Feria V 9 Iulii 2026, Hebdomada XIV per annum,
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Livre : Madame Cécile Bruyère, la vie spirituelle et l'oraison

Ici le démon cite hypocritement les Écritures, mais à la man...

Ici le démon cite hypocritement les Écritures, mais à la manière des hérétiques, en viciant le sens véritable. Jamais les démons ne sont plus dangereux et plus tenaces que lorsqu'ils s'érigent ainsi en docteurs. L'Homme-Dieu ne répond pas à cette science fausse et mensongère ; mais sans discuter, et sans même satisfaire la curiosité secrète de son adversaire, il dit :
Plus Jésus de Nazareth se trouvait souverainement sage et souverainement saint, plus aussi le tentateur était dévoré du désir de l'assujettir à son empire. Mais dans sa miséricordieuse bonté pour nous, Notre-Seigneur laissait agir le monstre aveuglé par un inextinguible orgueil. Celui-ci montrant donc tous les royaumes du monde et leur gloire, comme s'ils eussent été sa propriété légitime et non le fruit de ses rapines, eut l'audace de dire au Seigneur :
Là encore Satan se trahit par ses propres paroles. Tout est à examiner dans cette page immortelle. Premièrement, c'est toujours Dieu qui permet la tentation et en désigne le lieu, l'étendue et la durée :
Celui qui est le Créateur des anges et des hommes est le suprême régulateur de la lutte, et selon la promesse de son Apôtre :
Un autre enseignement est aussi à retirer de la tentation de Notre-Seigneur : c'est que le démon choisit le moment où son expérience et sa haute intelligence nous supposent plus vulnérables. C'est une des ruses de sa lâcheté, que Notre-Seigneur a voulu nous découvrir. Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, le Seigneur eut faim, nous apprend saint Luc (Lc 4,2). Le tentateur connut ce détail, ainsi qu'il peut connaître par son observation mille traits de notre vie ; et il voulut, pour éprouver s'il s'adressait à un homme ordinaire, provoquer sa sensibilité :
Mais au lieu de trouver un homme fragile, il se heurte aux abîmes de l'éternelle Sagesse, qui, sans révéler le mystère dont elle s'enveloppe, emprunte aux Écritures la réponse qu'il faut faire à la tentation :
Le tentateur, repoussé si rudement, ne perdit pas tout espoir, et transportant le Seigneur sur le pinacle du temple, essaya une nouvelle expérience :
C'était, en effet, le résultat final vers lequel il avait toujours tendu, soit en s'adressant aux individus, soit en s'adressant aux nations, et sa réus site le fit même appeler par des lèvres divines : princeps hujus mundi – prince de ce monde (Jn 12,31). Le Messie devait être adoré comme Fils de Dieu, et lui, Satan, prétendait confisquer cet honneur pour lui-même. Cette sommation fut toujours le dernier mot de ses entreprises. Mais le Seigneur sans divulguer les mystères, car son heure n'était pas encore venue, lui dit avec une autorité toute-puissante :
Le Seigneur avait frappé pour jamais la puissance infernale, dévoilé ses intrigues, obtenu pour les siens une grâce spéciale de force qui pouvait leur permettre de chanter avec le psalmiste :
Leur sécurité devait venir aussi de l'assurance donnée formellement par leur Maître :
Dans la conduite du Seigneur envers l'ennemi, nous devons encore recueillir un autre enseignement utile pour nous diriger dans la lutte : l'homme ne doit pas longuement parlementer avec le démon dans la tentation ; quelques paroles brèves de la sainte Écriture, quelques actes intérieurs énergiques suffisent. Si l'on engage une longue conversation, Satan, plus fort que nous, trouvera cent raisons pour nous entraîner à son parti.
Ce procédé vigoureux nous est enseigné par une circonstance que rapporte l'Évangile. L'apôtre saint Pierre qui venait de confesser si magnifiquement la divinité de son Maître et avait reçu en récompense de sa foi le pouvoir des clefs, entendant le Sauveur parler de sa passion future, céda à un mouvement de suggestion diabolique et dit :
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