Feria V 9 Iulii 2026, Hebdomada XIV per annum,
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Livre : Madame Cécile Bruyère, la vie spirituelle et l'oraison

Le baptême

Baptism
C'est au baptême que nous est donnée la vie surnaturelle. Aussi ce sacrement ne saurait être réitéré ; car, de même que nous ne naissons pas deux fois à la vie naturelle, de même, nous ne naissons qu'une fois à la grâce. Le caractère d'enfant de Dieu, une fois gravé en nous, est ineffaçable, même lorsque nous perdons la grâce, tant il entre dans la substance de notre être. Avec ce caractère, Dieu nous donne toutes les vertus, toutes les énergies qui sont nécessaires à notre pleine vie surnaturelle. Comme un fils de famille, nous recevons le patrimoine qui nous permettra de tenir notre rang sans déroger.
Se renouveler dans le souvenir de son baptême, de la noblesse qu'il nous a conférée, des forces dont il nous a dotés et enfin des obligations qu'il nous a fait contracter afin de les remplir plus exactement, est déjà un programme de perfection très étendu et très nécessaire. L'Apôtre saint Paul, qui a tout dit en ces matières, ne manquait pas d'exhorter les chrétiens à cette pratique : <i>Rememorámini</i>, leur disait-il, <i>prístinos dies, in quibus illumináti.</i> Rappelez en votre mémoire ces premiers jours où, vous avez été été illuminés (Hebr 10,31). Conseil qu'il donnait du reste pour tous les sacrements portant un caractère, parce que leur énergie se renouvelle en quelque sorte et revit par cette réminiscence, accomplie dans les dispositions que nous aurions voulu avoir lors de leur réception : <i>Noli neglígere grátiam, quæ in te est,</i> écrivait-il à son cher Timothée, en lui rappelant son ordination <i>quæ data est tibi per prophetíam, cum impositióne mánuum presbytérii</i>. Ne néglige pas la grâce qui est en toi, qui t’a été donnée, suivant une révélation prophétique, lorsque les prêtres t’imposèrent les mains. (1Tim 4, 14). De même que nos dispositions préparent la réception de la grâce sacramentelle et lui fournissent le lieu de son opération, de même, en écartant les obstacles, elles favorisent l'activité et l'expansion de cette grâce qui doit s'emparer de tout notre être et le transformer en Dieu. On peut avancer que l'âme dont le soin principal serait, en s'appuyant sur la grâce de son baptême, de s'écarter sans cesse et dans une fidèle progression des choses auxquelles elle a renoncé en le recevant, et d'identifier sa vie chaque jour davantage, et à travers toutes choses, à la noblesse de son titre d'enfant de Dieu, de cohéritière de Notre-Seigneur Jésus-Christ, de temple du Saint-Esprit, on peut assurer que cette âme arriverait promptement à une haute sainteté.
L'arbre, alors même qu'il croît à des hauteurs extraordinaires, ne provient pas d'un accroissement d'énergies extérieures à lui ; le premier germe contenait toute la vigueur nécessaire pour le faire arriver au développement qui émerveille ceux qui viennent se reposer à son ombre. La graine a trouvé une terre convenable, des soins intelligents ont favorisé sa croissance ; et, si la terre était insuffisante, ces soins eux-mêmes ont pu y suppléer. A côté, il est vrai était tombée une graine aussi puissante ; mais la terre était pierreuse : on y a laissé croître les ronces et les épines ; et l'arbre chétif et mal venu donne l'idée de la stérilité. Ainsi la grâce baptismale a toujours la même vigueur ; mais, si aucun effort généreux ne vient favoriser son activité, la croissance du chrétien est retardée, ralentie, les forces surnaturelles s'épuisent ; et alors même que l'âme ne mourrait pas, l'heure de la mort naturelle viendra, et le feu du purgatoire fera, sans mérite pour l'âme, la besogne qu'une courageuse énergie n'a pas su accomplir, ou que la légèreté, l'indifférence, une paresseuse ignorance ont laissée inachevée. Pour arriver à cette plénitude de vie qui consomme le chrétien parfait, il faut cultiver soigneusement son baptême, sans se lasser ni se reposer, jusqu'à ce que toute la vie naturelle obéisse avec docilité aux directions de la grâce et à toutes les conduites de Dieu.
The witness of the Spirit
Cette foncière transformation, cette plénitude de la vie du Christ en nous, ce plein épanouissement du baptême a un signe presque certain dans l'âme humaine : c'est lorsque se justifient en elle ces paroles de l'Apôtre saint Paul :
Ipse enim Spíritus testimónium reddit spirítui nostro quod sumus fílii Dei.
The Spirit himself bears witness to our spirit that we are children of God (Rom 8:16).
When the Holy Spirit gives this clearly perceptible testimony to our soul, order is more or less restored within us, and naught stands in the way of the child of God.
Mais quelle est la forme de ce précieux témoignage, indice à peu près certain de la plénitude de la vie surnaturelle ? Nous en empruntons la définition au P. Surin, de la Compagnie de Jésus, qui semble l'avoir parfaitement reconnu :
« Il se forme dans l'âme et se déclare en elle un effet de grâce, par lequel cette personne sent en soi une élévation de confiance et de paix propre aux bons et fidèles amis de Dieu ; et l'Esprit-Saint qui, selon que la foi nous l'apprend, réside en nous, fait une opération de sa grâce, qui est comme une manifestation de sa présence,
propter inhabitántem Spíritum ejus in vobis.
By his Spirit who dwells in thee (Rom 8:11).
Cela se fait d'une manière si libre et si haute que le cœur fidèle demeure persuadé, non seulement par l'idée générale que donne la foi, mais par un sentiment si filial et si doux que, sans appréhension d'illusion, l'âme par une grande probabilité sait et connaît qu'elle est à Dieu. Je ne dis pas que cela puisse être une expresse révélation, comme Dieu l'a faite à plusieurs saints, mais une probabilité qui fait naître une excellente paix et confiance, laquelle laisse l'homme dans un parfait repos » (Surin, Traité de l'amour de Dieu, l. 1, ch. II)
C'est aussi ce que dit saint Jean dans son Épître :
Qui credit in Fílium Dei, habet testimónium Dei in se.
Whoever believes in the Son of God has the testimony of God in himself (1Jn 5:10).
For this, it's not enough just to have habitual grace in oneself; it's also necessary to make no reservations about God, to verily seek Him, and also to have resolutely entered the path of perfection. The soul then learns from the Spirit of adoption to say: <i>Abba, Pater</i> - Abba, Father (Rom 8:15). This is the continual cry of intimate being, the persevering, filial abandonment of those who have become brethren and co-heirs of Our Lord Jesus Christ.
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