Feria V 9 Iulii 2026, Hebdomada XIV per annum,
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Livre : Madame Cécile Bruyère, la vie spirituelle et l'oraison

Si nous sommes exactement fidèles, elle nous obtient bientôt...

Si nous sommes exactement fidèles, elle nous obtient bientôt le pardon plein et entier de nos fautes, à la condition que nous pratiquions le second commandement qui est semblable au premier, puisqu'il est aussi la preuve extérieure et le gage assuré de son accomplissement. Elle nous unit ensuite à Dieu en obtenant pour nous le pain supersubstantiel de la Vérité éternelle, soit sous la forme de la doctrine, soit sous les dehors de ce pain qui est en réalité le corps du Seigneur. La volonté divine s'accomplit alors dans l'âme humaine sur la terre comme au ciel ; le règne du Seigneur Jésus est absolu, et le nom du Père est vraiment glorifié par la créature ainsi restaurée et refaite. Cassien exprime la même pensée lorsqu'il dit : « La fin de tout religieux, sa plus haute perfection consiste à persévérer dans la prière. » (Cassien., Coll. IX, Ch. II.) Et nous ajoutons : jusqu'à ce que cette prière mystérieuse transforme l'âme elle-même et la mette en possession de l'héritage incomparable que suppose cette seule appellation, Pater noster.
Cette oraison sublime contient aussi une très noble mention des trois personnes divines ; car la première demande s'adresse particulièrement au Père éternel, la seconde au Verbe Incarné, et la troisième au divin Paraclet, qui nous a été envoyé pour réunir les membres du corps mystique du Christ dans cette unité merveilleuse que demandait pour nous le Seigneur Jésus :
Ut sint unum, sicut et nos unum sumus.
May they be one, as we are one (Jn 17:22).
Après cette mention des trois divines personnes, selon le rôle qu'elles remplissent envers nous, se trouve la demande de l'union avec Dieu, de la communion à Dieu soit par la divine Eucharistie, soit par la sainte Écriture ; enfin la cinquième, la sixième et la septième demandes paraissent se rapporter pleinement à la vie unitive, à la vie illuminative et à la vie purgative ; le tout conclu par cet <em>Amen</em> qui est aussi bien du temps que de l'éternité.
Entre les prières formulées il n'en est donc pas de plus excellente ; ou plutôt, toutes reviennent à cette prière unique que l'Eglise met sur les lèvres du prêtre au sein même de la nuée, lorsqu'il se tient debout face à face avec Dieu, au milieu des mystères sacrés. On s'explique bien, dès lors, ce passage si profond de Cassien qui se rapporte au sommet de la vie spirituelle :
« La prière que Notre-Seigneur nous a enseignée et recommandée, dit-il, renferme certainement toute la perfection. Elle élève cependant ceux qui lui sont fidèles à un état supérieur dont nous avons déjà parlé, et elle les conduit à cette prière enflammée que bien peu connaissent et qu'on ne saurait expliquer, parce qu'elle dépasse le sens de l'homme. Ce n'est pas le son de la voix, le mouvement de la langue et la réunion des paroles qui la forment : l'âme éclairée par une lumière céleste n'emploie aucun langage humain ; mais elle déborde d'affections, comme une fontaine abondante, et elle s'élève vers Dieu d'une manière ineffable, lui disant tant de choses à la fois qu'elle ne peut les dire et se les rappeler, quand elle revient à elle-même. Notre-Seigneur nous a donné l'exemple de cette prière, lorsqu'il se retirait seul sur la montagne, ou qu'il priait en silence et qu'il arrosait la terre de son sang, dans l'agonie d'une incompréhensible ardeur » (Cassien., Coll. IX, Ch. XXV.)
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