis vitam in vobis.
Verily, verily, I say unto thee, unless thou eatest the flesh of the Son of Man and drink his blood, thou shalt not have life in thee. (Jn 6:54).
Certainly, our admirable Master is not speaking here of a necessity of means for salvation; there are indeed certain legitimate circumstances that can prevent Christians from receiving the Lord's body; Catholic theologians are well aware of this.
Nous voudrions seulement, au sujet de ces paroles, demander si cette vie éternelle, dont elles nous signalent le gage divin, n'est pas, en même temps que la vie bienheureuse de l'éternité, cette vie d'union avec Dieu, qui est une anticipation de la première, et dont le principe est déposé pour nous dans la divine Eucharistie ?
Divine union brought to perfection
Le principe, disons-nous ; mais est-ce bien le principe seulement de la vie du ciel qui est déposé en nous par la sainte communion ? Dieu ne nous initie-t-il pas pleinement à cette vie ? Dans une ineffable et divine impatience, n'anticipe-t-il pas sur les conditions de l'éternité ? Oui, l'union est complète dans ce mystère ; le contact avec Dieu est immédiat et substantiel par le corps sacré du Verbe Incarné ; aucune opération divine dans l'âme humaine ne peut nous donner plus que nous ne recevons par lui. L'union est complète, si celui qui reçoit le sacrement de l'Eucharistie porte en lui la vie de la grâce. C'est l'enfant de Dieu qui s'avance, devenu chrétien parfait par la confirmation ; en lui se justifie la parole de saint Paul :
Cáritas Dei diffúsa est in córdibus nostris per Spíritum Sanctum, qui datus est nobis.
God's love has been poured into our hearts through the Holy Spirit, who has been given unto us (Rom 5:5).
Au ciel, les bienheureux sont maintenus dans la pleine possession de Dieu par la vision intuitive, qui les établit pour jamais dans la bonté, la vérité, la beauté essentielle. Ils y sont irrévocablement fixés, et, sans changer de nature, acquièrent une constance, une force, une noblesse qui leur viennent du divin objet qu'ils contemplent. Nourris, saturés de Dieu par la vision, ils se transforment en lui.
Sur la terre, le chrétien est nourri de Dieu sous les voiles du mysterium fidei [mystère de Foi] : Dieu se donne le même qu'au ciel, non par la vision, mais par le sacrement, afin que, tout en nous maintenant dans les conditions de l'état de voie, il ne nous frustre en rien de l'union avec lui. Les bienheureux aiment Dieu et le possèdent dans la vision ; les chrétiens aiment Dieu et le possèdent dans la foi, sans intermédiaire ni obstacle. Si notre foi était assez vivante, assez profonde pour donner volontairement à Dieu en nous par la foi et l'Eucharistie la place que lui donne la vision dans l'éternité, notre âme en recueillerait presque les mêmes effets. Comment une telle nourriture n'aurait-elle pas la puissance de nous transformer véritablement et de nous unir à Dieu ?
Nos Pères traduisaient admirablement cette doctrine à l'époque de la discipline du secret, lorsque, dans leurs peintures et dans leurs écrits, ils représentaient la divine Eucharistie sous le symbole du lait. Le lait est la nourriture de l'enfant, donné mystérieusement à sa mère par Dieu ; c'est l'aliment maternel s'adaptant à l'âge de l'enfant, pour entretenir en lui la vie et le faire parvenir à l'âge de l'homme fait. Ainsi dans la vie présente nous sommes tous des enfants ; et c'est pour nous que l'Église a reçu le lait eucharistique, c'est-à-dire l'aliment divin sous une forme appropriée à notre faiblesse, la nourriture divine des anges et des élus eux-mêmes, jusqu'au jour où nous aurons atteint l'état d'homme parfait,
in mensúram ætátis plenitúdinis Christi
unto the measure of the age of the fullness of Christ (Eph 4:14).
It is in this sense that all the texts of the Sacred Canticle, such as this one, can be interpreted as applied unto the Church:
Exsultábimus et lætábimur in te, mémores úberum tuórum super vinum.
We will be glad and rejoice in thee, remembering that thy breasts are better than wine (Cant 1:3).
It's a more generous milk than wine, but it's still milk and the food of our childhood here on earth.
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