Feria V 9 Iulii 2026, Hebdomada XIV per annum,
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Livre : Madame Cécile Bruyère, la vie spirituelle et l'oraison

La tentation n'est pas une suite de la première faute, car l...

La tentation n'est pas une suite de la première faute, car l'état de justice parfaite n'en a pas préservé le premier Adam. Il est même dans les mœurs du démon de s'acharner principalement à la perte de tout ce qui est beau et pur ; aussi, pénétrant dans le jardin de délices et considérant nos premiers parents dans l'éclat de leur fraîche beauté, il n'eut plus de repos qu'après leur perte consommée.
Surprenant donc la femme, il lui dit :
Comment s'étonner ensuite que l'Église proscrive sous les peines les plus sévères toutes les relations volontaires avec Satan ? Mais par contre, comment expliquer que des chrétiens qui n'ont aucun désir d'apostasie, cèdent cependant à une curiosité malsaine et, sous de futiles prétextes où la légèreté le dispute à l'ingratitude, se lancent avec présomption dans des expériences aussi nuisibles à leur santé corporelle qu'à leur santé spirituelle ? Cette étrange conduite, qui dénote une absence totale du sens chrétien, ne saurait être autorisée par l'amour de la science.
L'Église, qui transmet à tous ses ministres, depuis l'ordre d'exorciste, le pouvoir qu'elle a reçu contre Satan, ne permet pas cependant l'exercice de ce pouvoir sans un mandat précis, tant elle connaît les dangers d'un tel contact.
L'infraction à ces règles, que nous appellerions volontiers hygiéniques, est punie de bien des manières. L'ennemi a soin de payer la curiosité des désobéissants par un déséquilibre inattendu, qui est d'ailleurs tout à la fois la condition préalable et le fruit de ces pratiques ; par des maladies étranges, des troubles intellectuels et des tendances au suicide singulièrement généralisées, ainsi qu'on le constate de nos jours. Tout cela est le fruit d'un contact volontaire et cherché avec le démon, quand même on n'y voit qu'une expérience pour connaître une puissance occulte et mal définie. L'Église au contraire, maternellement soucieuse de nos vrais intérêts, demande à Dieu que nous soyons délivrés de toute promiscuité malsaine, par cette belle collecte du XVIIème dimanche après la Pentecôte :
Mais il est des combats avec le démon que saint Paul nous signale comme inévitables ; ils sont involontaires de notre part et voulus de Dieu dans un but salutaire :
Pour ces sortes de luttes nous avons la grâce, et la tentation est l'un des moyens d'arriver à la gloire : Deus tentávit eos, et invénit illos dignos se. - Dieu les a éprouvés, et les a trouvés dignes de lui. (Sap 3,5) Dieu veut être élu et choisi par l'âme humaine, avant de lui communiquer sa propre béatitude ; il faut qu'elle ait dit à ses dépens :
Être comme des dieux ! tel était le sort enviable réservé à la race humaine par sa fraternité avec le Messie, et ce que le démon voulait empêcher par le mensonge, en décevant notre première mère. Mais ni la défaillance humaine, ni la malice satanique ne pouvaient réussir à renverser le plan divin. Dieu a tout prévu : I
En vain a-t-il surveillé depuis plus de quatre mille ans toutes les avenues par lesquelles le Seigneur pouvait venir, y entassant la pourriture et le poison, afin de rebuter la souveraine sainteté ; voici que Dieu se fait homme :
Il vient si humblement, si discrètement, que le mystère échappe au chérubin tombé :
Cette vie terrestre du Verbe se poursuivit trente années dans le silence et le mystère, ainsi qu'elle avait commencé ; ensuite l'Homme-Dieu débuta dans sa vie publique en consentant, pour notre consolation, à laisser le démon approcher de son adorable personne; et celui-ci usa envers lui des insinuations perfides qui réussissaient auprès de la plupart des hommes pour les entraîner dans l'abîme.
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