Feria V 9 Iulii 2026, Hebdomada XIV per annum,
Retour aux livres
Livre : Madame Cécile Bruyère, la vie spirituelle et l'oraison

Ce passage est commenté par saint Thomas en cette forme : « ...

Ce passage est commenté par saint Thomas en cette forme : « Pour nous approcher de Dieu, trois choses sont nécessaires : la première, que le cœur ait été dépouillé de toutes les affections charnelles et mondaines qui nous captivent et nous enchaînent ici-bas : c'est la prière chaste. En second lieu, il faut que l'esprit se dépouille des idées basses et ténébreuses qui empêchent d'apprécier les choses spirituelles et de s'élever jusqu'à Dieu : c'est l'esprit simple et dégagé d'illusions. Enfin il est nécessaire que notre volonté soit toujours dirigée vers Dieu par les ardeurs de la charité et de la dévotion : c'est le cœur préparé à l'union divine. » (S. Thom. d’Aq., Comm. sur le livre des Noms divins, l. 1, c. III)
De toute cette doctrine il résulte avec évidence que la contemplation, surtout celle qui est au-dessus de nos efforts, est une grâce très désirable, et qu'il faut demander persévéramment à Dieu en toute humilité et révérence. Ce qui ne peut contrevenir en rien à tout ce qui a été dit ailleurs sur les aspirations aux voies extraordinaires. Car il importe toujours, et nous aimons à le répéter, d'établir une distinction dans les désirs divers qu'on peut nourrir de la contemplation infuse.
Celle-ci renferme deux ordres de grâces : les grâces gratuitement données, les dons extraordinaires et accompagnés de manifestations extérieures ; les grâces sanctifiantes qui sont les vertus infuses et les dons du Saint-Esprit, mis en acte par une faveur spéciale. Les premières ne sont pas enviables ; les secondes, au contraire, sont l'objet d'un désir légitime : Æmulámini autem charísmata melióra. - Aspirez aux dons les meilleurs. (1 Cor 12,31); pourvu que ce désir soit humble, modéré, accompagné de la pratique des vertus solides et même des vertus héroïques. Chaque chose doit être recherchée en raison de sa perfection ; or, la contemplation est l'acte qui convient le mieux à notre nature intelligente et à notre caractère d'enfants de Dieu. Exercer nos facultés à la connaissance et à l'amour de la Vérité éternelle, recevoir une communication particulière et exceptionnelle des dons du Saint-Esprit, enfin être unis à Dieu par l'âme tout entière, n'est-ce pas la joie la plus désirable de cette vie ? Non enim habet amaritúdinem conversátio illíus, nec tǽdium convíctus illíus. - Il n’y a pas d’amertume à converser avec elle, ni d’ennui à vivre auprès d’elle, mais seulement de la satisfaction. (Sap. 8,16)
La très prudente sainte Thérèse encourageait cette ambition dans ses filles ; et, conformément à toute la tradition, à la pratique de tous les saints personnages, elle les exhortait à persévérer dans les exercices et les prières qui pouvaient attirer sur elles les complaisances, divines. C'est du reste suivre le conseil du Saint-Esprit lui-même, qui a dicté ces paroles : Non impediáris oráre semper, et ne vereáris usque ad mortem justificári, quóniam merces Dei manet in ætérnum.- Que rien ne t’empêche de prier toujours, et ne cesse pas de devenir de plus en plus juste jusqu’à la mort, car la récompense de Dieu demeure éternellement. (Eccli 18,22) Enfin Notre-Seigneur Jésus-Christ, en nommant la vie contemplative la meilleure part, et en déclarant qu'elle ne serait pas ôtée à ceux qui la choisissent, a sanctionné le désir d'arriver à la contemplation habituelle et parfaite, terme glorieux des exercices de la vie contemplative.
Retour en haut